Marc aurèle 

Édition : GF Flammarion

Parution : 1992 pour la présente édition

Genre : Essai, Philosophie, classique

 

      Depuis que j'officie sur cet espace, j'ai très peu eu l'occasion d'aborder le sujet de la philosophie... Pourtant, c'est une discipline importante pour moi. Déjà, j'ai eu la chance de la découvrir avant que les cours me l'impose. Cette initiation s'est faite via un bouquin de Jostein Gaarder, Le Monde de Sophie. Ce roman initiatique nous plonge dans des cours de philo, du moins dans un cours d'histoire de la philosophie... Sans cela, je ne suis pas certaine que j'aurais autant apprécié cette discipline vu que la seule prof à qui j'ai eu à faire n'avait aucune pédagogie. Depuis mes seize ans, la philosophie m'accompagne. Au début par plaisir intellectuel seulement, puis, au fil des années, quand la vie a jalonné le quotidien de difficultés j'ai cherché dans la philosophie de quoi mieux vivre. Et ouais, rien que ça... Cela m'a aidé, vraiment, particulièrement quand je ne connaissais pas la méditation. La philosophie antique reste celle qui a le plus d'échos en moi : Épictète et Épicure en tête. J'ai lu l'ouvrage qui m'intéresse aujourd'hui sur le tard mais depuis, il est devenu un des mes livres de chevet. Un de ceux auxquels je me réfère quand j'en ressens le besoin.

      Tout d'abord ami-lecteur, notons que la présente édition comporte Pensées pour moi-même de Marc Aurèle suivi du Manuel d’Épictète – un autre de mes philosophes préférés. C'est donc à mes yeux un véritable bouquin de survie ! Dans cette chronique je n'aborderai pourtant que l'ouvrage d'Aurèle. Pour tout résumé, je citerai Montesquieu :

      On sent en soi-même un plaisir secret lorsqu'on parle de cet empereur ; on ne peut lire sa vie sans une espèce d'attendrissement ; tel est l'effet qu'elle produit qu'on a meilleur opinion de soi-même, parce qu'on a une meilleure opinion des hommes.

        Avant toute chose, rappelons que ces « Pensées » forme une sorte de journal de réflexion et que ce dernier n'était pas destiné à être exposé au public. Il semblerait même que Marc-Aurèle avait prévu que ce document soit détruit à sa mort – oups -. Il pourrait s'agir d'un simple journal d'un intellectuel féru de philosophie qui tente de vivre selon les principes du stoïcisme. Sauf que Marc-Aurèle était avant tout empereur. Ouais ça pose le mec... Là bien entendu on peut se demander quelle valeur peut avoir ce texte au regard des persécutions contre les chrétiens sous son règne. Certes, certains évènements ont offert à l'Histoire une image assez positive de l'empereur. Ainsi lorsque son ancien général se rebelle contre lui et, en croyant Marc-Aurèle mort, se fait proclamé empereur, l'usurpateur sera assassiné. Or Marc-Aurèle refusera de punir trop sévèrement les sénateurs complices de ce dernier. Mouais... Mais finalement qu'importe, ce qui est précieux dans Pensée pour soi-même, c'est justement les failles que ne cache pas l'auteur. Il est difficile de vivre selon les principes des philosophes. Ses réflexions, ses doutes, les complications, c'est tout cela qui font de l'ouvrage un atout. Qui plus est, le style de Marc-Aurèle – sans doute influencé par le fait qu'il écrivait pour lui – est très accessible et agréable. Bien entendu il se réfère à nombre de penseurs, ainsi il cite Platon, Héraclite ou Démocrite.

      Finalement on pourrait presque prendre Pensée pour moi-même comme un bon moyen d'entrer dans l'univers complexe et passionnant de la philosophie. Un bouquin de synthèse et de « vulgarisation » avant l'heure.

      Si ce court article t'a persuadé, ami-lecteur, de te plonger dans les écrits de Marc-Aurèle, alors laisse-moi te donner un petit conseil, munie-toi d'un surligneur ou, si tu répugnes à gribouiller dans un livre, d'un carnet : Pensées pour moi-même est un vivier de citations inspirantes ! Bref, un bouquin qui restera sur ma table de chevet...

 

Nota bene : France Culture a fait une série passionnant sur cet ouvrage et tu peux la retrouver ici

Note : 18 / 20