tartes

 

Édition : Alma Editeur

Parution : août 2013

Classement : roman

 

Depuis quelques temps, la mode est aux titres de romans longuets et/ou avec du miam-miam à l'intérieur. Bonne ou mauvaise idée, je ne saurais le dire mais cela a au moins le mérite de garder le contenu de l'ouvrage mystérieux. Quand je me suis retrouvée à ouvrir Tartes aux pommes et fin du monde, je ne savais pas du tout dans quoi je me lançais. Même le résumé, je l'ai découvert après ma lecture :

Alors qu'une caissière s'échine à trouver le code-barres sur une boîte de maquereaux, un garçon et une fille tombent en amour. Celui-ci s'attache à un collègue en manutentionnant des palettes de conserves pour animaux et remercie la propriétaire de son studio pour la tarte aux pommes qu'elle lui apporte. Sa nature contemplative a bien compris que les chiens ne volent pas, même avec des ailes en carton, que la chute des corps est inévitable - comme les claques dont son père n'était pas avare. Il ignore encore ce qu'on peut habilement faire avec un revolver...

Il fallait bien que ça arrive, après deux très bonnes pioches parmi les titres de la rentrée littéraire, je tombe sur un moment d'ennui abyssal. Pourtant, je suis persuadée que ce court roman aura pas mal de succès. Déjà grâce à son titre, si plaisant sur les étalages de nos librairies. Enfin à cause de la plume de l'auteur. Comment t'expliquer ? Le narrateur nous raconte sa petite vie, de son enfance auprès d'un père alcoolique à son amour déçu avec la jolie Alice. Après leur rupture, le héros sombre peu à peu dans une dépression profonde durant laquelle il trouve un substitut à la femme aimée en achetant un « flingue » et en le traitant comme son compagnon de route. Voilà. Le tout est raconté avec des phrases très courtes et moult images enfantines. Pour être franche, j'ai cru au début que le narrateur devait avoir 10 ou 11 ans. Mais non. C'est un jeune adulte. Au fil des pages, j'ai eu l'impression que c'était Forrest Gump au pays de la dépression. Soit, je comprends le parti pris de parler de choses graves sur un ton décalé. Sauf qu'ici ce n'est pas l'ironie ou la poésie qui affleure des pages mais l’innocence d'un être fortement limité intellectuellement.

Je suppose que certains lecteurs vont se pâmer devant la légèreté du style, la « délicatesse de sa poésie ». Chacun son point de vu. Mais personnellement, je n'avais pas spécialement envie de lire « Corky au pays du suicide ». Peut-être que ces dernières années, j'ai trop lu de ce genre de récit qui parle « avec tendresse des choses difficiles de la vie ». Si on me ressert encore une fois de cette putain de tendresse, je risque fort de recommencer, comme du temps de Gounelle, à avoir envie de tuer des bébés chats.

Avant de te laisser, ami lecteur, mettons les choses au point. Cette critique n'engage que moi blablablablabla. Si tu as aimé, tu peux toujours le dire mais sache que tu ne me feras pas changer d'avis.

 

NOTE GLOBALE : 05 / 20