Oyé, oyé ami-lecteur, note bien l’engagement morale sans faille dont je fais preuve ici… Il y a quelques temps, je t’avais livré la chronique du premier tome d’une trilogie. Une trilogie Harlequin. Rien que l’existence d’une telle chose dans la maison d’édition de l’amûr est une Culture pourrie en soit. À la fin de ma bafouille, j’écrivais que j’étais censée lire le deuxième opus de Heart of the Wolf. Et voilà, après quelques semaines à soupirer en pensant à ce bouquin, j’ai pris ma folie mon courage à deux mains… Et du courage il y en a fallu en découvrant la couverture de Métamorphose :

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Avant toute chose, ami-lecteur, je t’encourage fortement à aller lire le billet consacré à Nuit de pleine Lune, si ce n’est chose faite, ce serait tellement dommage de manquer cela… Et puis ça m’évitera de tout réexpliquer ici.

Première surprise lors des premières lignes de Métamorphose, la narration est à la première personne. L’autrice alterne les points de vu de nos deux héros, un chapitre c’est la jeune première qui raconte, le suivant c’est le bô gosse – selon le bouquin-.

On rencontre donc Victoria St. Clare, une loup-garou avec un ego plus gros que le château en Alaska de la famille dirigeante. Oui, parce que dès les premières lignes, Victoria nous explique :

Je m’appelle Victoria St. Clare et je suis ce qu’on appelle un loup-garou. Mais votre œil humain ne saurait en aucun cas soupçonner cette particularité si vous me croisiez dans la rue. Vous verriez simplement en moi une femme d’un mètre soixante-quinze, à la silhouette mince et gracieuse, une femme que l’on dit – je vous le rapporte modestement – d’une grande beauté. Mon teint de lait et mes yeux gris évoquent les cieux polaires, ceux de l’Alaska, où je suis née. J’ai hérité des pommettes hautes, du petit nez droit et des lèvres bien ourlées de la famille St. Clare.

Tu trouves que l’héroïne se la raconte un poil de loup-garou ? Visiblement, c’est aussi la crainte de madame Flanders car ensuite la jeune garou précise :

N’allez pas croire que je sois vaniteuse ou frivole.

Je sais ce que tu dois penser, ami-lecteur, C’est pourri une romance dans laquelle le personnage féminin principal se la pète ! Ouais je sais. Du coup l’autrice tente de justifier l’orgueil de ses héros avec la mythologie des loups-garous :

Voyez-vous, l’intelligence aiguë, le talent et l’extraordinaire capacité d’adaptation qui nous ont permis de survivre pendant des milliers d’années dans un environnement hostile, ont fait de nous les rois d’une jungle très particulière : celle des affaires et la haute finance.

Là je me suis dit qu’on frôlait le racisme…

Bref… Victoria travaille pour l’entreprise Clare de Lune – ô le beau jeu de mots… Hum...-, qui s’occupe de cosmétiques. Plus précisément, elle a un poste de cadre junior dans le service publicité de la boite. Là je me suis dit que l’héroïne loup-garou, super belle, avec un boulot super classe, c’était un brin agaçant et cliché. Mais point d’inquiétude ami-lecteur, l’autrice a ajouté quelques défauts à la greluche. Déjà elle a sa magie paranormale cassée : elle n’a jamais pu se transformer en louve. Jamais. Ce qui fait d’elle une anthropomorphe. Non seulement ça signifie qu’elle est stérile, puisque les loups-garous ne peuvent se reproduire que sous leur forme lupine, mais ça veut aussi dire qu’elle est un objet de mépris au sein de la Meute. Sympa… Même qu’à cause de ça, elle est traitée comme une crotte de chien au boulot. Alors qu’elle a vachement de talent, après tout c’est une héroïne harlequin, et qu’elle a concocté l’intégralité des dernières campagnes de parfums. Sauf que ses chefs se sont approprié ses créations...

On comprendra donc qu’elle aille déjeuner avec Jason, un humain qui bosse dans une boite de pub dont un des plus gros employeur est le concurrent direct de Clare de Lune. À l’occasion, Victoria se montre toujours aussi pourrie :

C’est vrai, Jason n’est qu’un humain.

