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Édition : Pocket

Parution : 1965, 2001 pour la présente édition

Genre : Science-Fiction

 

     Pour le premier article de nos retrouvailles, ami lecteur, il me semblait logique de redécouvrir un roman qui m'a longuement accompagnée. Car Dune occupe une place de choix dans ma bibliothèque et il reste un des récits que j'ai le plus lu et relu depuis que je l'ai découvert, alors que j'usais encore les bancs de l'université -des années à placer désormais sous le sceau de naguère, ou même jadis, outch !-. Peut-être, ami-lecteur, vas-tu marmonner en lisant cette introduction : « Quoi ? AlterVorace choisit un bouquin qu'elle connaît presque par cœur ? Un peu facile hein ? ». Laisse-moi te dire que c'est tout le contraire ! J'étais donc encore jeune et fraîche lorsque j'ai atterri pour la première fois sur Arrakis, alors il me faut tenter de prendre un peu de recul pour redécouvrir le premier tome de cette saga cultissime avec des yeux de femme qui approche la quarantaine. Pas simple... Mais laissons d'abord place à la quatrième de couverture :

     Il n'y a pas, dans tout l'Empire, de planète plus inhospitalière que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l'épice de longue vie, née du désert, et que tout l'univers convoite.
Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui, réfugiés au fond du désert, se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l'Histoire.

     Cependant les Révérendes Mères du Bene Gesserit poursuivent leur programme millénaire de sélection génétique : elles veulent créer un homme qui réunira tous les dons latents de l'espèce. Le Messie des Fremen est-il déjà né dans l'Empire ?

     Lorsque commence Dune, son héros, Paul Atréides n'a que quinze ans, même si sa position d'héritier du duc Leto et les périls qui menacent sa vie le rendent bien plus mature qu'un ado à mèche ou à crête. À la fin de ce premier volume, il n'a même pas vingt ans. C'est ainsi qu'à ma première lecture, j'ai avant tout vu dans l'ouvrage de Frank Herbert un roman d'apprentissage. Oui, Paul devient un homme pendant le récit, un homme confronté au deuil, au Destin, au fanatisme, à la peur, un homme qui devra tout perdre afin de se trouver lui-même. Aujourd'hui, plus de vingt-cinq ans après ce premier rendez-vous avec les Atréides, ce qui m'interroge dans son parcours, c'est la place de la nature, de la civilisation, et de quelle manière le fanatisme peut être instrumentalisé politiquement.

      Peut-être es-tu surpris que je n'aborde pas tout de suite le genre de Dune puisque que le cycle reste considéré comme un des grands classiques de la Science-Fiction. C'est vrai... Sauf que justement, c'est parce qu'il ne se résume pas à un space-opera qu'il est devenu un incontournable du genre. Comme Des Fleurs pour Algernon, les thématiques que l'on peut trouver ici n'ont que peu de rapport avec ce qu'on imagine quand on parle science-fiction... La technologie ne semble détenir que peu d'intérêt pour l'auteur : si elle n'est pas absente de la mythologie, elle reste au second plan. Ce qui compte, ce qui fait écho et nous fascine sur Arrakis, c'est l'humain. Politique, écologie, religion, voilà les trois sujets que Dune met en scène, et de manière plutôt brillante. Au-delà de tout cela, des sujets évoqués dans l'ouvrage, c'est surtout une histoire prenante, fascinante et divertissante. Je sais que certains lecteurs avouent avoir eu un peu de mal à entrer dans cet univers... Effectivement, le monde imaginé par Herbert est complexe mais quand on parvient à s'attacher au jeune Paul, à Dame Jessica et aux Fremens, alors on découvre un récit qui nous transporte et nous fait vibrer.

     Alors, ami-lecteur, même si tu n'es pas amateur de sabre laser ou de voyages intergalactiques, n'hésite pas à te plonger dans le roman d'Herbert, car ce monsieur est un véritable conteur qui, avec quelques mots, nous permet de voyager, nous émouvoir, nous interroger et nous échapper. Que du bon !

Note Globale : 17 / 20