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Édition : Flammarion

Parution : août 2013

Classement : roman

 

Si tu es abonné à la newsletter de ce blog, ami lecteur, tu sais que cet article n'était pas prévu. Quand Babelio m'a proposé cet ouvrage contre une critique, j'ai accepté parce qu'il y est question du Japon.

Avant d'ouvrir ce roman, j'avais prévu la publication de ma critique début septembre. Puis j'ai dévoré Les évaporés et j'ai eu envie de te faire partager ce coup de cœur sans attendre... L'ouvrage sortira le 21 août au milieu des 555 publications de la rentrée littéraire, j'essaierai de vous parler de quelques unes d'entre elles.

Ici, lorsque quelqu’un disparaît, on dit simplement qu’il s’est évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce qu’il n’y a pas de crime, ni la famille parce qu’elle est déshonorée. Partir sans donner d’explication, c’est précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là. Comment peut-on s’évaporer si facilement ? Et pour quelles raisons ? C’est ce qu’aimerait comprendre Richard B. en accompagnant Yukiko au Japon pour retrouver son père, Kaze. Pour cette femme qu’il aime encore, il mènera l’enquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de San’ya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Sendai. Mais, au fait : pourquoi rechercher celui qui a voulu disparaître ?

Avant d'ouvrir l’œuvre de Thomas B. Reverdy, je ne connaissais rien du phénomène des Johatsu, des évaporés japonais. Au pays du soleil levant, des dizaines de milliers de personnes vivent, tels des fantômes, sans existence légale. Ils se sont évaporés du jour au lendemain, ils ont disparu et laissé derrière eux leur vie et leur identité. Depuis la crise des années 90, ce phénomène a pris une ampleur impressionnante. Si le sujet t'intéresse, le photographe Stépahne Remael a fait une série sur ce dernier -ici-. C'est sur la trace d'un de ces Johatsu que Yukiko -la fille de ce dernier- et Richard B. -personnage hommage à l'auteur américain Richard Brautigan qui a beaucoup écrit sur le Japon - se lancent. Chaque personnage nous permet une exploration unique du Japon.

Yukiko vivait aux États-Unis depuis 15 ans quand son père disparaît et qu'elle décide de retourner au Japon pour comprendre. Ses retrouvailles avec son pays natal m'a particulièrement émue. Elle est, à mes yeux, le personnage le plus poétique du roman.

A ses côtés, sur les traces de Kaze, Richard pose un regard très occidental sur un Japon qu'il découvre pour la première fois. Pseudo détective privé, pseudo poète, l'américain cherche plus son amour perdu que le père de sa belle.

Kaze, l'évaporé, m'a fascinée au fil des pages. Alors qu'il tente de comprendre pourquoi il en est arrivé là, on découvre à travers lui, un Japon parallèle. Celui des fantômes. Des travailleurs qui nettoient la région de Fukushima - ici, un article sur le rôle des Yakuzas - et qui, de retour chez eux, subiront un ostracisme d'une grande violence.

Enfin, nous avons Akainu, gamin des rues qui, à 14 ans, essaie de survivre sans penser au passé.

Les évaporés est sous-titré « Un roman japonais » et si cette formulation m'a en premier lieu rendue méfiante, je ne peux désormais que l'approuver. Non seulement le roman nous parle du Japon -et fort bien- mais il est un hommage criant à ce pays dans sa construction, sa trame, sa poésie et sa subtilité. C'est simple, une fois ma lecture commencée, je n'ai pas pu lâcher l'ouvrage. Un joli moment de littérature.


NOTE GLOBALE : 17 / 20

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