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Édition : Folio

Collection : Science-fiction

Parution : 1992 pour la version originale

Classement : Science-fiction / horreur



L'ouvrage dont je vais vous parler aujourd'hui est un exemple de que les blogs m'apportent depuis que j'ai ouvert Culturo-Vorace. C'est un article chez ma copinaute Suny qui m'a donnée l'envie de lire Âmes perdues si tu ne connais pas le blog de la demoiselle alors tu finis d'abord cette chronique puis tu cliques sur le lien pour aller voir cela de plus près. Son avis m'avait vraiment emballée ainsi que la quatrième de couverture :

À quinze ans, Nothing, adolescent rebelle et mal dans sa peau, s'enfuit de chez ses parents. Sa route croise celle des Lost Souls, créatures étranges, vêtues de noir, qui boivent une liqueur au goût de sang. Insatiables, sensuels, sauvages, ce sont des prédateurs sans loi qui n'obéissent qu'à leurs instincts. Avec Molochai, Twig et Zillah, Nothing part en quête d'amour, de sexe et de violence au son de longs riffs lancinants dans les boîtes punk de La Nouvelle-Orléans, et découvre la vérité sur ses origines...

Tout d'abord MERCI Suny parce que je sens que cet auteur va devenir un résident habituel de ma bibliothèque. Je tiens à signaler, pour information, que Poppy Z. Brite est biologiquement de sexe féminin mais qu'il a -à maintes reprises- signalé qu'il préférait que l'on emploie le masculin pour parler de lui. Passons maintenant aux choses sérieuses : Âmes perdues. Pour le coup j'ai adoré, j'ai plongé dans ce roman avec délectation, savourant chaque chapitre avec jubilation. Le roman parle de vampires donc, des vampires d'une violence inouïe et dont la déchéance est décrite avec crudité. De temps à autre le récit tombe -un peu- dans la provocation gratuite mais on ne peut que pardonner à Brite : non seulement Ames perdues mérite un peu de tolérance puisque c'est un premier roman mais surtout, le style rachète les imperfections du reste. Et soyons francs, je suis tombée amoureuse d'un bloc, des grandes qualités du roman comme de ses défauts, un coup de foudre sans vraiment de justification. Peut-être parce que les mots de l'auteur résonnent en moi malgré leur violence, je suis sensible à cette poésie crue. Après tout, ce qui est laid peut-être d'une grande poésie -si tu es dubitatif ami lecteur va (re)lire Une Charogne, ce sublime poème de Baudelaire-. Et puis je me suis attachée aux personnages, Ghost particulièrement et bien sûr Nothing. Les rêves du premiers sont des morceaux d'un lyrisme magnifique et le second m'a émue autant qu'il m'a agacée.

D'ors et déjà, j'ai commandé un autre ouvrage de Poppy Z. Brite, un receuil de nouvelles et j'ai prévu de faire rapidement connaissance avec ses romans plus récents, plus matures. Pour ce qui est plus particulièrement d'Ames perdues, je tiens à ajouter qu'il n'est pas une lecture reposante et que je ne le conseillerais pas aux lecteurs trop sensibles ou qu'une grande violence, qu'une sexualité trop présente pourraient rebuter. Je vous laisse avec un paragraphe tiré de ce roman – rien de plus efficace pour rendre compte du style de Brite – d'ailleurs j'aimerais que mon anglais soit meilleur parce qu'en VO ça doit être vachement mieux :

« Les dernières journées de l'été mourant, l'approche rapide de l'automne. Une nuit glaciale, la première de la saison, un changement dans le climat terne du Maryland. Il fait froid, pensa l'adolescent ; son esprit lui semblait engourdi. Les arbres qu'il apercevait par la fenêtre de sa chambre n'étaient que de gigantesque brindilles de charbon, frissonnant par crainte du vent ou pour résister à ses assauts. Tous les arbres étaient seuls. Tous les animaux étaient seuls, qui dans son terrier, qui sous sa fourrure, et ceux qui mourraient sur la route mourraient dans la solitude. Avant le matin, pensa-t-il, leur sang aurait gelé dans les fissures de l'asphalte. »

 

NOTE GLOBALE : 17 / 20