roman-histoire-d-un-rouge-incomparable

Édition : TDO éditions

Parution France : février 2014

Genre : roman historique

 

Bien qu'appréciant énormément l'Histoire, la Révolution n'est pas une période que je connais bien. Encore moins la Terreur. Il faut avouer que ma dernière plongée dans cette époque date de Caroline Chérie qui avait écopé d'un magnifique 05/20. De quoi refroidir le plus motivé des lecteurs. Quand on m'a proposé cet ouvrage, j'ai accepté tout de suite, espérant peut-être effacer ce traumatisme intellectuel qu'a été le récit de monsieur Laurent il y a un peu moins d'un an.

1791, Élisabeth Coste décide d’adopter une petite fille abandonnée. À cette occasion, elle retrouve Joseph Durand, revenu à Montpellier après plus de 25 ans d’absence et devenu juge de paix. Leurs retrouvailles les bouleversent. Séparés avant la Révolution par leur différence de statut social, ils le seront, cette fois, par les circonstances politiques.

Sœur d’un prêtre réfractaire déporté, Élisabeth Coste voit tous ses biens confisqués. Alors que les Espagnols sont annoncés aux portes de Montpellier et que la rumeur d’une famine sans précédent s’amplifie dans une ville déjà « en état de détresse » Élisabeth, acculée financièrement, n’a qu’une idée en tête : éviter que sa fille ne meure de faim. Sur les conseils de sa jeune domestique Catherine, elle décide de faire cuire des galettes, « sortes de pain » qui ont la particularité de se conserver très longtemps. Or quelques semaines plus tard la municipalité interdit aux particuliers de conserver de la farine chez eux.

Dès lors, Joseph, révolutionnaire convaincu, assiste impuissant au harcèlement judiciaire que subit la femme qu’il aime. Son amour suffira-t-il à la sauver ? Ses rêves de justice et d’égalité résisteront-ils à la réalité ?

Autant l'avouer tout de suite, j'ai eu du mal à me plonger dans le récit de madame Chouraqui. Les débuts entre son ouvrage et moi ont été assez timides, on s'est tournés autours quelques chapitres. Puis la magie a opéré. Je me suis retrouvée impliquée dans l'histoire d’Élisabeth -et des autres-. J'ai eu peur avec les personnages, j'ai espéré avec eux et j'ai été en colère.

Tout ce que j'aime dans les romans historiques est présent : la rigueur, la peinture d'une époque et d'un lieu, le souffle romanesque. Il faut dire que madame Chouraqui, Docteur en Droit, a soutenu une thèse en Histoire du Droit et que c'est ainsi qu'elle s'est trouvée plongée dans cet épisode de la Terreur. Autre point fort du roman : le contexte géographique, puisque nous nous trouvons à Montpellier. Je ne connais pas du tout l'histoire de cette ville et j'ai eu le plaisir d'apprendre beaucoup de choses.

Bien que style de l'auteure soit parfois très classique, le choix du sujet offre au lecteur des questionnements universels. Il est question de justice, il est question d'humanité, il est question d'indignation.

Pour un premier roman, j'avoue avoir été impressionnée. J'espère que Véronique Chouraqui n'en restera pas là et nous fera visiter d'autres époques, d'autres affaires, d'autres lieux.

Note Globale : 14 / 20