Pendant le repas, le publicitaire propose à Victoria de venir travailler pour lui car il a remarqué combien son talent n’est pas reconnu chez Clare de Lune. La jeune femme est tentée mais n’accepte pas. Puis, à son retour au bureau, elle comprend très vite qu’un visiteur important est là en entendant des commentaires dans les couloirs :

On dirait un prince !

Le teaser de la mort… En effet, un bô gosse squatte son bureau : Noël Duprey. Ce dernier est devenu depuis peu l’héritier du Patriarche, celui qui dirige tous les loups-garous. Cette péripétie avait eu lieu à la fin du premier tome de la trilogie… Hop, on saute alors dans les pensées de Noël.

L’autrice est douée, c’est indéniable, puisqu’elle parvient à nous rendre le héros aussi horripilant que Victoria :

Il y a six mois encore j’étais vice-président de Clare de Lune, et j’exerçais ce métier avec toutes les ressources dont je suis doté – c’est à dire avec brio, créativité et une pointe de fantaisie.

Note bien, ami-lecteur, le choix fait par madame Flanders… Pour décrire Victoria, nous avons eu le droit à une description physique dithyrambique, pour Noël ce sont ses capacités qui sont mises en avant. Ah… Le sexisme chez Harlequin...

Mais revenons à notre héros. Il pleurniche intérieurement à cause de son statut d’héritier : je peux plus faire tout ce que je veux gnagnagna… Puis il continue la litanie de « je suis trop parfait » :

Au yeux de la Meute, je représente l’archétype de la beauté, le l’intelligence, du courage et de la noblesse d’esprit, le critère d’excellence à l’aune duquel tous les autres loups-garous se mesurent.

Avant de nous confirmer que Victoria n’est pas la seule loup-garou raciste dans l’histoire :

Mais je puis vous assurer que, en face de cette superbe créature, je me sentais – pardonnez-moi cette liberté de langage – aussi bêta qu’un humain.

Ensuite on apprend qu’il est ici sur ordre du Patriarche. Ce dernier l’avait en effet convoqué pour lui révéler que trois formules de produits Clare de Lune ont été volées ces derniers temps. À Noël de faire discrètement la lumière sur cette sombre affaire. Pour cela, Sebastian, le vieux chef, lui ordonne de bosser avec Victoria.

Dans l’avion, Noël en a profité pour consulter le dossier de Victoria. Il y est écrit que c’est une employée toute nulle dont la seule qualité est la ponctualité. Youpi. Il sait aussi qu’elle est anthropomorphe. Et bim, on retourne du point de vu de Victoria.

Comme par hasard, la donzelle est amoureuse de Noël depuis qu’elle est gamine. Sans vraiment le connaître, hein, puisque, comme chacun sait, dans les Harlequin, c’est normal. Sauf qu’en rencontrant son crush pour de vrai, Victoria est super déçue – tu m’étonnes...- et le trouve arrogant. Il explique l’histoire du vol et, en comprenant qu’elle a des amis humains, il fait preuve d’un paternalisme super écœurant :

À propos, j’attire ton attention sur le fait qu’il n’est pas bon de trop fréquenter des individus aussi inférieurs que les humains.

Il ne la ménage pas en lui expliquant qu’elle est sa première suspecte même s’ils doivent enquêter ensemble. Il lui expose ensuite son plan… La boite doit lancer une nouveau parfum, Chant de lune, avec un ingrédient top-secret et révolutionnaire. Noël compte surveiller tout le monde pendant qu’ils travaillent dessus en espérant débusquer le traître. Pour cela Victoria jouera le rôle de son assistante. Sauf que la donzelle se rebiffe :

Mais c’est un poste inférieur au mien ! m’exclamai-je.

Et alors ? répliqua-t-il. Personne ne s’en étonnera. Après tout, tu ne fais pas des étincelles à ton poste actuel.

Et voilà à quel genre de personnages j’étais censée m’attacher… Victoria est toute fâchée, du coup, vu qu’elle squatte désormais le bureau du directeur, Stillman, elle en profite pour créer toute la campagne de Chant de lune. Puis elle l’envoie à Noël sous forme de fichier qui s’autodétruira. Ouais, comme dans Mission impossible. Les garous et la romance pourrie en plus.

