9782266204972

 

Édition : Pocket

Parution : 2005

Classement : roman

 

Souvent je m'offre un livre avec une raison, une motivation : on me l'a conseillé, je connais un peu l'auteur, j'ai lu des critiques. Pour l'ouvrage qui nous intéresse aujourd'hui, je me le suis commandé sur un coup de tête, parce que j'en avais envie. Malgré tout, j'avais, vaguement, entendu parlé de Yasmina Khadra qui avait du justifier son choix pour un pseudonyme féminin. C'est la quatrième de couverture qui m'a interpellée :

Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. A l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds : il s'agit de sa propre femme. Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel ? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...

Un livre coup de poing. Forcément. Le récit nous entraîne dans une quête sans véritable réponse : comment cette femme, cette épouse, qu'Amine croyait connaître si bien, a pu commettre cette atrocité au nom de Dieu ? Comment a-t-elle pu aller ainsi vers la mort ? Le héros, naturalisé Israélien, semble vivre à côté du conflit et de la violence, il préfère la médecine à la guerre et tente de s'intégrer le mieux possible dans la communauté israélienne. C'est lorsqu'il part à la recherche de la vérité, lorsqu'il tente de comprendre le geste de sa femme, qu'il entre vraiment dans le cœur de ce qui se passe dans le conflit. La haine, la violence, le désespoir : il prend tout cela dans la figure.

Je suis loin d'être restée indifférente au roman, j'ai trouvé toutefois que la qualité n'était pas toujours égale au fil des pages. Certains passages, certaines phrases sont sublimes, cela manque seulement un peu de constance au niveau du style et de la trame. Reste ces éclaires de bonne littérature qui valent à aux seuls de lire L'Attentat. Disons, que cet ouvrage a continué d'éveiller ma curiosité sur l'auteur et que je prévois d'ors et déjà de lire d'autres ouvrages de Yasmina Khadra. Après ça, je pourrais dire si je pense que ce dernier est seulement un bon écrivain ou un grand écrivain. Je vous laisse avec quelques citations du texte qui m'ont particulièrement marquées :

"Nous sommes dans un monde qui s'entre-déchire tous les jours que Dieu fait. On passe nos soirées à ramasser nos morts et nos matinées à les enterrer. Notre patrie est violée à tort et à travers, nos enfants ne se souviennent plus de ce que école veut dire, nos filles ne rêvent plus depuis que leurs princes charmants leur préfèrent l'Intifada, nos villes croulent sous les engins chenillés et nos saints patrons ne savent où donner de la tête; et toi, simplement parce que tu es bien au chaud dans ta cage dorée, tu refuses de voir notre enfer."

«  - Tu m’en bouches un coin, là, avoue-t-il. Où tu as appris ces versets d’Isaïe ?    

- Tout Juif de Palestine est un peu arabe et aucun Arabe d’Israël ne peut prétendre ne pas être un juif.    

- Tout à fait d’accord avec toi. Alors pourquoi tant de haine dans la même consanguinité?    

- C’est parce que nous n’avons pas compris grand-chose aux prophéties ni aux règles élémentaires de la vie. 

Il opine du chef, triste.

- Alors, qu'est-ce qu'il y a lieu de faire ? S'enquiert-il.

- D'abord rendre sa liberté au bon Dieu. Depuis le temps qu'il est l'otage de nos bigoteries. »

 

NOTE GLOBALE : 15 / 20