06 avril 2012

Le vendredi c'est culture pourrie, ou quand les vampires boutonneux débarquent

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   Si tu n'habites pas le trou du cul du monde, tu auras certainement remarqué la déferlante de romans pour ados, rempli de jeunes pucelles qui tombent sous le charme d'un beau gosse aussi ténébreux que mystérieux – ou pas – qui s'avère être un vampire... « Comment se débarrasser d'un vampire amoureux » n'échappe pas à la règle. L'idée de départ était originale, mais peut-être avec des personnages plus vieux et moins niais, une ambiance un peu plus sombre, là on aurait pu avoir quelque chose de sympa. Sauf que – ben oui, faut bien que je casse l'ambiance – nos deux protagonistes sont d'une mièvrerie aberrante. Puis ils sont au lycée en Pennsylvanie, aussi. Laisse moi un peu te raconter cette merveilleuse histoire d'amûûûûr.

   Tout commence en septembre, le jour de la rentrée. Jessica attend son bus quand elle aperçoit un « jeune homme de grande taille vêtu d'un long manteau sombre qui ressemblait à une cape. » Bien entendu, elle habite en pleine cambrousse, alors elle flippe devant le croque mitaine. Heureusement son bus arrive à temps, mais avant qu'elle monte, elle a cru entendre son ancien nom : Antanasia – voui, parce que tu vois elle est née en Roumanie et elle a été adoptée par des américains, quel mystère mystérieux ! Comme notre jeune héroïne n'a pas de bol, le mystérieux inconnu – affublé en plus d'un nom tout pourri : Lucius Vladescu – et sa cape se retrouvent dans la même classe qu'elle, et au premier contact – un banal prêt de stylo, ne t'emballe pas – on a droit à une merveilleuse scène sentimentalo-ésotérique :

   « Lorsque nos doigts se touchèrent, je ressentis la sensation la plus étrange de toute ma vie. Un mélange bizarre de déjà-vu et de prémonition. Le passé se mêlant à l'avenir. » Ouh, j'en frissonne...

  Puis il faut aussi que tu sache que Lucius c'est une tête à claque et un prétentieux – ben voui, que veux-tu l'adolescente américaine est visiblement comme la femme coréenne, elle aime en chier avant de chopper un mec. Ainsi quand il se présente à ses petits camarades de classe, il se la pète à mort : « Sachez que le nom des Vladescu est vénéré dans toute l'Europe de l'Est. C'est un nom noble. Un nom royal. » Le beau vampire roumain va donc se mettre à suivre Jessica un peu partout, et elle finira par en parler à sa mère. Et là, quand elle pointe du doigt son stalker suceur de sang, méga rebondissement... sa mère l'invite à dîner le soir même en disant à sa fille qu'elle a beaucoup de choses à lui raconter – Oh lala, que de mystère !

   Lucius vient donc chez Jessica et lui apprend qu'elle est en fait une princesse vampire – oui carrément – et qu'ils ont été promis l'un à l'autre par leurs parents à leur naissance. Jessica, qui est une matheuse dans l'âme, refuse de croire que les vampires peuvent exister et elle voit donc Lucius – et ses parents biologiques accessoirement – comme « des buveurs de sang dérangés et pervers ». Lucius va alors ramer pour emballer Jessica et la convaincre que les vampires existent réellement et que si elle ne se marie pas avec lui, leurs clans entreront en guerre – moui la culpabilité ça peut marcher, vas-y Lucius, essaye encore ! - Finalement il finira par montrer ses crocs sous le coup de la colère, mais Jessica pense que c'est un accessoire de magasins de farces et attrapes – no comment. Notre jeune pucelle prend tout de même ses jambes à son cou, mais pas parce qu'elle a peur, nan, elle est troublée...

   Bon, je vous épargne tout le tralala qui compose l'essentiel du bouquin, je vais résumer : Jessica est troublée par Lucius, mais elle le prend pour un taré, donc elle va passer la moitié de son temps à vouloir que le vampire lui roule une pelle d'enfer et l'autre moitié à le détester. Bien entendu, elle va finir par tomber amoureuse de lui, mais finalement, grisé – oui j'ai envie de dire grisé – par la vie des étudiants américains et dégoûté de lui-même, Lucius va sortir avec le cliché type qu'on trouve dans tous les lycées américains : la pompom-girl blonde vraiment garce. Les rôles sont inversés, c'est Jessica qui rame pour chopper Lucius, car il a décidé de rompre ses fiançailles. Les oncles pas sympa de Lucius arrivent donc en Pennsylvanie et mettent une raclée à leur neveu désobéissant. Pendant ce temps, la vilaine pompom-girl larguée, aidée de joueurs de foot décérébrés, va faire courir la rumeur que Lucius est un vampire et qu'il l'a mordue – égratignures dans le cou à l'appui. Il va alors se retrouver chez les flics, puis tomber dans un piège que lui ont tendu les méchants joueurs de foot. Jessica assiste alors à la destruction de son amoureux.

