carrie

Édition : Le livre de poche

Parution : 6 janvier 2010

Genre : Fantastique

    Carrie est le premier roman de Stephen King que j'ai lu à l'adolescence. Je me rappelle avoir vu le film et décidé qu'il fallait que je lise l’œuvre originale. Quelques temps plus tard j'étais tombé sur un exemplaire chez un bouquiniste et sautais à pieds joints dans l'univers du King, pour mon plus grand plaisir.

    « Carrie White, dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, vit un calvaire : elle est victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu’elle le maîtrise encore avec difficulté... Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l’aimer, l’invite au bal de printemps de l’école. Une marque d’attention qu’elle n’aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d’un renouveau ! »

    Dans ce premier roman, on peut déjà sentir ce qui fera la force et le succès de Stephen King toutes ces années : la caractérisation de ses personnages et les sujets intemporels de ses œuvres. Carrie est une histoire de harcèlement moral et physique saupoudré de fantastique et, bien qu'écrit en 1974, il fait malheureusement encore écho dans notre société actuelle. L'intrigue est assez classique, on suit l'héroïne dans son quotidien rythmé par les brimades des élèves de son lycée et le fanatisme religieux de sa mère. On ne peut s'empêcher d'éprouver de la pitié pour cette adolescente effacée et maltraitée. On souffre avec elle, on s'insurge face aux injustices et on ne peut s'empêcher d'exulter devant sa vengeance. C'est crédible, bien construit et vraiment bien écrit. Le roman est entrecoupé d'articles de presse, d'interviews de survivants et d'extraits de livres, ce qui donne envie d'en savoir plus sur la suite des événements et ne gâche en rien l'histoire.

    Mais ce qui fait la force de ce premier roman c'est toute cette galerie de personnages secondaires bien développés. Miss Desjardin, la prof qui veut aider son élève sans pour autant pouvoir s'empêcher de s'énerver contre elle. Le duo Billy et Chris issus de foyers dysfonctionnels qui font ressortir le pire l'un de l'autre. Et enfin Sue, l'adolescente avec un bon fond qui se laisse emporter par l'effet de masse, comme si elle se disait « mieux vaut elle que moi ». Chacun d'entre nous peut s'identifier à un des personnages ou, à défaut, a connu l'un d'entre eux.

    Bien que court et se lisant très vite, Carrie est une bonne entrée en matière dans l'univers fantastique de Stephen King et je ne peux que te conseiller de t'y intéresser de plus près.

    Note : 15/20