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Édition : Folio

Collection : Policier

Parution : 2004 pour la présente édition

Classement : policier, thriller

 

Si je n'ai pas beaucoup d'inclination pour les romans policier, je suis toutefois toujours en quête de héros atypiques. En me baladant sur Babelio, je suis tombée sur une critique qui m'a mis l'eau à la bouche. Elle parlait du troisième tome d'une série de Lansdale. Je me suis donc précipitée pour en savoir un peu plus. Déjà, mauvaise nouvelle, le premier tome n'a jamais été traduit. Vu que je n'avais aucunement envie de lire en anglais -pas en ce moment-, je me suis résignée et j'ai commencé par le deuxième opus :

Hériter de cent mille dollars et d'une petite bicoque dans un quartier délabré n'est pas si mal et l'oncle Chester a fait un beau cadeau à son neveu Leonard... Même s'il faut tout nettoyer, que le plancher est pourri et que les voisins sont ce que l'on pourrait craindre de pire. Même si retaper une maison pour la vendre et abattre des murs, c'est prendre le risque de découvrir des squelettes cachés...

Si tu es comme moi et qu'avant même de te plonger dans ma critique à proprement dite, tu regarde ma note globale, alors tu as compris que j'avais aimé. Encore mieux que ça, vu que c'est la meilleure note que je mets à un policier/thriller depuis que je tiens ce blog. Par où commencer dans ce qui risque bien d'être un éloge ?

Tout ça est diablement bon. Les personnages d'abord. Le narrateur, Hap, a la quarantaine bien sonnée. Il est blanc et vivote de petit boulots merdiques. Son pote, Leonard, est grande gueule, homo et noir. Leur relation justifie en grande partie la qualité du roman. Ils sont cyniques, vulgaires, un peu paumés, loyaux et surtout ils sont drôles. Les dialogues claquent avec précision tout au long du récit. Le duo, à lui seul, justifierait la lecture de L'arbre à bouteilles. Et miracle : il y a plus. Beaucoup plus. Il y a le contexte. Parce que le roman se passe au Texas. Et le côté moche des États-Unis est admirablement dépeint. On croise du raciste, du bigot, du dealer et ça suinte la misère et l'ignorance. Monsieur Lansdale fait montre d'un talent plus que prometteur : c'est bien écrit, intelligent et drôle. Des passages désopilants succèdent sans problème avec des paragraphes emplis d'une poésie discrète. Du bon. Vraiment.

Là tu demandes peut-être pourquoi ce roman que j’encense depuis le début ne se trouve pas dans les coup de cœur avec un ou deux points en plus. Parce que l'enquête n'est pas tout à fait à la hauteur. Pour moi, qui ne cherche pas vraiment la trame policière, ce n'est pas grave mais c'est un peu dommage. Parce que vu les prouesses dont semble être capable l'écrivain, on est en droit de demander plus.

On me dit dans l'oreillette que six autres tomes des aventures d'Hap et Leonard sont disponibles en français. J'ai presque envie de me lever pour faire la danse de la victoire.

Avant de te laisser, je prends quelques secondes pour dire tout le bien que je pense du traducteur Bernard Blanc. Je sais, je sais, je n'ai pas lu le texte en version originale, je n'ai pas de point de comparaison. Pourtant, la qualité de l'écriture doit énormément à celle de la traduction. Logique. Et vu que je n'hésite pas à râler quand les traducteurs bâclent le boulot, normal que je le dise quand, on contraire, ils ont du talent. Voilà.

 

NOTE GLOBALE : 16,5 / 20