La guerre civile a presque eu lieu en ce mois de décembre 2015. Indépendamment d'idéologies, de religions, de la crise économique et de la désespérance ambiante. Voilà donc une France coupée en deux, comme dans un pathétique écho consumériste d'un passé où l'affaire Dreyfus scindait des familles. Cette résonance pitoyable a occupé les médias pendant plusieurs jours... Elle a concerné les Je-m'en-fous-de-Star-Wars-cette-saga-mercantile-pour-attardés et les Un-sabre-laser-me-fait-frétiller-telle-une-jeune-fille-en-fleur-au-concert-de-Kendji-Girac.

Afficher l'image d'origine

Le septième épisode...

Et moi dans tout ça ? Sur le papier je semble prédestinée à saliver devant la sortie du Réveil de la Force. Parce que j'aime avec passion le Doctor, que j'ai lu Tolkien et suis allée voir Star Wars en 3D un certain soir de la Saint-Valentin avec Ema -oui, je suis une épouse épouvantable. Bref, en toute logique, je devrais me précipiter. Et ressortir de la projection soit en me pâmant de plaisir, soit pleine d'amertume comme seuls savent le faire les fans. Sauf que j'en suis loin. Ne t'y trompe pas ami lecteur, j'ai beaucoup d'affection pour les Star Wars. Et même la prélogie m'a convenablement divertie. Sauf que je n'ai jamais compris pourquoi la trilogie était devenue aussi culte. Certes ses effets spéciaux ont marqué un tournant décisif dans l'histoire du cinéma mais sans -l'excellent- jeu d'Harrison Ford et l'immense Alec Guiness, à mes yeux les films n'auraient pas d'intérêt. Tout cela pour dire que je suis allée au cinéma avec des attentes raisonnables : un divertissement sympathique dans un univers que j'apprécie.

Afficher l'image d'origine

Argh... Alec Guiness...

Et me voilà virtuellement devant toi, ami lecteur, m'apprêtant à livrer mon avis sur ce septième épisode. Et ce ne sera pas une critique. Parce que je ne vais pas analyser le film. Ni risquer de spolier ceux qui veulent se ménager le suspens, seulement t'offrir mon ressenti tel qu'il vient.

J'espérais vraiment que Le Réveil de la Force m'offrirait un moment de cinéma honorable. Ne soyons pas tatillon, le cahier des charges est à peu près rempli. L'univers est là -combats intergalactiques, robots rutilants, héros improbables...-, les effets spéciaux jolis, la musique toujours sublime... Et justement il n'y a QUE cela. Une liste d'impératifs checkés sans audace et sans passion. Au terme des 2h25 du film, seul Harrison Ford s'en tire avec les honneurs. C'est d'ailleurs là où on voit que l'acteur a gardé tout son talent. Parce qu'avec les répliques qu'il se coltine, on aurait pu craindre le pire... Si c'est pas ça avoir du talent...

Afficher l'image d'origine

Toujours la classe malgré les années qui passent...

Quant à Daisy Ridley et John Boyega, les deux héros de cet opus, j'avoue que je n'ai pas vraiment d'opinion, du moins pas objective. Parce que j'ai fait l'erreur de revoir la première trilogie et que, franchement, après le jeu anecdotique de Carrie Fisher dans le rôle de la princesse Leia et l’exécrable contre-performance de Mark Hamill, il m'en aurait fallu beaucoup pour trouver les acteurs mauvais.

Afficher l'image d'origine

Rey et Finn, nos héros

Finalement, les vrais bémols du Réveil de la Force tiennent en deux mot : le scénario et le méchant.

Parce que l'histoire... Par Zeus, l'histoire ! Tu te souviens du premier épi- ah nan le quatre..., bref d'Un nouvel espoir ? Un jeune homme fadasse passe son temps à bricoler des bouts de ferrailles sur une planète toute pourrie. Même que le pôvre il est orphelin. Et voilà que le destin frappe à sa porte et qu'il se retrouve mêlé à la lutte entre le pouvoir et les rebelles. D'un côté du ring : un vilain méchant masqué avec des problèmes de cicatrices et une respiration laborieuse. De l'autre : une zolie résistante à la coiffure rigolote et un contrebandier sexy et irrévérencieux.

Ben pour le Réveil de la Force, c'est un peu tout pareil... Une jeune femme fadasse passe son temps à rechercher des bouts de ferrailles sur une planète toute pourrie. Même que la pôvre, elle est orpheline. Et voilà que le destin frappe à sa porte et qu'elle se retrouve mêlée à la lutte entre le pouvoir et les rebelles. D'un côté du ring : un vilain méchant masqué mais on se demande bien pourquoi. De l'autre, la même princesse en plus vieille et un déserteur pas vraiment sexy qui se fera aider par le contrebandier de jadis, toujours aussi irrévérencieux.

Voilà.

Comment dire ?

Prout.

Et le méchant masqué... Argh...

ATTENTION SPOILERS, pour lire, sélectionner le texte [Sérieusement ?! C'est une parodie ou quoi ? Parce que le coup du méchant déchiré à cause de son héritage familiale, déjà bofbofbof mais quand il enlève son masque, il évoque surtout un ado boutonneux à tête d'arrière train qui quand même se trouve écartelé entre un papa un brin vieux beau, une maman qui se donne des airs de vierge guerrière alors qu'elle a l'âge de l'anti-rides et un grand-papa tout mort mais qui avait la classe. Bref. Le méchant, il craint ! D'un autre côté, les méchants ne peuvent qu'aller de mal en pis dans l'épopée Star Wars. Parce que quand même... Vu que c'est juste la troisième fois ou quatrième fois ? que des rebelles détruisent leurs infrastructures avec la même tactique, on peut se poser des questions sur leurs méthodes de recrutement.]

Afficher l'image d'origine

Ne dirait-on pas un méchant de Bioman ?

Pour conclure, je n'ai pas vraiment adhéré. Tout de même, j'irai voir la suite mais avec des attentes -encore!- revues à la baisse. Déprimant...

 

NOTE GLOBALE : 08 / 20