ikea

 

Édition : Le Dilettante

Parution : août 2013

Classement : roman, conte, comédie

 

Après deux déceptions dans mon exploration de la rentrée littéraire 2013, je me suis demandée si j'arriverais au bout de cette expédition sans séquelles neurologiques et/ou psychiatriques. Que veux-tu, bloguer n'est pas toujours facile. J'avais besoin de retourner aux sources de la littérature. Non pas en terme de culture mais en terme de fonction. Je voulais qu'on me raconte une histoire. Cela peut paraître simple mais trouver ce bonheur simple dans une librairie quand tu as passé 10 ans, c'est plus ardu qu'il n'y paraît, à moins de se détourner un peu du rayon « littérature générale » et d'aller baguenauder vers la fantasy, le fantastique, la science-fiction. Lors de la grande messe de la rentrée littéraire, cela me semblait presque impossible. Puis j'ai trouvé l'ouvrage de monsieur Puértolas. Je me suis alors dit que je pouvais tenter le coup. Soit on allait me raconter une histoire, une vraie, comme une chanson de geste en prose, soit j'allais encore me retrouver devant un de ces bouquins au titre à rallonge mais aux idées courtes...

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, c’est une aventure rocambolesque et hilarante aux quatre coins de l’Europe et dans la Libye postkadhafiste, une histoire d’amour plus pétillante que le Coca-Cola, mais aussi le reflet d’une terrible réalité : le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle. Un roman dont le titre peut à lui seul provoquer des insuffisances respiratoires chez ceux qui tentent de le prononcer d'une seule traite !

« Le premier mot que prononça l’Indien Ajatashatru Lavash Patel en arrivant en France fut un mot suédois. Un comble !

Ikea.
Voilà ce qu’il prononça à mi-voix. Cela dit, il referma la porte de la vieille Mercedes rouge et patienta, les mains posées sur ses genoux soyeux comme un enfant sage. »

Youpi ami lecteur, j'ai eu le droit à mon conte sans prétention. Enfin on veut me divertir sans pour autant me prendre pour une idiote. Enfin on me parle d'aventures merveilleuses et loufoques. Enfin on me sert de l'humour en veux-tu en voilà. Pas toujours très fin l'humour mais cela me convient parfaitement.

Premier roman de Romain Puértolas, l'ouvrage est une chouette fable dans le sens le plus pur du terme : nous donner une leçon de vie de manière plaisante. Si la morale est un peu convenue, le coté burlesque et satirique est particulièrement réussi. Le périple d'Ajatashatru Lavash Patel nous embarque sans difficulté et sans complexe dans un monde qui fait un peu penser à l'univers des Monty Python. Les dialogues sont piquants et enlevés, le récit foisonne de jeux de mots et on sent à quel point l'auteur aime écrire. Sa jubilation transparaît à chaque page et en devient contagieuse.

Un roman que l'on a envie d'offrir autour de soi pour mettre de la couleur dans cette grisaille de rentrée.

NOTE GLOBALE : 15 / 20

 Suite à cette chouette lecture, j'ai eu envie de poser quelques questions à l'auteur, Romain Puértolas qui a eu la gentillesse de se prêter au jeu...

AlterVorace : L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea est votre premier roman publié et il est déjà vendu dans pas moins de 30 pays... Une réaction ? Une théorie ? Un chant de la victoire ??
Romain Puértolas : 32 aujourd’hui. Ma réaction ? C’est incroyable. Il n’y a pas d’autre mot. Concrètement, j’ai écrit ce livre pour 4 personnes, qui sont ma femme et des amis, des habitués de mes manuscrits, de mes histoires, et voilà qu’il va être lu dans la plus grande partie du globe. C’est comme si j’avais basculé dans une autre dimension. Tous les matins, je me demande s’il s’agit bien de moi que l’on parle.

Si de mon côté j'ai lu L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea comme une fable -dans le sens « d'histoire divertissante mais porteuse de sens »- comment qualifieriez-vous ce récit ?

Une aventure humaine incroyable. Un voyage initiatique, mais aussi un vrai voyage « physique », avec un moyen de locomotion qui deviendra peut-être usuel dans le futur, mais qui n’en est encore qu’à ses balbutiements, le voyage en armoire…

LA question qu'on a déjà dû vous poser mais qui préoccupe tout le monde : pourquoi un fakir ? Comment vous est venue cette histoire ?

C’est la liberté de l’écrivain, de pouvoir prendre vie, ou se réincarner sous de multiples formes, vivre mille vies. Je connaissais le monde des fakirs, de la magie, c’est donc tout naturellement que je me suis tourné vers ce personnage.

En lisant votre roman, je n'ai pas pu m'empêcher de penser un peu à l'esprit des Monty Python, alors je suis curieuse de connaître vos sources d'inspiration ou les univers que vous estimez proches du vôtre ?

Je vais vous avouer quelque chose, je n’ai jamais regardé les Monty Python. Mes inspirations pour le voyage sont les manuels de survie que mon père m’achetait, les Tintin, les Jules Verne. Pour l’humour, c’est la littérature espagnole et allemande. Tout m’inspire. Les gens dans le métro, Toutes les situations cocasses de la vie.

Les critiques semblent étonnés par votre ouvrage, parson ton humoristique et décalé. Sur le site de L'express -lien- l'article est titré « Curiosité ». Contrairement à l'Allemagne, l'Espagne, ou l'Angleterre, la comédie n'est pas très présente dans les parutions françaises. Est-ce que vous le déplorez ? Et êtes-vous vous-même lecteur de comédie ?

Deux auteurs français ont réussi à me faire rire tout seul dans le métro. Jaenada (pour Le Cosmonaute) et Olivier Maulin (Les lumières du Ciel). Effectivement, à part ça, il faut aller chercher les livres légers et qui font du bien dans d’autres cultures et pays.

Vous êtes fonctionnaire de police aux frontières et les aventures de Ajatashatru Lavash Patel va le mener à côtoyer les difficultés des clandestins... Est-ce un sujet qui vous tient à cœur ? Comment ont réagi vos collègues ?

On parle de ce que l’on connaît. C’est tout naturellement que mon personnage s’est retrouvé confronté à des clandestins puisque c’est mon travail. Mes collègues ont aimé le livre. Certains ont même été touchés par les moments où je décris les clandestins, des passages plus profonds et tristes, alors qu’ils travaillent avec moi sur la même thématique tous les jours.

Avant de vous laisser, pourriez-vous nous parler un peu de vos futurs projets ? Un deuxième roman est-il en préparation ?

Le deuxième roman est déjà écrit. Mon éditeur a eu un coup de foudre. C’est un mélange aigre-doux, comme la nourriture asiatique. On rit beaucoup, et puis il y a un thème grave aussi. Les deux composants de la vie, quoi.

Merci encore à l'auteur pour sa gentillesse... Si tu veux en savoir plus, tu peux trouver son site ICI.