9782264053510

 

 

 

Édition : France Loisirs

Collection : Piment

Parution : 2009

Classement : Roman épistolaire

emo coeur

Livre coup de coeur

 

Il aura été difficile à ceux qui aiment lire de passer à côté d'un tel titre Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates. De même que de rester sourd à l'enthousiasme que l'ouvrage suscita parmi une horde de lecteurs et dans le monde des blogs. Pourtant, outre son titre particulièrement atroce à mémoriser, ce roman a une autre caractéristique déroutante : c'est un roman épistolaire. Personnellement je n'ai rien contre, hein, un des mes bouquins préférés Les Liaisons dangereuses est lui-même un récit constitué de correspondances entre les personnages. Hélas, c'est un genre qui semble quand même sur le déclin depuis pas mal d'année. Sauf si elles sont authentiques et présentent un intérêt historique on s'intéresse de moins en moins aux lettres. Certains diront que c'est à cause de la technologie, d'internet, des sms, tout ça, tout ça. Bof. Je pense sincèrement que le motif de cette désertion littéraire est plutôt d'ordre qualitative que historique. Écrire un roman épistolaire est un exercice plus que périlleux. Construire une bonne intrigue par ce biais passe encore mais parvenir à rendre crédible des personnages ou encore éviter l'ennuie aux lecteurs reste une véritable performance d'auteur. L'édition de cet ouvrage reste donc avant tout une audace, une belle audace indépendamment même de ses qualités propres.

Ajoutons à cela une dimension historique et nous voilà devant un pari des plus risqué malgré l'excellence du résumé de quatrième de couverture :

Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates...) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Jamais à court d'imagination, le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d'humanité Juliet est conquise.

Il ne m'aura fallu que peu de temps pour dévorer le roman en question. Et disons le clairement, j'ai beaucoup aimé. C'est frais, émouvant, tendre, drôle. Ce n'est sans doute pas un chef-d'œuvre mais c'est un roman qui mérite le respect. Bien sur on tombe un peu dans le pathos, mais il en fallait un peu, puisque Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates aborde l'occupation de l'île de Guernesey par les troupes allemande durant la seconde guerre mondiale. Les lettres se succèdent aussi rapidement que le rire aux larmes et les personnages parviennent à attirer toute notre sympathie, toute notre amitié. Si le ton est parfois léger il ne cède pas au superficiel et on a l'illusion que la vie est restitué de manière complète. Bien sur je ne suis pas certaine que le style soit toujours à la hauteur -en tout cas dans la traduction, pour la version originale il m'est difficile de juger- mais les faiblesses techniques s'effacent finalement. Rapidement notre sens critique laisse place à quelque chose de joli et d'un peu mélancolique, qui finit par nous donner l'impression, pour quelques heures, d'avoir envie d'être un peu plus doué pour le bonheur.

NOTE GLOBALE : 14,5 / 20