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Édition : J’ai lu

Collection : Aventures et Passions

Parution : 5 juillet 2017pour la présente édition

Genre : Romance froufroutante

 

Si, comme moi, tu n’aimes pas faire/lire les choses dans le désordre ami-lecteur et que ce n’est pas déjà fait, tu peux aller lire les articles consacrés au premier et deuxième opus des Hathaway, ICI et . Comme tu pourras le constater, j’avais grandement préféré le tome un à sa suite, un brin décevante. Voilà pourquoi je me ruais rapidement sur le résumé avec, dans l’œil, une lichette de méfiance :

Propulsée au sein de la haute société quand son frère est devenu vicomte, Poppy Hathaway s'est éprise de Michael Bayning, jeune aristocrate qui la courtise en secret. Une lettre d'amour égarée la conduit à faire la connaissance du redoutable Harry Rutledge, propriétaire de l'hôtel où elle séjourne. Un homme d'un toupet insupportable, qui ose lui voler un baiser qu'elle se surprend à lui rendre ! Un homme dangereux, au passé trouble, et qui, alors qu'elle se destine à un autre, va se révéler prêt à tout pour la posséder.

Après la lecture de cette quatrième de couverture, je ressentais un mélange de soulagement et d’hésitation. De soulagement parce qu’au moins le héros masculin n’était pas un bohémien, contrairement à ceux des volumes précédents. De l’hésitation parce que la description du jeune premier ressemblait trop aux portraits de pléthore de héros de romance historique. Genre un homme riche, arrogant, qui poursuit la fille d’une manière implacable et qui, à terme, se révélera tout mou du genou à l’intérieur. En général ce supposé prétendant sans scrupule se contente d’être… insistant. Dimension certes insupportable dans la « vraie » vie mais un peu fade dans la fiction. Je veux dire, un mec qui rend visite à la demoiselle tous les jours en essayant de la coincer dans un coin pour lui dire combien il la désire, ce ne justifie pas – à mon humble avis – tout un roman. En dépit de mes sentiments mitigés, j’avais quand même hâte de retrouver la famille Hathaway, que ce soit les couples précédents ou Léo, le frangin débauché ou Melle Marks, la gouvernante mystérieuse. Qu’en sera-t-il au terme des 334 pages ?

Comme toujours rien n’est vraiment original dans la manière dont se déroule le récit : une gamine intelligente et un brin naïve, un héros manipulateur mais avec des blessures pas si secrètes que ça puis l’amour qui grandit malgré les obstacles. Sauf que, encore une fois, madame Klaypas parvient à faire cela si bien qu’on se laisse emporter sans se poser -trop- de questions. Le personnage de Poppy – par Aslan, j’ai du mal avec ce prénom ! - n’a rien de surprenant, elle est attachante mais n’offre pas vraiment de surprise. C’est Harry, le héros, qui m’a très vite étonnée. Bien entendu il se conforme à une grande partie de la description que j’avais imaginée pour lui : un homme riche qui a décidé qu’il voulait la fille. Sauf qu’ici c’est, au départ, à n’importe quel prix. Même si Poppy a le choix, il parvient à rendre les choses si difficiles que c’est un choix biaisé. Pour de vrai... Il ne se contente pas de la poursuivre mais se débrouille pour foutre en l’air son autre projet : épouser un grand dadais dont la jeune fille se croit amoureuse. Et je dois bien avouer que j’ai aimé cet aspect du personnage, que ce soit un peu un connard – comme dans une autre romance de Kleypas que j’avais adorée -. D’ailleurs il ne cache pas tellement ces défauts. Ainsi quand on lui demande de rester loin de Poppy :

Si tu comprenais quelque chose à l’amour, répliqua Catherine, acide, tu saurais que Poppy ne choisira jamais personne d’autre que l’homme à qui elle a déjà donné son cœur.

Oh, pour ça, il peut bien avoir son cœur ! Du moment que j’ai le reste.

Ou même quand il demande à la fille de l’épouser :

Dans les contes de fées que vous mentionniez hier soir, j’aurais probablement rempli le rôle du méchant. Mais il n’est pas impossible que le méchant vous traite mieux que ne l’aurait fait le prince charmant.

Le seul truc qui aurait pu bousiller cette caractérisation affirmée est le passage du méchant sans scrupule à l’homme amoureux qui accepte de montrer ses sentiments. Or j’ai trouvé que l’autrice parvenait à nous rendre sa trajectoire logique. Pas un seul moment je n’ai ricané en disant : ouais bien sûr, c’est de la magie à ce niveau là !

Pourtant, alors que je ne cache pas mon attrait pour ce genre de héros, La Tentation d’un Soir ne récolte pas une meilleure note que le premier opus. Pourquoi ? Parce qu’encore une fois, l’intrigue finale laisse à désirer. Finalement c’est la grande faiblesse de Lisa Kleypas. Ses personnages sont toujours très bien faits, l’évolution de leurs sentiments bien emmenée mais l’élément censé apporté un peu de « suspens » apparaît toujours superficiel et trop léger.

Reste une très jolie romance qui parvient à nous faire rêver tout en respectant tous les codes de la romance historique. Bref, un moment de lecture très chouette pour ceux au cœur aussi tendre que le mien.

 

Note Globale : 16 / 20