   Sauf que – ben oui – en fait, Lucius l'est pas mort. Nan, c'était une blague ! Celui qui lui a enfoncé un pieu dans le cœur, était complice et il a fait semblant de le tuer. Jessica fini par l'apprendre, elle prend le premier avion pour la Roumanie pour aller botter le cul de son vampire préféré. Mais elle retrouve un Lucius différent qui a tué son oncle et qui menace de déclencher une guerre. Bien sûr, notre jeune demoiselle va tout arranger, faire avouer à Lucius qu'il est amoureux d'elle et tout fini bien, il lui croque un bout de cou pour finir sa transformation en vampire, ses quenottes pointues sont libérées et pour fêter ça, elle s'offre une veine de son chéri, et ils deviennent prince et princesse des vampires de Roumanie.

   Voilà, j'espère que ton petit cœur romantique a fondu, moi j'ai bien rigolé à lire ce navet pour boutonneux.


Commentaires sur Le vendredi c'est culture pourrie, ou quand les vampires boutonneux débarquent

    Mdr... il faudrait me payer pour le lire celui-là. Tu as eu bien du courage, et c'est tant mieux pour nous

    Posté par AlterVorace, 06 avril 2012 à 08:12 | | Répondre
  • J'en ai effectivement pas gardé un souvenir fantastique ! Je crois que c'est le livre qui m'a fait dire que les romans de bit-lit pour ados, ça commençait à suffire pour moi !

    Posté par ClaireM, 06 avril 2012 à 09:32 | | Répondre
  • Houuuu, mais c'est que ça a l'air encore meilleur que l'Abandon de Meg Cabot que je viens de terminer! J'en ai presque la nausée, tiens ^^

    Posté par Suny, 07 avril 2012 à 09:32 | | Répondre
  • @Altervorace ; oui, je comprends c'est assez atroce comme livre !

    @ClaireM : effectivement, je commence à penser la même chose !

    @Suny : il est merveilleusement pourri, je ne te le conseille vraiment pas mdr

    Posté par Ema, 07 avril 2012 à 20:33 | | Répondre
  • Waouh, ça fait rêver ce livre!

    Posté par Chi-Chi, 10 avril 2012 à 15:50 | | Répondre
  • @Chi-Chi : ça me donnerait plutôt des cauchemars, perso ^_^'

    Posté par Ema, 10 avril 2012 à 19:48 | | Répondre
  • Vampire boutonneux

    On va finir par croire que je ne me nourri que des "lectures pourries", chez toi.

    Normal, c'est trop drôle. Et puis, sait-on jamais que ce lire aurait fini sur ma PAL...

    Non, aucune chance !

    La question que je me pose : pourquoi les vampires (les nouveaux, ceux qui sentent la violette et la fleur de rose) qui sont immortels vont-ils se faire chier à l'école ?????

    Pourquoi les romans sur les vampires de cette nouvelle génération pour adolescentes vierges se déroulent-ils tous dans un collège ?

    Attention, les héroïnes de ces romans sont vierges (née entre le 24/08 et le 23/09) et le restent, ne passant à l'acte que après s'être dûment mariée devant l'officier d'état civil.

    Tout fou le camp. D'mon temps, ma bonne dame, les vampires sentaient mauvais, limite la chair décomposée, ils buvaient le sang des bébés ou des jeunes filles et n'allaient plus à l'école.

    Posté par belette2911, 21 août 2012 à 21:59 | | Répondre
  • @ Belette2911 : Je vois que tu apprécies nos culture pourrie lol Et oui les vampires pour midinettes brillent de mille feux, peuvent s'exposer au soleil, ont une conscience et des valeurs. On est bien loin de la bête tapie dans l'ombre qui ne pense qu'à te vider de ton sang. C'est nettement moins glam, c'est sûr... Peut-être qu'ils vont à l'école justement pour se faire des jeunes vierges, on ne sait pas...

    Posté par Ema, 22 août 2012 à 08:47 | | Répondre
  • @ Ema : mais ta théorie est sublime. Les vampires nouvelle génération vont au lycée parce qu'il n'y a presque que là que l'on peut encore trouver de la pucelle ! Sublime.

    Posté par AlterVorace, 22 août 2012 à 12:36 | | Répondre
  • je viens de découvrir votre blog en passant par babelio et j'aime beaucoup vos cultures pourries un petit côté "le blog d'un Odieux Connard" au féminin...

    Posté par terryjil, 24 février 2017 à 16:07 | | Répondre
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