Chez elle, Victoria se confie à son meilleur ami, humain et homo, Philippe. Mais quand Noël débarque chez elle, elle raccroche. Il a vu son projet et veut qu’elle le présente le lendemain devant les cadres de la société. Et vu qu’il ne connaît rien aux femmes à la pub, il compte sur elle pour l’aider. Victoria se retrouve toute frétillante alors elle lui propose de rester dîner.

On passe à Noël… Il a accepté de partager le repas de la jeune femme. Mais il continue à être fort peu sympathique envers la différence de Victoria :

Qui savait, au fond, ce qui se passait dans la tête d’une anthropomorphe ?

Comme tu l’as compris, je n’aime pas du tout Noël. DU TOUT. D’ailleurs le jouvenceau a bien conscience de ses limites :

Le fait de n’avoir rien d’intelligent à dire ne m’ayant jamais dissuadé de parler, je répondis après un instant de réflexion stérile :

— Eh…

Bref ils passent la soirée ensemble. On est bien contents. Le lendemain matin, après l’exposé de Victoria, Noël apprend que Greg Stillman veut lui parler. De Victoria. Il commence à critiquer grave la garou mais Noël met un terme à sa diatribe en lui disant qu’il sait que c’est elle qui est à l’origine des dernières campagnes. Stillman décide donc que Noël est intéressé par Victoria et lui dit :

J’avais entendu dire que vous goûts en matière de femmes étaient… diversifiés, mais j’ignorais qu’ils étaient aussi bizarres.

Décidément, on est cernés par des personnages charmants… Noël est tout chafouin et il l’aurait renvoyé sans l’intervention de Victoria. Tout content d’elle, le bô gosse puant l’invite à déjeuner. Sauf qu’elle a un RDV. Avec Jason, tu sais l’humain qui bosse pour la concurrence. Pendant le repas, il lui dit qu’il est au courant pour Chant de lune et l’ingrédient super classe. Il lui dit alors qu’il serait prêt à la payer au prix fort si elle lui obtenait la formule. Ô le vilain garnement !

Et Victoria, brimée depuis des années, sa carrière au point mort... rentre tout dire à Noël. Ce dernier lui confie alors la nature du grand ingrédient secret :

La fragrance que tu vas promouvoir est plus qu’un parfum… C’est le premier véritable aphrodisiaque de l’Histoire du monde.

Le parfum rendra tout le monde accro. Ce qui est, il faut bien le dire, moralement discutable. Heureusement on s’en fout de l’éthique chez les garous. Sur ce, Noël invite Victoria pour un grand dîner donné par et chez les Stillman. Mais au moment où des petits cœurs en sucre rose tombent sur notre héroïne, il précise qu’il a besoin d’elle pour espionner tout le monde. Elle est super déçue donc elle se montre froide avec lui.

Quand on retrouve les pensées de Noël, on se rend compte qu’il ne comprend pas le peu d’enthousiasme de Victoria à l’idée d’être sa cavalière :

Mais les femmes sont généralement enchantée à l’idée de sortir avec moi, et elles s’empressent d’accepter mes invitation. Comment pouvais-je deviner que Victoria réagirait de la sorte ?

Le vendredi soir, il se pointe quand même avec un bouquet de roses jaunes et est ébloui par la beauté de Victoria :

J’étais éperdu d’admiration devant sa beauté à la fois simple et raffinée, et déconcerté par la complexité de mes propres émotions.

Je pense qu’elle porte la même robe magique que l’héroïne du premier tome parce que tout à coup il dit qu’il lui fait totalement confiance. Ouais comme ça...

À la réception, un silence glaciale les accueille. Tout le monde est choqué qu’il soit là avec Victoria. Noël est même obligé de recadrer les Stillman. Suite à son éclat, les gens son polis mais sans plus… Bref, Victoria passe une soirée bien pourrie. Pendant le retour elle lui fait remarquer que le premier vol a eu lieu juste après sa nomination en tant qu’hériter. Tout émoustillé par son intelligence, Noël lui roule une pelle. Un baiser magique à la Harlequin :

Il me semblait que rien n’avait jamais existé avant ce baiser, et que rien ne comptait plus que notre étreinte. Nos bouches se séparèrent enfin. Nous étions étourdis, ivres de contentement.

(Tu remarqueras que le héros parle pour sa chérie. Ben oui, un homme sait tellement mieux ce qu’on ressent que nous autres, pôvres femmes sans cervelle...)

