Pilotes en série – Walker
Pays : USA
En diffusion depuis : janvier 2021
Chaîne : CW
Création de : Anna Fricke
Genre : Drame, policier, action
Nombre d'épisodes : 18
S’il a bien une chose que je ne fais pas ici, c’est improviser… En général, le calendrier éditorial est fixé des semaines à l'avance. Je suis comme ça, chiante organisée… Un seul élément peut perturber ce planning : toi ami-lecteur. Et c’est ce qui est arrivé en février, quand Fallenangel a commenté ma chronique sur la première saison des Bridgerton. Dans sa bafouille, elle expliquait avoir repéré une série en pensant à nous : Walker. Vu que j’ai approximativement dix ans de maturité pour certaines choses, j’y ai vu un défi. Ni un ni deux, j’ai dégainé un « Défi accepté » complètement irréfléchi. Je me suis donc engagé à visionner et chroniquer le pilote de ce reboot de Walker, Tewas Ranger, la série culte avec Chuck Norris. D’ailleurs tu remarqueras la similitude du visuel :
Le résumé, pourtant, s’éloigne un tant soit peu de l’original :
Cordell Walker est de retour à Austin après une infiltration de onze mois. Veuf et père de deux enfants, le jeune Texas Ranger tente, accompagné d'une nouvelle partenaire, de renouer avec sa famille tout en essayant d'en savoir plus sur les circonstances entourant la mort de sa femme.
Pour être tout à fait franche, ami-lecteur, je dois bien avouer avoir des souvenirs très flous de cette première série avec Chuck Norris. En effet, si j’ai vu quelques épisodes au fil de ma jeunesse, je n’ai jamais accroché. Voilà ce que ma mémoire a retenu : une série trop américaine, avec une avalanche de bons sentiments et un coup de pied circulaire à chaque arrestation. Sincèrement, sans la présence de Chuck Norrs, piètre acteur mais champion titré de karaté, je ne suis pas certaine que Walker, Texas Ranger aurait fait long feu. Si tu as lu mes échanges avec Fallenangel, tu sais que je ne me suis pas installée devant le reboot avec beaucoup d’empressement. Il y avait peu de chance que j’apprécie cette série…
Pourquoi, dés lors, ne pas choisir d’en faire une Culture pourrie au lieu d’une critique classique ? Pour certains bouquins le choix se fait avant même d’ouvrir ce dernier puisque je l’ai choisi justement en quête d’une Culture Pourrie. C’est ainsi le cas pour les Harlequinades. Ici, je ne savais pas ce que je choisirais. Il m’aura fallu finalement les dix premières minutes pour me décider. Mais comment ? Je n’occupe pas du tout le même point de vu pour l’une ou l’autre. Alors que pour une critique, j’essaie d’utiliser sincérité et esprit analytique, il s’agit pour les Cultures Pourries d’être à l’affût du moindre élément amusant/cliché/grotesque, avec mauvaise esprit et un brin de cynisme. Pourtant, je reste persuadée que cela ne fonctionne pas sans tendresse. Ainsi mes Culture Pourris dans la catégorie « Mauvaises surprises » sont parfois un peu ratées car je n’éprouve pas cette affection. Je ne déteste pas les objets des Cultures pourries, je leur voue une forme d’admiration étonnée.
Alors voilà. Après dix minutes du pilote de Walker, je me savais incapable d’éprouver cette sympathie. Dès lors, je risquais, en mode Culture Pourrie, de n’être que méchante, et pas amusante. Du moins pas suffisamment.
Comme tu l’as compris, je ne vais pas épargner ce pilote. Sincèrement, vu ce qu’était la série d’origine, il y avait la possibilité d’en faire quelque chose de chouette. Il aurait suffit de se permettre l’humour et l’autodérision. J’aurais adoré rencontrer un Texas Ranger capable de résoudre des affaires avec moult clins d’œil à son ancêtre. Sauf que… ben nan. Walker est une série qui se prend au sérieux. On retrouve les bons sentiments avec une pelletée de drame bien indigeste. L’épisode débute d'ailleurs avec la mort de l’épouse de notre héros. Même qu’il crie de désespoir :
Cordell se retrouve donc veuf, à devoir s’occuper de ses deux gamins adolescents. Et là, en plein deuil, c’est à dire seulement un mois après le décès brutal de sa femme – car oui c’est un meurtre, sinon y aurait pas de fil conducteur assez convenu -, notre Ranger part pour une mission sous couverture. Dix mois. Oui, oui, il abandonne ses enfants, ceux qui viennent de perdre leur mère. Sincèrement, j’ai du mal, peu importe les circonstances du départ, à m’attacher à un tel héros.
Le pilote débute réellement à son retour, sa mission couronnée de succès. Sa fille lui en veut, son ancien coéquipier a eu une promotion, ses parents ont géré leurs petits-enfants,… Walker est bien un drame avec un peu d’action dedans... Quant à l’aspect policier, je le cherche encore… S’il y a bien une enquête, elle est loin d’être au centre de la narration. Qui plus est, elle est tellement peu travaillée, que j’avais tout deviné, ou presque, moi qui suis si peu douée pour cela.
Finalement, Walker ressemble grandement à son homologue des années 90 : de bons sentiments et une enquête prétexte. Il y manque la seule chose qui rendait la série d’époque un tantinet originale : les capacités du héros en arts martiaux. Ici, Cordell se bat en cohérence avec ce qu’est cette série, il se bat comme un balourd.
Note : 04 / 20


