noth

Édition : Albin Michel

Parution : août 2013

Classement : roman

 

L'auteure qui nous intéresse aujourd'hui, est, comme chaque septembre, une valeur sûre des ventes de la rentrée littéraire. Chaque année nous apporte son Amélie Nothomb. Ses inconditionnels étant nombreux, il va de soi que l'ouvrage aura une place sur le Net et dans les médias. J'ai beaucoup apprécié certains de ses ouvrages -Hygiène de l'assassin restant mon préféré- et si ma bibliothèque contient un exemplaire dédicacé de madame Nothomb, je ne fais pas partie de sa horde de groupie. Disons-le, à mes yeux, c'est un écrivain estimable, une conteuse. Bien que sa production soit inégale, je ne rechigne généralement pas à me plonger dans son univers. Du moment qu'on est lucide -Nothomb fait du Nothomb, on est rarement surpris-, ce moment de lecture est souvent agréable. Pour cette cuvée 2013, l'auteure nous ramène au Japon à l'occasion d'un documentaire durant lequel elle accomplit un sorte de pèlerinage sur les pas de sa jeunesse.

Tout ce que l'on aime devient une fiction. La première des miennes fut le Japon. A l'âge de cinq ans, quand on m'en arracha, je commençai à me le raconter. Très vite, les lacunes de mon récit me génèrent. Que pouvais-je dire du pays que j'avais cru connaître, et qui, au fil des années, s'éloignait de mon corps et de ma tête ?

A aucun moment je n'ai décider d'inventer. Cela s'est fait de soi-même. Il ne s'est jamais agi de glisser le faux dans le vrai. Ce que l'on a vécu laisse dans la poitrine une musique : c'est elle qu'on s'efforce d'entendre à travers le récit. Il s'agit d'écrire ce son avec les moyens du langage. Cela suppose des coupes et des approximations. On élague pour mettre à nu le trouble qui nous a gagné.

Dans la majorité de mes « chroniques littéraire », ami lecteur, je t'ai habitué à des avis plutôt tranchés. Quand j'aime, je fais preuve d'un enthousiasme passionné. Quand je n'aime pas, j'ai tendance à faire preuve d'une verve qui frôle la méchanceté. Je suis une lectrice un peu sentimentale, c'est comme ça. Écrire une critique est un moment que j'adore, aussi bien pour parler des ouvrages qui m'ont plu que ceux que j'ai détestés. Les seuls moment où l'écriture me paraît inconfortable est lorsque je tombe sur un ouvrage qui me laisse vaguement indifférente. Comment bien parler de tiédeur ? Certains scribouillards beaucoup plus talentueux que moi réussissent avec éclat cet exercice qui m'ennuie. Je sais, je sais. Je parle beaucoup de moi aujourd'hui. Mais je te l'ai dit, je ne suis pas douée pour parler des livres qui ne provoquent pas grand chose en moi. La nostalgie heureuse n'est sans doute pas mauvais. Mais à mes yeux, il est évitable. J'ai trouvé quelques paragraphes émouvants, quelques réflexions intéressantes dans le récit d'Amélie Nothomb. Mais bof. Voilà, j'aurais pu résumer mon impression ainsi : Bof. J'ai lu sans plaisir ni plaisir puis j'ai fermé l'ouvrage sans vraiment y penser. A vrai dire, j'étais déjà un peu dans le livre suivant : Que vais-je lire ? Tiens et si...

Quand je porte aux nues un bouquin, je ne comprendrais pas que l'auteur me saute à la gorge pour m'en faire le reproche. Quand je porte à un autre quelques coups bien sentis, l'idée que l'écrivain m'en garde préjudice me paraît un peu absurde -je ne suis qu'une humble blogueuse sans statut ni légitimité, il devrait se foutre de mon article-. Par contre, je comprendrais que madame Nothomb m'en veuille si elle lisait ces mots. Quoi ?! Je lis un récit, un roman, un livre et j'en parle si mal ? Désolé ami lecteur. La tiédeur ne me va décidément pas. Bref, à réserver peut-être aux inconditionnels. 

 

NOTE GLOBALE : 09 / 20