Quand il rentre, il téléphone à Jason, le concurrent, et on apprend qu’ils avaient tout prévu pour tester la loyauté de Victoria. Heureusement cette dernière avait tout compris. Elle n’est même pas vexée par le procédé et n’en admire Noël que plus.

C’est long pas vrai ? Imagine ce que ça été pour moi…

Un soir Noël passe chez Victoria. Y a eu des fuites dans la presse sur les vols. Le garou est donc tout déprimé mais heureusement Victoria a la solution : elle lui propose un bain à remous. Ensemble. Oui, oui…

L’autrice devait avoir conscience de l’absurdité de cette invitation, du coup elle tente de la justifier à la va-vite :

Cette proposition doit vous choquer. C’est une simple différence de culture. Une humaine n’inviterait probablement jamais son patron à prendre un bain avec elle dans son propre appartement. En fait, notre attitude vis-à-vis de la nudité est, par essence, bien plus saine que la votre.

Et bim, prenez ça les humains.

Forcément ils jouent ensemble à touche-pipi. Noël est tellement excité qu’il risque de se transformer alors il se casse.

Le lendemain, au travail, y a sa grand-mère de cœur qui l’attend, Clarice St. Claire. Tu sais, l’épouse du Patriarche, le chef de tous les garous. Elle est là pour le recadrer un peu par rapport aux femmes. Elle compte organiser un week-end festif au château pour lui présenter toutes ses prétendantes. Ouais un genre de bal de Cendrillon avec des poils en plus. Car oui, Noël doit se trouver une épouse convenable, donc pas Victoria. Mais le pauvre s’inquiète :

Et si je ne l’aime pas ?

Quand tu seras marié, tu l’aimeras, déclara-t-elle assuré.

Et si cela ne se produit pas ?

Là, Clarice le met bien en garde, le mariage de Michael avec une humaine était bien une mésalliance, on ne peut pas renouveler une telle chose.

Pendant ce temps, Victoria est allée chez le coiffeur. Elle s’est fait faire des mèches, un truc léger et provisoire. Et quand elle croise enfin Noël, il fait quoi ce dernier ? avant même de lui dire bonjour ? Il lui dit des infamies :

Qu’as-tu fait à tes cheveux ? Demanda-t-il d’un ton sec.

Oh, pas grand-chose. Je suis allée chez le coiffeur ce matin.

Je n’aime pas cette coloration. Je préfère les cheveux au naturel.

Non mais sérieusement ?! Victoria ne s’énerve même pas et se contente de revenir à l’enquête. Elle a surpris une conversation entre Clarice et Stillman. Du coup elle sent que ça craint et qu’il y a une tique dans le pelage… puis elle a découvert que Stillman a envoyé 21 mails au château. Au lieu de s’intéresser à l’affaire, Noël s’excuse :

Je voulais aussi te présenter mes excuses, reprit-il.

Pour quelle raison ?

Il s’empourpra soudain, grimaçant sous le coup de la colère.

Bon sang, Victoria ! S’emporta-t-il. N’as-tu donc aucun amour propre ?

Ben nan elle en a aucun. Ils refont frottis frottas et juste après Noël parle de la réception à la Cendrillon. Victoria comprend mais a le cœur brisé. Alors là, Noël finit par se fâcher, il a consulté son dossier médical -le secret médical, quel secret médical ?- et il sait qu’il n’y aucune anomalie physique chez elle. En théorie elle pourrait tout à fait se transformer. Carrément. Elle l’envoie bouler et il lui montre alors des griffures dans son dos, elle avait commencé à changer pendant leur séance de touche-pipi. Il ne comprend pas pourquoi elle ne lâche pas prise. Elle boude alors il annonce qu’il va partir quelques temps à Seattle.

Tout perturbé, Noël va donc rendre visite à Michael. Tu sais l’héritier qui a abandonné la Meute pour épouser une humaine. Bon, vu que je trouve ce bouquin super chiant, je vais te résumer la visite : Noël reproche à Michael sa décision. Ce dernier lui dit : tu aimes Victoria. Noël le reconnaît. Michael lui fait alors voir la vérité en face : Noël est fait pour diriger la Meute. Jamais il n’abandonnera ses fonctions. Même par amour.

