pour-un-tweet-avec-toi

Parution : 23 novembre 2012
Edition : Milady Romance
Collection : Central Park
Genre : Romance

Une fois n’est pas coutume : guidée par les avis de Chi-Chi et Tam-Tam, je me suis lancée par un bel après-midi ensoleillée de vacances –ok, enfermée dans mon bureau au boulot, sans grand-chose à faire- dans la lecture de "Pour un tweet avec toi" de Teresa Medeiros.

Auteure d’un presque Pulitzer, Abigail Donovan tarde à mettre le point final à son prochain roman. Aussi, lorsque son agent lui ouvre un compte Twitter, se prend-elle au jeu des tweets, retweets, hashtags, etc.
« MarkBaynard », professeur d’université en congé sabbatique et twitteur averti, devient l’un de ses followers les plus assidus. Entre la jeune femme et lui, va naître un échange jubilatoire plein de réparties spirituelles et de références aussi drôles qu’inattendues. Grâce à cette étonnante rencontre virtuelle, Abby va retrouver l’inspiration et le goût de vivre. Mais pourquoi rester enfermée devant son écran alors que Mark parcourt le monde ?

Pour ceux qui connaissent Twitter, ce qui n’était pas mon cas avant de mon plonger dans ce roman, vous savez certainement que chaque tweet ne peut pas dépasser 140 caractères. (Heureusement qu’AlterVorace est plus généreuse quand elle me laisse écrire une chronique !) Cette obligation d’échanger via de courts messages offre un rythme digne d’un dialogue effréné. Dans ce roman il n’y pas de place pour les longs discours ou les monologues interminables. Seulement une bonne dose d’humour, de culture, de racontage-de-vie et de flirt gentillet. Je dis « culture » car leurs conversations sont régulièrement ponctuées par des références à des livres, films, séries ou musiques cultes. Mais rassurez-vous, il n’y a pas besoin de connaître toutes ces références pour savourer les métaphores et allusions croustillantes. Et puis, il y en aura forcement que vous connaitrez : tout le monde a déjà entendu parler de Yoda ou d’Hermione Granger, non ? Et puis on est sur CulturoVoraces après tout, donc la culture doit courir dans vos veines avec des Maîtres pareils (j’en profite pour lécher un peu les bottes des filles !).

Bon revenons-en à nos moutons, je nome : Abby et Mark.
Ahhh ! Mark je l’adore, sa répartie est absolument fantastique. J’aimerais tant pouvoir tenir tête à un homme comme lui. Il ne perd JAMAIS une occasion pour être cassant, amusant ou provocateur.

Abby_Donovan : […] Il m’a larguée pour une sculptrice de Soho […]
MarkBaynard : Qu’est-ce qu’elle sculptait ?
Abby_Donovan : Principalement des moulages en plâtre du pénis de cet homme.
MarkBaynard : Elle était spécialisée dans les miniatures, c’est ça ?

Par contre je ne vous dirais absolument rien sur son physique ultra sexy car j’ai moi-même dû attendre les dernières pages pour le découvrir. On ne sait pas grand-chose à son propos, mis à part que c’est un professeur de lettres qui parcourt le monde et dont la langue est bien acérée.

Quant à Abby c’est une femme de… d’un certain âge ! Je suis en train de m’apercevoir qu’on a aucune idée de son âge, mais qu’on s’en fou complètement ! Bref, c’est une femme qui a connu un immense succès -inattendu- avec un livre, et qui décide donc de se lancer dans l’écriture d’un second, mais c’est la page blanche depuis la mort de son père. Ce drame a affecté sa vie, et son comportement ; depuis elle n’ose plus affronter le monde extérieur et préfère se cloisonner dans son appartement, en tentant désespérément de trouver une suite à ce foutu « Chapitre 5 ». Mark deviendra un confident inespéré et l’aidera à reprendre goût à la vie.

Même si l’intrigue contient quelques passages assez sombres, le thème général de l’œuvre est bien entendu l’humour. En voici pour preuves quelques répliques qui m’ont faite sourire -pour ne pas dire rire, sinon on va m’accuser d’exagérer ou d’être trop bon public- lors de leur premier « rendez-vous » via Twitter. Le second extrait est tiré de leur second cyber-rendez-vous.

MarkBaynard : Je vais demander au sommelier quel grand cru il recommande avec ça. Ce soir, on ne regarde pas à la dépense.
Abby_Donovan : Dans ce cas je prendrais le mouton-rothschild 1945 à 120000 dollars.
MarkBaynard : Vous avez entendu la dame. Elle prendra un Coca light


MarkBaynard : Probablement. Bon… Tentons la subtilité : que recherches-tu exactement chez un homme, Abigail Donovan ?
Abby_Donovan : Voyons… Il peut avoir plein de défauts, pourvu qu’il soit capable de plonger dans un immeuble en flammes pour sauver un panier de chatons.
MarkBaynard : Tu ne sens pas de la fumée ? Attends-moi là… Je reviens !
Abby_Donovan: Mark ?
Abby_Donovan: Euh… Mark ? Tu étais où ?
MarkBaynard : Me voilà ! Tiens, tu peux tenir ce panier pendant que j’enlève les cendres de mes cheveux ? Ne fais pas attention aux miaulements plaintifs.

Je pourrais passer la nuit à vous recopier des conversations qui m’ont amusée, mais dans ce cas, autant que vous lisiez directement le roman, car j’ai souris une grande partie de ma lecture, et je risquerais par conséquent de dépasser de très loin le nombre de caractères tolérés…

Mais croyez-moi, c’est un livre dont les lecteurs cultivés (et même ceux qui le sont moins) et friands de romance épistolaire se délecteront.

Note globale : 15/20 (il perd au moins 1 ou 2 car il n'est pas assez long à mon goût !)

Sephi