wells

 

Date de parution : 1895

 

La terre en l'an 8701 avait pourtant toutes les apparences d'un paradis. Les apparences seulement. Car derrière ces jardins magnifiques, ces bosquets somptueux, cet éternel été où les hommes devenus oisifs n'ont à se préoccuper de rien, se cache un horrible secret.

Ainsi témoigne l'explorateur du temps face à des auditeurs incrédules. Depuis la conception de son incroyable machine jusqu'à son voyage au bout de l'Histoire, là où l'humanité s'est scindée en deux. D'un côté les Éloïs, qui vivent en surface, petits êtres gracieux, doux et décérébrés. De l'autre les terribles Morlock qui ont fuit la lumière pour s'enterrer dans un gigantesque et inhospitalier monde souterrain. Un monde où l'explorateur du temps devra s'aventurer s'il souhaite répondre à ses questions, et surtout revenir à son époque.

 

Je re rappelle ami lecteur, que tu peux m'envoyer ton avis sur l'ouvrage par mail -CulturoVoraces@gmx.fr ou participer dans les commentaires. Ce serait chouette. Si tu as toi-même un blog/site et que tu as publié ton avis chez toi, laisse-moi le lien que je puisse te mettre dans la récap. Merci.

 

Les avis

 

AlterVorace

Avouons-le, j'ai été assez désarçonnée par ce court roman. Pourtant j'ai lu assez de Jules Verne pour savoir qu'on ne peut pas s'attendre à lire un récit fantastique/d'aventures du 19ième comme on lirait un ouvrage contemporain. La Machine à explorer le temps est donc à replacer dans son contexte : que ce soit dans les domaines scientifique, littéraire ou sociale. Lu dans le cadre du Challenge « Histoires de temps », je pense que l’intérêt du récit quant à notre thématique réside dans le fait qu'il a fondé une partie de la science-fiction moderne.

Roman d'anticipation avant tout, le voyage dans le temps dans l’œuvre est finalement assez anecdotique. Il sert de prétexte à la satire social. Car comment ne pas reconnaître la critique que Wells fait de son temps où Londres, capitale industrielle, voit sa population se scinder en deux : d'un côté les nantis, de l'autre la classes ouvrière. Premier ouvrage de Wells, La Machine à explorer le temps exprime un socialisme un peu benêt mais attendrissant. Le lointain futur qu'il nous décrit est la dégénérescence ultime du système que l'auteur critique. Les Eloïs, descendants des nantis, sont un peuple à la mollesse extrême. Ils semblent incapables d'autre chose que d'exister. Sous terre, les Morlocks, à force d'être exploités à outrance, sont devenus des animaux qui se nourrissent des Eloïs. Bref, Wells nous montre la décadence de la civilisation -comme le confirme la présence de constructions en ruines-. Afin de mener à bien cette dénonciation, l'écrivain utilise beaucoup les théories de Darwin.

Sans cette indignation manifeste de l'auteur, le roman perdrait -je pense- tout intérêt. La romance entre le héros et Weena est certes sympathique mais elle n'a pas provoqué beaucoup d'émotion en moi. Il faut dire aussi que la construction narrative du récit est loin d'être un procédé que j'affectionne. Presque tout le roman n'est qu'un monologue de l'explorateur. Celui qui rapporte ce dernier, le véritable narrateur, est un ami du voyageur. Structure narrative bien menée mais qui enlève quand même, je trouve, de la spontanéité au récit. Les longues descriptions m'ont aussi parfois plongée dans une torpeur indéniable.

Œuvre fondatrice d'une partie entière de la littérature de science-fiction moderne, La Machine à explorer le temps reste une très belle démonstration de dénonciation sociale. On sent toute l'indignation de Wells confronté aux injustices sociales de son époque. Le voyage dans le temps n'est qu'un prétexte même si l'idée de départ est passionnante. L'intrigue est très simple et, logique, on n'est pas confronté aux problématiques temporelles qui sont aujourd'hui le noyau de la plupart des œuvres qui abordent le voyage dans le temps. Reste un récit agréable mais, franchement, que je ne relirai pas. Le passage qui m'aura finalement le plus touché est celui où le Voyageur, en voulant rejoindre son époque, fait un autre bond dans le futur et nous raconte un monde sans vie humaine.

En conclusion, je continue à penser qu'il aurait été difficile de ne pas inclure La Machine à explorer le temps dans notre challenge. Pourtant, cette lecture me confirme que ce qui m'interpelle dans notre thématique est plus le sujet des paradoxes temporels que le voyage en tant que tel.

N'hésite à envoyer ton avis sur le livre -CulturoVoraces@gmx.fr- ou à le laisser dans les commentaires. Si tu publie ta critique sur ton propre blog ou espace perso et que tu ne veux pas qu''il paraisse ici, laisse-nous le lien pour qu'on puisse le relayer. Merci.

 

Prochain rendez-vous le 10 janvier avec un très probable Culture Pourrie :Les Daleks envahissent la terre - Gordon Flemyngde H. G. Wells.