Challenge « Ça nous rajeunit pas », année 2016– Your Name
Il faut bien le dire, je suis ravie d’avoir eu l’idée de ce challenge… Non seulement le défi est amusant mais il m’oblige à sortir de ma zone de confort puisque je voudrais essayer de diversifier un peu les genres que j’aborde dans ce cadre. Tu vas me dire ami-lecteur, alors pourquoi encore un film d’animation venu du Japon ? Parce que j’ai eu du mal à trouver un film de l’année 2016 qui me fasse envie et que Je veux manger ton pancréas ne compte pas vraiment puisqu’il fait doublons avec un autre film. En plus, pour le moment, je ne suis mécontente de la liste qui se dessine depuis le début : une fable tragi-comique avec Hitler en second rôle, la genèse épique d’un classique du théâtre, un biopic sur fond de conquête spatiale et une œuvre poétique sur le temps qui passe avec pour rôle principal un fantôme sous un drap blanc ! Ça pour sortir de ma zone de confort… Bref… Tout cela pour dire qu’à force d’entendre parler de Your Name par mon fils, j’ai pensé que je ne risquais pas grand-chose.
Pays : Japon
Sortie : 26 août 2016
Réalisateur : Makoto Shinkai
Genre : Animation, fantastique, comédie romantique
Durée : 1h50
Depuis ma petite déception concernant Je veux manger ton pancréas, j’avoue avoir un peu fait la grève de l’animation japonaise. Je me suis même persuadée que j’étais peut-être trop vieille pour tout ça – après tout j’ai eu 39 ans le mois dernier...-. En vrai ce genre de réflexion a tendance à m’agacer, moi qui aime lire des livres pour la jeunesse et qui ne boude jamais un bon dessin animé. Voilà pourquoi je redoutais le visionnage de Your Name, si je n’aimais pas, le risque était grand que je doive me rendre à l’évidence, oui, je devais à présent éviter les œuvres fortement plébiscitées par la jeunesse. Crotte ! Et le résumé de Your Name ne m’a pas complètement rassurée :
Mitsuha, adolescente coincée dans une famille traditionnelle, rêve de quitter ses montagnes natales pour découvrir la vie trépidante de Tokyo. Elle est loin d’imaginer pouvoir vivre l’aventure urbaine dans la peau de… Taki, un jeune lycéen vivant à Tokyo, occupé entre son petit boulot dans un restaurant italien et ses nombreux amis. À travers ses rêves, Mitsuha se voit littéralement propulsée dans la vie du jeune garçon au point qu’elle croit vivre la réalité... Tout bascule lorsqu’elle réalise que Taki rêve également d’une vie dans les montagnes, entouré d’une famille traditionnelle… dans la peau d’une jeune fille ! Une étrange relation s’installe entre leurs deux corps qu’ils accaparent mutuellement. Quel mystère se cache derrière ces rêves étranges qui unissent deux destinées que tout oppose et qui ne se sont jamais rencontrées ? [Résumé issu du site Allociné (lien)]
Après la petites introduction qui nous rappelle que nous ne sommes pas face à une comédie, on entre dans un premier tiers assez léger. La découverte de la situation de Mitsuha et de Taki, qui semblent régulièrement échanger leurs vies et leurs corps, est prétexte à de nombreuses saillies amusantes. L’humour un brin potache m’a, je dois bien l’avouer, fait quelques fois lever les yeux au ciel. Mais après tout, c’est tout à fait le genre de procédés qui pullulent régulièrement dans les manga et les animés… Mon agacement s’est pourtant vite apaisé quand j’ai compris l’utilité de toute cette première partie. Oui, on assiste aux disputes de nos héros via leurs portables mais cela nous permets de prendre tout le temps qu’il faut pour nous attacher aux personnages. À côté de cela, l’animation, sublime, s’occupe de toute la dimension poétique de la narration. Avec, par exemple, l’opposition entre l’ambiance urbaine de Tokya et la luxuriance lumineuse de la campagne japonaise :
Une scène semble marquer la transition vers le deuxième tiers du film… Une scène très belle pendant laquelle Taki, dans le corps de Mitsuha, accompagne la grand-mère et la sœur de cette dernière pour rendre hommage dans un temple en pleine nature.
Ensuite l’histoire prend toute son ampleur, je pourrais continuer à évoquer le mécanisme mes en œuvre mais il me semble, surtout si tu n’as pas eu l’occasion de le voir ami-lecteur, que ce serait dommage de trop en dévoiler. Tout cela pour te dire que j’ai adoré Your Name et que même la fin, que certains lui reprochent, met un point final cohérent à l’histoire. Bien entendu le film aborde de nombreux sujets, que ce soit celui de la mémoire, de l’opposition entre traditions et modernité ou encore du temps qui passe.
Au contraire des derniers animés que j’avais visionnés, je n’ai pas pensé que, décidément, je n’étais pas la cible de Your Name. La beauté de l’animation, la délicatesse des deux dernières tiers du films, la façon dont même les clichés sont mis au service de l’émotion, tout a contribué à me faire passer un bien jolie moment…
Ma note : 16 / 20



