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Pays : États-Unis

Diffusion  : 2014

Scénario : Nic Pizzolatto

Réalisation : Cary Fukunga

Genre : Drame, policier, judiciaire

Nombre de saison : 1 (8 épisodes)

Statut : en production

Chaîne : HBO

 

Plusieurs éléments auraient dû me faire craindre le pire avec cette série dont la première saison vient de s'achever aux États-Unis -dernier épisode diffusé le 09 mars-. Déjà on parle ici de policier, genre qui ne m'attire pas beaucoup, que ce soit sur écran ou dans un roman. Ensuite True Detective est le dernier buzz de la chaîne américaine HBO. Celle-là même qui est à l'origine de Girls dont le visionnage avait presque été une souffrance pour moi. Bref, je n'étais pas prête de me lancer. Sauf qu'un facteur imprévu à tout changé : Ema. Ma collègue a vu le pilote et m'en a dit le plus grand bien. Connaissant son bon goût, j'ai pensé qu'au pire, je n'accrocherais pas mais que je n'allais pas perdre mon temps.

La traque d'un tueur en série amorcée en 1995, à travers les enquêtes croisées et complémentaires de deux détectives, Rust Cohle et Martin Hart.

Finalement ce n'est pas sur le pilote que portera cette critique mais bien sur les huit épisodes de la saison. Ce qui implique beaucoup de choses puisque la création de Nic Pizzolatto est une série d'anthologie. Mais kézaco ? Très simple : pour chaque saison, une nouvelle intrigue et de nouveaux héros. Moi qui apprécie particulièrement les séries asiatiques parce qu'elles ont le bon goût -très souvent- de se résumer à une saison, je peux te dire que le concept me plaît infiniment. Il en va de même pour toute œuvre : elles sont meilleures quand l'auteur -romancier ou scénariste- a déjà écrit toute l'histoire. Ben oui, c'est comme ça.

Cette chronique peut dont porter sur l’œuvre complète. Mais rassure-toi ami lecteur : aucun spoiler dans mon article, je n'ai pas envie de risquer ma vie ou de te gâcher le plaisir.

Après cette entrée en matière aussi longue que l'agonie d'Emma Bovary, il me semble que tu as déjà compris : je vais te dire beaucoup, beaucoup de bien de la série d'HBO.

Avant tout, on peut le dire, la chaîne en question a décidément le mérite de nous offrir des génériques extraordinaires -Game of Thrones ou True Blood sont des bijoux-. Celui de True Detective est sublime. Cette série de photos qui offrent des jeux de superpositions et de transparence nous plonge tout de suite dans l'ambiance.

 

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Esthétiquement très beau, c'est plus d'une minute de bonheur artistique. Alors oui, on pense au générique de True Blood. Mais alors que tant de dramas nous donnent des génériques à peine dignes d'un mauvais soap, on ne va faire la fine bouche quand un réalisateur comprend que ce dernier fait partie de l’œuvre, au même titre que les dialogues.

 

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Notons en plus que la musique colle parfaitement avec un titre country très chouette du groupe The Handsome Family : Far From Any Road.

D’ailleurs l'Ost de True Detective reste de grande qualité tout au long des épisodes -faudra que je me dégote l'album-. Bref, dès la séquence d'ouverture, j'ai été happée par l'ambiance. Mais qu'en est-il de la série en elle-même ?

De l'histoire, j'en dirai donc le moins possible. Sur le papier : deux policiers, Rust Cohle et Martin Hart racontent leur enquête sur un meurtre commis en 1995 en Louisiane. Sur l'écran, on se retrouve finalement avec trois personnages principaux -oui, oui- : Cohle, Hart et la Louisiane.

Rust Cohle est le personnage qui frappe le plus le téléspectateur durant le premier épisode. Les critiques n'ont d'ailleurs que le nom de son acteur à la bouche : Matthew McConaughey. Je les comprends. Le comédien nous offre une très belle composition. Il faut dire que le personnage de Rust est assez fascinant. Des dialogues mystiques, un aura de mystère, tout nous donne envie d'en savoir plus sur l'enquêteur. Là où le scénariste a fait un travail remarquable -appuyé par le jeu de McConaughey- c'est qu'au fil des épisodes, Cohle ne perd pas son attraction mais parvient à esquisser une psychologie complexe et passionnante.

 

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McConaughey dans le rôle de Rust Cohle

 

Avec un tel acolyte, on a tendance, au départ, à négliger un peu le rôle de Hart. Heureusement, très vite, le personnage nous surprend par sa consistance. Ce n'est pas le faire valoir qu'on aurait pu craindre. Il faut dire qu'ici encore, le casting a tout bon avec un Woody Harrelson impressionnant. Tout au long de True Detective, les deux héros font preuve d'une vraie humanité, dans le sens où plusieurs facettes les composent.

 

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Hart campé par Woody Harrelson

 

Quand je t'ai parlé des personnages, j'ai mentionné la Louisiane en même temps que les héros. Car oui, les paysages ne sont pas de simple toiles de fond dans la réalisation de Cary Fukunga. Loin de là.

 

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La moiteur du bayou tient un rôle conséquent dans le récit. Il faut dire que Fukunga nous offre une réalisation de qualité qui se distingue par sa beauté.

 

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En plus de cela, le réalisateur a pris de vrais risques avec un plan séquence -qui a fait le buzz sur la toile- de 6 min lors du quatrième épisode. Ce genre de prouesses techniques n'est pas seulement risqué en terme d'adhésion du public mais en terme de cohérence. Faire mumuse avec la caméra, c'est très bien mais encore faut-il que cela serve le récit. Et là, on a tout bon. Ce plan met en valeur les enjeux dramatique de l'épisode.

 

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Pour finir, parlons un peu plus du fond : l'enquête et les dialogues. Les amateurs de polar trouveront peut-être qu'on reste dans une enquête assez classique et il est vrai que sans la construction particulière de cette dernière, on tombe dans des trucs déjà vus. Mais peu importe. Ce qui compte c'est qu'on se laisse prendre au jeu car l'histoire est merveilleusement transcendée par tout le reste : réalisation, musique, dialogue, jeu des acteurs.

 

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Enfin on ne peut pas réduire True Detective à une « simple » enquête. La série nous parle surtout de deux hommes face à leurs doutes et leurs faiblesses dans une quête épuisante de la vérité. Leurs rapports au monde, avec leurs proches, ce en quoi ils croient, tout cela donne à la série une profondeur incroyable.

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Si tu as eu le courage de lire cette critique en entier ami lecteur, je pense que tu as compris que True Detective est un petit bijou. Une série qui sait prendre le temps de piéger le téléspectateur dans sa toile et le laisse en manque après le dernier épisode. Pour dire, je compte la revoir très vite, en savourant mon plaisir.

 Pour le plaisir, le générique :

True Detective - Opening [HD]

Note Globale : 17 / 20