Depuis le vampire en mousse, ami lecteur, je n'avais plus mis de Harlequin à l'honneur sur ce blog. Comme je sais de source sûre que certains d’entre vous sont friands de ce genre de chroniques, j'ai eu le courage et la générosité de me sacrifier encore une fois en puisant dans le méandre des romans d'amûûûûûûûûr - mais non je n'exagère jamais mon héroïsme. Afin de « mieux » choisir l'ouvrage sur lequel j'allais me défouler, je me suis plongée dans nos anciennes harlequinades. Je me suis alors rendue compte que je m'étais souvent acharnée sur les même collections. Or un des mes billets préférés est « Frigidité, petite annonce et aurore boréale » qui concerne la sublime collection Audace de la maison d'édition des petits cœurs en sucre roses. Kézaco ? Selon Harlequin : Des romans d'amour où passion, audace et sensualité se rencontrent. La collection Audace vous plonge dans un univers intense et sexy. Je vais te résumer tout ça d'une manière beaucoup plus rapide : Audace c'est quand l'amour passe par le clitoris. Rien que ça.

Vu que le clitoris c'est la vie, je me suis donc décidée à lire une romance estampillée Audace.

Commençons donc par un sujet capital : la couverture. Comment reconnaître une romance dans laquelle l'amûûûûûr passe par le clitoris ? C'est simplet comme un morceau de David Guetta et certaines caractéristiques ne trompent pas. Déjà l'héroïne a généralement les yeux fermés -peur de voir le loup en vrai?-. C'est le cas pour celui d'aujourd'hui d'ailleurs. Des exemples ?

 

yx fermé

 

yx fermés

 

 

volupte

 

L'autre classique des couvertures Audace ? La bretelle qui tombe sur une épaule nue. Ce doit être un truc des années 90. Comme ça :

 

bretelles

 

bretelle qui tombe

 

Il y a même quelques bouquins qui associent YeuxFermés ET BretelleBaissée. Tiens :

 

bretelle + yeux

 

Bref... Passons sur le si vaste sujet des couvertures Harlequin -je devrais en faire un article à part tellement il y a à dire-. Et plongeons dans la piscine de la passion selon Harlequin et Rhonda Nelson. Une aventure pleine de Oups, de Badaboum et de Hummm j'ai envie de toi.

L'héroïne qui veut prendre Les Chemins de la Volupté se nomme Samantha McCafferty. Notre aventurière de l'orgasme a 25 ans et s'apprête à entamer ses vacances. Tous les ans, elle se rend dans la maison d'hôtes -qui ressemble à un hôtel... peut-être une erreur de traduction...- de son meilleur ami, Hank. Mais Sam ne veut pas profiter de ce séjour comme elle l'a fait ces dernières années. Nan. Elle veut partir en quête de l'Orgasme -oui, oui à majuscule, c'est dire...-. Parce que la pauvrette n'a eu qu'un seul amant dans sa vie, le temps d'une nuit, qu'elle était complètement saoule et que -logique- elle n'a pas connu le plaisir. Mais il y a un globe oculaire dans le cocktail de l'amûr : la jeune femme n'est pas une bonasse. M'enfin selon les critères Harlequin. Heureusement Sam est intelligente -toujours selon les critères Harlequin-. Donc elle a décidé de se prendre en main -nan, nan, elle n'a pas décidé de trouver l'Orgasme seule, sinon on ne serait pas chez la maison d'édition de l'amûr-. Pour cela elle a remodelé sa silhouette, changé de coiffure, mis du vernis à ongles et blablablablablablabla. Mais chez Harlequin, les complexes de l'héroïne sont en général de taille proportionnellement inverse à celle de leur cerveau, Sam pense donc que son apparence ne suffira pas à attirer le bel étalon d'une nuit qui lui fera prendre les « chemins de la volupté ». Nan. Alors en tant que diététicienne elle a mis au point un régime. Oui, un régime. Le « régime phéromones », à base de crustacés et de fruits de mer. Cette alimentation aurait la propriété de la rendre méga attirante pour les mâles. Déjà là, j'ai rigolé. Mais il y a une testicule dans la bouillabaisse... Sam est allergique aux fruits de mer. Oui. Le Plan Orgasme serait compromis ? Que nenni ! La gourdasse se goinfre de médocs et passe son temps à avoir des démangeaisons -glamour hein?-.

Donc la jeune femme débarque à l'hôtel, les valises pleines de bikinis sexys, de capotes et d'antihistaminiques. Sauf qu'il n'y a nulle trace de sa réservation, Tina la RéceptionnisteQuiche a merdé. Oups. Alors Hank débarque, se fige devant la nouvelle apparence de sa meilleure amie et lui propose de partager sa chambre. Et là badaboum. On apprend que la gourde « JeSuisAllergiqueMaisTantPisJeVeuxUnOrgasme » est amoureuse de lui depuis toujours. Ce qu'il ne sait pas. Et rebadaboum -on aime bien les badadoum chez Harlequin-, on apprend que Hank a toujours eu envie de faire une séance de frottisfrottas avec Sam mais qu'il ne voulait pas ternir leur si belle amitié. Admettons.

