La Chronique des Bridgerton – Saison 1
Que ce soit dans quelques commentaires ici ou dans ceux qu'on me laisse sur Babelio, on me reproche parfois mon intransigeance, comme quoi la critique est facile, blablabla. Point d'inquiétude, ami-lecteur, je ne vais pas -encore- justifier l'existence de mes billets, et encore moins tenter d'expliquer en quoi, de mon point de vu, il est important de défendre la possibilité de critiquer une œuvre... Je tiens seulement à dire que je ne suis pas si intransigeante... Et nan... Le sujet qui nous intéresse aujourd'hui en est la preuve. Le mois dernier, dans le cadre de Pilote en série, j'exprimais ma déception au visionnage du pilote de La Chronique des Bridgerton. Au lieu de rester sur cette première impression, je me suis dit que devais donner une vraie chance à la série. Qu'au terme des huit épisodes, je pourrais mieux exposer mon opinion sur cette dernière. En fait je suis peut-être surtout naïve...
Pays : U.S.A
En diffusion depuis : décembre 2020 sur Netflix
Création de : Chris Van Dusen
Genre : Romance, historique, drame
Nombre d'épisodes : 8 (environ 60 min/épisode)
Comme je le précisais dans mon avis sur le premier épisode de la série, je n'ai pas cherché à oublier le roman duquel est adaptée la série. Ce serait hypocrite de ma part de ne pas l'exprimer alors que mon opinion doit certainement beaucoup au livre.
Les huit enfants de la fratrie unie des Bridgerton cherchent l'amour et le bonheur dans la haute société londonienne.
Le bouquin de Julia Quinn est une romance froufroutante qui respecte le cahier des charges du genre : une histoire d'amour en jupon et corset sur fond de bal rempli de débutantes. Une love story qui réunit deux personnages confrontés à des obstacles... Bref tu connais sans doute la chanson, ami-lecteur... La série disponible sur Netflix, quant à elle, n'est pas assujettie aux mêmes codes puisqu'elle vise un public ô combien plus large que les lectrices de madame Quinn, Eloïsa James ou Lisa Kleypas. Et franchement ce n'est pas une mauvaise série...
Avant tout, on a le droit à une réalisation soignée bien que classique. Les scènes de bal, par exemple, sont particulièrement esthétiques... La plupart des acteurs jouent assez juste, même si l'actrice qui incarne Daphné, Phoebe Dynevor, m'a paru assez terne mais je ne sais pas si ça tient à son travail ou la manière dont son rôle a été écrit.
Du reste, on ne s'ennuie pas durant les huit épisodes de cette première saison. Peu de temps mort : on enchaîne les moments dramatiques et les révélations. La relation entre Daphné et Simon est crédible et les événements du roman sont assez bien respectés... Et pourtant...
Et pourtant... Ce qui m'a déplu dans la série est ce qui la différencie du roman. Non pas que je veuille une transposition rigoureuse de l’œuvre... D’ailleurs pour Outlander, cette parfaite symétrie entre le bouquin et la série m'a clairement lassée et je ne suis pas allée au-delà de la saison 2. Ici, le souci pour moi est que je ne suis pas fan des soap du genre Gossip Girl. Ici on est dans une romance historique à l'américaine ! Le rythme soutenu, l'ajout de personnages tragiques, des décors et costumes très beaux mais clinquants : tout est mis en œuvre pour tenir en haleine, au détriment de ce qui m'a fait aimer le clan Bridgerton dans les livres. Julia Quinn est l'autrice du quotidien. Bien sûr, dans le bouquin aussi, Daphné et Simon surmontent nombre d'obstacles : la haine du héros pour son père, le duel, le fait ou non de fonder une famille... Mais ce qui compte, en définitive, c'est le portrait qu'esquisse madame Quinn : celui d'une famille unie, débordante d'humour et de contradictions. Dans la série, l'innocence de Daphné est grossie, sa mère perd tout son charme et Lady Danbury n'a aucun mordant. C'est joli, c'est plein de surprises mais sans charme.
Alors que je fais partie de la cible des romances qui froufroutent, la série m'a seulement surtout donné envie de relire la saga de Julia Quinn, dans l'espoir, sans doute, d'en oublier cette adaptation peut-être efficace mais diablement quelconque...
Note : 09 / 20



