Culturo-voraces team

27 janvier 2015

Mardi sur écran : C.R.A.Z.Y. - Jean-Marc Vallée

Ici AlterVorace. Six mois que ce blog est fermé et que notre nouvel espace -seulement dédié à la Culture Pourrie- est au point mort. La tête dans l'écriture et l'agenda rempli de projets, je n'ai pas beaucoup de temps. Sauf que... Sauf qu'écrire des critiques me manque. Sauf que vous, amis lecteurs-passants-trolls, me manquez. Sauf qu'à force d'endosser mille casquettes et assumer mille choses, je me rends compte que je n'ai plus vraiment de coin détente dans ma vie. Du moins rien d'aussi amusant que la CulturoVoraces. Je reviens donc avec une petite critique cinéma. Peut-être que vous n'avez pas complètement oublié notre existence, peut-être qu'un ou deux d'entre vous auront plaisir à découvrir un billet inédit. Si c'est le cas, tant mieux. Sinon, bien fait pour moi... 

Je ne peux rien te promettre, ami internaute. Impossible de savoir si ce désir de reprendre le clavier ici sera durable et, surtout, si ma vie me laissera l'espace pour publier de temps à autre un article. On verra bien...

J'arrête de bavarder et plonge dans ce qui m'a tant manqué ces derniers mois...

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Pays : Canada

Date  : 3 mai 2006

Genre : Drame

Réalisation : Jean-Marc Vallée

Durée : 2h09

Michel Côté (Gervais Beaulieu), Marc-André Grondin (Zachary Beaulieu), Danielle Proulx (Laurianne Beaulieu), Émile Vallée (Zachary enfant)...

 

Il y a fort, fort longtemps, j'avais publié ici une critique de The young Victoria dont la mauvaise note traduisait alors ma vive déception. Dans l'introduction de mon article, je te parlais d'un autre film de monsieur Vallée, C.R.A.Z.Y. que j'avais adoré. Parfois j'aime me replonger dans un film connu, aller en terrain familier. C'est ainsi que j'ai revu l’œuvre qui nous intéresse aujourd'hui. Maintenant que le contexte est planté, passons au synopsis :

Un portrait de famille qui dépeint la vie souvent extraordinaire de gens ordinaires à la poursuite de leur bonheur.

De 1960 à 1980, entouré de ses quatre frères, de Pink Floyd, des Rolling Stones et de David Bowie, entre les promenades en moto pour impressionner les filles, les pétards fumés en cachette, les petites et grandes disputes et, surtout, un père qu'il cherche désespérément à retrouver, Zac nous raconte son histoire...

 

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Souvent présenté comme une chronique familiale, C.R.A.Z.Y., à mon sens, traite d'abord du rapport père-fils. La narration, centrée sur Zac, confirme que ce thème est au premier plan et c'est dans cette optique que j'ai revu ce film. Bercé par une BO très présente, et parfois envahissante, le réalisateur croque presque vingt ans d'enfance puis d'adolescence du héros. Le contexte historique est restitué avec rigueur et jubilation. Et là résident les forces comme les faiblesses de C.R.A.Z.Y.

 

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Alors qu'une majorité de scènes parvient à restituer, avec virtuosité, les beautés et les fêlures de la famille Beaulieu, ces séquences sont ponctuées de moment de flottements que le décor, les costumes et la musique ne parviennent pas à combler. Comme si monsieur Vallée s'appuyait tant sur le contexte qu'il en oublie l'importance de ne pas noyer les personnages dans une atmosphère. Durant les épisodes -nombreux, je le répète- réussis, au contraire, cette toile de fond ajoute de la profondeur. Reste que le film est un peu inégal et que certains passages -notamment le voyage du héros à l'étranger- ne sont pas à la hauteur du reste.

Côté réalisation toujours, on demeure dans une structure classique, plutôt bien menée et traversée par quelques audaces qui apportent une touche de fraîcheur agréable à l'histoire qu'on nous raconte.

 

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Rien de transcendant pour le moment, donc... Si C.R.A.Z.Y. parvient à marquer les esprits, c'est d'abord et avant tout à travers le prisme du trio principal des personnages : le père, la mère et ce Zac qui, sans cesse, recherche l'approbation dans le regard du premier. Et ces trois là, malgré l'appui d'un scénario solide et d'une réalisation intelligente ne seraient rien sans des acteurs à la hauteur.

 

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Comment d'abord ne pas noter l'excellente prestation du père par le grand Michel Côté ? Grâce à sa composition, Gervais Beaulieu devient un homme sans doute frustre et obtus mais aussi en demi-teinte, dont les fêlure et la tendresse pour ses fils ne cessent de poindre sous les maladresses.

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Michel Côté, magistral dans le rôle du père

À ses côtés, dans le rôle de son épouse, on retrouve Danielle Proulx qui offre elle aussi un joli travail pour son personnage.

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Reste le fils habité par Marc-André Grondin. Bien qu'il n'évite pas toujours la caricature, ce personnage d'adolescent puis jeune adulte dont la nature rentre en collision avec son entourage porte une grande partie du film sur ses épaules. C'est d'ailleurs cela qui m'empêche de qualifier tout à fait C.R.A.Z.Y de coup de cœur.

 

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J'aurais voulu que le reste de la fratrie ait plus de place, plus de profondeur.

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Bien que le personnage de Raymond (Pierre-Luc Brillant) reste intéressant, que dire des deux frères restants ?

Pas grand chose. Et cette belle histoire aurait beaucoup gagnée à développer le thème de la fratrie...

 

NOTE GLOBALE : 16 / 20

Bande annonce C.R.A.Z.Y


Fin »