Rappelons la situation. Sam veut trouver un étalon pour avoir -enfin- un orgasme. Pour cela elle s'est changée en bonasse et mange plein fruits de mer en se bourrant de cachets. Elle aime son meilleur ami en secret. Lui est un BôGosse. Il désire Sam depuis qu'elle a des nichons mais a vaillamment résisté pour ne pas compromettre leur Namitié. Et ils vont partager une chambre. Pratique. Or, à peine l'héroïne a-t-elle déposé ses valises que le BôGosse trouve sa provision de préservatifs. Oups. Alors elle lui dit qu'elle a bien l'intention de s'amuser. Puis elle part faire la belle au bord de la piscine. Très vite, une horde de prétendants l'entoure et tente de la ramener dans leur chambre lui conte fleurette. Hank n'apprécie pas. Mais alors pas du tout. Donc il mets les soupirants en fuite. -Il est foooooooort-. Le seul qui persiste est un certain Jamie. Un pote à lui. Qui lâche pas l'affaire malgré de multiples interventions du héros. Sam commence d’ailleurs à trouver ça un tantinet fatigant. Alors elle lui parle du Plan Orgasme -c'est écrit comme ça dans le bouquin, vrai de vrai-. Elle lui dit donc un truc du genre : « j'ai jamais eu d'orgasme. J'en veux un. Je cherche une aventure pour ça. Reste en dehors de mes affaires ou je deviendrais toute rouge ». Le pôvre meilleur ami est tout troublé.

Donc voilà. Hank souffre. Sam se démange. Jamie attend son heure. Sauf que le jeune premier décide de tenter le tout pour le tout et que finalement l'amitié c'est un peu surfait. Et décide de lui parler :

- Tu sais, Sam, commença-t-il en se grattant la nuque. J'ai pas mal réfléchi...

Sam marmonna une vague réponse en continuant de préparer la recette.

- A quel point tiens-tu à avoir cet orgasme dont tu m'as parlé ? demanda-t-il en faisant un effort surhumain.

- Je suis prête à tout pour y arriver.

- Dans ce cas, d'accord, finit-il par articuler.

Samantha pouffa de rire -oui parce qu'on peut pouffer de larmes chez Harlequin- et le dévisagea longuement.

- Je ne me souviens pas t'avoir demandé la permission ! rétorqua-t-elle tandis que ses grands yeux verts s'embrasaient.

Hank parvint néanmoins à sourire et prononça les mots qui allaient altérer à jamais leur amitié :

- Je ne te la donne pas. En revanche, je t'offre mes services...

Là tu te dis peut-être que le tour est joué. La belle va accepter. C'est le cas. Le héros va mettre moins de dix minutes à lui faire connaître le fameux Orgasme. C'est aussi le cas. Puis il vont baiser faire l'amour plein de fois et bien sûr ils s'aiment pour de vrai dans le fond de leurs petits cœurs. Encore et toujours le cas. Sauf que Sam continue à se goinfrer de crevettes et d'huitres. Et à se démanger. Alors cette gourdasse se persuade que le désir de son bel étalon n'est que la conséquence du Régime Phéromones. Oups. Et au moment où Hank va déclarer tout son amour blablablabla, badaboum ! la belle fait un malaise et se retrouve à l'hôpital. Le pot au rose bonbon est dévoilé. BôGosse se fâche un peu devant l’inconscience de la gourde. Normal. Puis il lui dit qu'il l'aime toussatoussa. Et là, rererebadaboum. Elle dit que c'est à cause du régime. Qu'il ne l'aime pas pour-de-vrai-de-vrai. Elle fait sa valise et se casse. Oooooooooooooooooooooooh. Chez elle, entre deux crises de larmes, elle reprend ses anciens cheveux mal coiffés et une alimentation normale. Puis Hank sonne à sa porte et une pluie de cœur tombent sur eux. C'est bôôôôôôôôôô.

Là, tu dois te dire que ce bouquin est quand même bien gratiné. Ouais. Et encore tu n'as pas tous les éléments. Parce que sur Les Chemins de la Voluptés, on a le temps de croiser un t-shirt kitsch marqué « Attrapez-moi, dépouillez-moi, mangez-moi toute crue », des rires cristallins, des sourires impénétrables -contrairement à l’héroïne-, des soupirs, des cœurs serrés et une élection de Miss Plage où les concurrentes doivent cuisiner du poulet frit,...

Finalement, la seule véritable audace dans cette histoire c'est de la lire.