Etreinte

Édition : J’ai lu

Collection : Aventures et Passions

Parution : 7 juin2017 pour la présente édition

Genre : Romance froufroutante

 

Comme tu te le sais sans doute, ami-lecteur, j’avais adoré La Ronde des Saisons de madame Kleypas et je m’étais promis de chroniquer ici son « spin-off », Les Hathaway. Le premier opus n’avait fort heureusement pas déçu mes attentes et tu peux lire, si ce n’est déjà fait, le billet qu’il lui est consacré. Comme toujours dans ce genre de cycle, il s’agit dans L’Etreinte de l’Aube de se concentrer sur l’histoire d’une des sœurs d’Amelia, Winnifred – bon j’avoue que le prénom ne vend pas tellement de rêve hein...- :

Kev Merripen a aimé Winnifred Hathaway dès le jour où la famille de celle-ci l'a tiré des griffes de la mort. Il n'était alors qu'un jeune garçon. Aujourd'hui, cet homme séduisant, aux origines mystérieuses, craint que les ombres de son passé ne détruisent la lumineuse Winnifred. Aussi refuse-t-il de céder à la tentation et laisse-t-il partir l'élue de son cœur. Pourtant, si la longue absence de Win n'a pas émoussé son amour pour elle, le temps a rendu Kev plus dur et plus froid. D'autant qu'il sait que, pour la conquérir, il lui faudra affronter le dangereux secret qui scelle son destin.

Bon… Autant être franche avec toi ami-lecteur, je n’étais pas très emballée à première vue par le couple que mettait en scène ce deuxième tome des Hathaway. Deux éléments me rendait un brin dubitative. Déjà parce que le héros masculin, Kev/Merripen est bohémien. Comme le jeune premier des Ailes de la Nuit. Du coup je me suis un peu demandée comment l’autrice pourrait bien ménager le suspens. Parce que dans l’opus précédent on avait déjà eu le droit à un couple en proie aux difficultés d’une romance « mixte » avec toutes les différences culturelles que cela supposent, surtout dans une Angleterre au système de classe aussi rigide que l’était celle du 19ième. L’autre dimension qui m’inquiétait était l’histoire déjà entamée de Winnifred et Merripen. Ils s’aiment, on l’apprend dans le tome précédent. Ils s’aiment mais Winnifred est considérée comme une invalide depuis que la scarlatine l’a laissée affaiblie. La jeune fille reste pourtant décidée à conquérir le jeune homme mais ce dernier la repousse sans pitié. À la fin des Ailes de la Nuit, la malade est envoyé dans une clinique en France où officie un médecin qui ferait, dit-on, des miracles sur des cas semblables. Alors quoi ? Une fois guérie, je ne voyais pas tellement ce qui pourrait empêcher les jeunes gens d’être ensemble. Je me suis quand même lancée dans cette lecture en me disant que je ne risquais pas grand-chose hormis une déception…

Comme je l’avais supposé, Winnifred revient remise du continent et son frère, Léo, qui l’avait accompagnée, semble lui aussi dans un meilleur état qu’il ne l’était dans le premier opus. Ils reviennent accompagné du fameux super docteur, un certain docteur Harrow. Ce dernier a donc « sauvé » la jeune femme mais leurs relations ne s’arrêtent pas là puisqu’il désire courtiser cette dernière. Bon, ok, un rivale… J’aime bien les triangles amoureux et puis je me suis dit que c’était une bonne chose de rajouter un élément de « surprise » vu que j’avais peur de connaître d’avance ce qui empêcherait Winnifred et Merripen de se jeter tout de suite l’un sur l’autre. Malgré cette effort de madame Kleypas, j’avoue avoir été un peu déçue de l’intrigue. Du moins en grande partie… Le coup du héros au passé pourri qui pense faire ce qu’il faut en repoussant la femme aimée, le prétendant lisse mais terne, les différences de classes… Les clichés s’alignaient comme de bons petits soldats. Il s’en est fallu de peu pour que L’Etreinte de l’Aube se révèle décevant.

Pourtant j’ai été embarquée dans l’histoire. Déjà grâce à la caractérisation de Winnifred. Ce personnage de femme forte, qui a lutté deux ans pour retrouver la santé, est très attachant. Alors que dans le premier tome, elle était dépeinte comme une demoiselle douce et fragile, elle se révèle ici obstinée et capable de tout pour protéger ceux qu’elle aime. J’ai presque regretté que la narration ne commence pas plus tôt, c’est à dire au moment de son arrivé en France car j’aurais aimé assisté à son combat contre la maladie.

Malgré un premier tiers en dessous de que madame Kleypas a l’habitude de nous offrir, L’Etreinte de l’Aube parvient ensuite à accrocher le lecteur grâce au personnage de Winnifred. On a aussi le plaisir de retrouver le couple du premier tome, Cam et Amelia. Bref, un opus qui reste très plaisant même si j’ai trouver Les Ailes de la Nuit bien plus prenant.

 

Note Globale : 14 / 20