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Édition : Leha

Parution : mai 2020

Genre : fantastique, historique

 

       Les Masses critiques sur Babelio se suivent et ne se ressemblent pas et c'est d'ailleurs tout le sel des partenariats... Je ne sais pas si j'en ai déjà parlé ici, ami-lecteur, mais je suis plutôt sensible aux couvertures. Parfois une belle illustration m'incite à une découverte que je n'aurais peut-être pas faite sans cela. À l'inverse, il m'arrive de mettre de côté une lecture parce que je suis visuellement refroidie. Pour l'ouvrage qui nous occupe aujourd'hui, je dois avouer que malgré la qualité du dessin, je n'ai pas été sensible à son style. Je ne sais pas pourquoi mais l'illustration de monsieur Ségur m'a laissée penser que le récit ne serait pas pour moi. Pourtant le résumé est assez alléchant :

       Le Nouveau Monde, en 1804, sur la Frontière. Diane vit au sein d’une troupe de saltimbanques qui chemine entre les villes des vastes et dangereuses plaines américaines, y croisant habitants méfiants, coureurs des bois, Indiens, et colons en quête d’un foyer. Sans savoir pourquoi, elle se sent différente de tous ceux qu’elle rencontre. Malaise à l’approche de l’âge adulte ou mal bien plus profond ?

        Alors qu'en est-il au terme des quelques 396 pages du roman de monsieur Martel ? Et bien c'est plus qu'une agréable surpris. Bien plus ! Si tu es un habitué de ces lieux, ami-lecteur, tu sais que je ne suis pas une lectrice des plus faciles... Si je mets relativement souvent la moyenne, il n'est pas fréquent que les notes crèvent le plafond de mon exigence. Or Loups sombres est un vrai coup de cœur ! Une découverte pour laquelle je dois remercier la maison d'édition et le site Babelio puisque, sans eux, je n'aurais certainement jamais ouvert ce roman...

       Certes, l'écriture ne révolutionne en rien la littérature mais elle est la fois précise et plaisante. Surtout, la plume de l'auteur reste toujours au service de son récit, ce qui compte c'est l'histoire de Diane, c'est sa trajectoire au fil des chapitres. Ici, nous sommes dans un récit fantastique, au sens le plus pur du terme, c'est à dire un récit dans lequel le surnaturel surgit au sein d'un monde rationnel. Là où monsieur Martel se détache, c'est dans la dimension psychologique de l'héroïne. Ce qu'elle est a des répercussion sur sa vision et son rapport au monde. Non seulement on s'attache à Diane mais on accepte son évolution sans difficulté tant elle est subtilement décrite. Du reste, ce roman est un roman sur les femmes, leur place, leurs choix, leurs capacités d'émancipation... Tout en nous livrant un conte prenant et surprenant, l'auteur a l'intelligence d'aller plus loin et, en abordant la question de la monstruosité ou celle de la prédiction, c'est bien l'humanité qu'il interroge et qu'il met en scène.

        Un très joli roman, qui m'a tenue en haleine, qui m'a émue, qui m'a accompagnée... Si seulement toutes mes lectures pouvaient être de cet accabit !

 

Note : 17 / 20