Pendant ce temps Victoria est bouleversée. Et oui un orgasme et sa vie est changée :

Je connus cette nuit là tour à tour le bonheur absolu, né de la certitude que Noël m’aimait, et la détresse la plus totale, car j’étais follement amoureuse d’un homme qui ne m’appartiendrait jamais.

Aujourd’hui, il possédait mon âme.

Au lieu de vouloir le conquérir, elle décide de laisser tomber. Elle peut pas l’avoir ? Et bien elle sera loyale et va au moins découvrir la vérité sur le traître. Du coup elle enquête. Et parvient à lire les mails envoyé par Stillman. Et là… Elle va attendre Noël à son retour de chez Michael. Elle se montre sans pitié :

Ma lettre de démission est sur ton bureau. J’ai enfin compris que je n’avais aucun avenir chez Clare de Lune.

Mais :

Il secoua la tête, puis reprit sur un ton autoritaire :

Je refuse ta démission.

Là, elle lui demande :

Réponds-moi honnêtement, dis-je. Si j’étais normale… Si j’étais comme tous les loups-garou, m’accepterais-tu pour épouse ?

Puis :

S’il existait un moyen de me rendre normale, m’en parlerais-tu ?

Enfin, Victoria se met en colère. Vraiment vraiment en colère. Dans un des mails de Stillman, il y avait la formule de Chant de lune. L’ingrédient secret est la Kapoline une phéromone qui pourrait rendre Victoria « normale » puisqu’elle est à l’origine de la transformation des garous.

Et pendant tout ce temps, alors que tu possédais la phéromone qui pouvait me rendre normale, tu m’as caché la vérité…

Elle est vraiment malheureuse mais toujours sans amour-propre :

Sais-tu ce qu’il y a de plus terrible ? Balbutiais-je. À l’heure actuelle, si tu me proposais d’essayer la kapoline, j’accepterais et je te pardonnerais tout. Car je t’aime.

Voilà à quel degré d’humiliation j’en étais réduite, faisant fi de ma fierté, de mon intégrité.

Sauf que Noël lui avoue alors que la formule est un mensonge, il n’a rien découvert du tout, c’était une ruse pour piéger le traître, il n’a pas les moyens de la guérir. Victoria se met alors dans une rage folle. Tellement qu’elle se transforme. Et oui, comme ça… Une petit colère et l’obstacle entre nos héros est résolu. Sans justification, ni rien. On ne saura jamais pourquoi l’héroïne faisait un blocage mais qu’importe, la psychologie c’est pas pour les autrices Harlequin…

Du coup ils baisent et scellent ainsi leur union. C’est tellement magique comme procédé que madame Flanders a bien senti qu’elle allait trop loin. Du coup pour ne pas se planter voilà comment elle fait parler Noël :

Comment vous raconter la prodigieuse magie qui s’empara de nous ? Je crois que c’est impossible. D’ailleurs même si je possédais les mots pour le dire, je n’en ferais rien. Notre union fut une chose sacrée. En parler me semblerait blasphématoire.

Là, j’ai eu envie de jeter le bouquin par la fenêtre. Mais comme je lisais le machin en numérique sur mon Kindle, ben je me suis contentée de grogner. Très fort.

Notre couple tout marié et amoureux continue de penser que le château est derrière les vol. Du coup il vont voir le patriarche pour l’accuser. Ce dernier répond :

Bravo, Noël. Tu as résolu l’énigme. Toi et ta femme, vous êtes aussi doués que je le pensais. En revanche, venir ici m’accuser de trahison, de crime contre notre peuple… Je ne m’y attendais pas. C’est idiot de ta part.

Et oui, après la résolution magique de ce qui empêchait nos héros de s’aimer, voici la résolution magique de l’enquête : le Patriarche avait tout prévu pour tester les capacités de Noël. Maintenant il va pouvoir lui laisser la Meute sans inquiétude.

...sérieux ?

Le roman se termine donc comme ça. Ah non, pardon, ami-lecteur, il se termine comme ça :

Alors je posais doucement une main sur son ventre, où grandissait le fruit adoré de notre amour.

Après ce moment compliqué de lecture, et les minutes consacrée à rigoler en écrivant cet article, je suis admirative de Rebecca Flanders. Parce que bon, c’est pas donné à tout le monde de faire un second tome encore plus con que le premier. Alors voilà, il me reste le troisième et dernier opus… en aurais-je la force ?