Le vieux qui

Édition : Points

Parution : 1992 pour l'édition originale

Classement : roman

 

De Luis Sepúlveda, je n'ai lu qu'un ouvrage, Les Roses d'Atacama, un recueil de nouvelles qui avait été un grand coup de cœur. Curieusement, je n'avais pas réitéré avec cet auteur. En regardant un peu la liste des livres que je veux lire -longue comme le bras d'un basketteur de la NBA modifié génétiquement- je me suis rendue compte de cette infamie. Me voilà donc en quête d'un roman de monsieur Sepúlveda. Et pour une fois, j'ai fait dans la simplicité en choisissant son plus célèbre ouvrage dont je vais te rappeler le résumé :

El Idilio est un petit village aux portes de la forêt amazonienne. Un enfer vert peuplé de chercheurs d'or, d'aventuriers de tout poil en quête d'un Eldorado imaginaire, d'Indiens Jivaros rejetés par leur peuple. La découverte par les Indiens Shuars d'un cadavre d'homme blond atrocement mutilé met le feu au village. Malgré les accusations hâtives du maire qui désigne les Indiens, Antonio José Bolivar diagnostique dans cette mort non pas la main de l'homme mais la griffe d'un fauve... Le vieil homme, aguerri aux mystères de la forêt et grand lecteur de romans sentimentaux se voit bientôt contraint de se lancer dans une chasse de tous les dangers...

En lisant la quatrième de couverture, je me suis souvenue de la raison qui m'avait poussée à commencer par un autre livre de l'auteur chilien. Le côté "le vieil homme contre la bête" me rappelait bien trop Moby-dick de Melville. Que je n'ai pas apprécié. Oui, je sais c'est un classique blablabla mais il ne m'a pas laissé un bon souvenir -j'étais très jeune alors je devrais peut-être retenter le coup à l'occasion, ou pas-. Dans Le Vieux qui lisait des romans d'amour, j'avais peur de me retrouver face à ce genre de récit symbolique si bien porté par Achab, le héros de Melville : la lutte du Bien contre le Mal toussatoussa. Le recueil de nouvelles m'a tellement plu que j'ai décidé de passer outre ma « trouille » et de plonger dans le court roman.

Bien m'en a pris. Deuxième ouvrage de Sepúlveda, deuxième coup de cœur. Et encore plus entousiaste. Je comprends que l'ouvrage ait réussi la prouesse de concilier bonnes critiques spécialisées et succès de librairie. Antonio, le héros, n'a rien de commun -ou si peu- avec Achab. Sa lutte contre le fauve n'occupe déjà pas tout le récit. Et il n'est pas motivé par un esprit de revanche. Au contraire c'est à un duel respectueux qu'aspire le vieil homme. Véritable portrait d'un homme au combien attachant, le roman est d'un style parfait. Dès l'incipit, je suis tombée amoureuse de ce texte et je n'ai pas pu arrêter ma lecture avant d'avoir terminé.

Tout est finalement assez subtil dans ce récit, les symboles, le message écologique... Et si on en prend plein les yeux, c'est grâce au talent de conteur de l'auteur. Et finalement ce n'est pas à Herman Melville que j'ai pensé mais à Cent ans de solitude de l'auteur colombien, Gabriel García Márquez. Quelque chose du conte donc et une qualité narrative indéniable. L'histoire d'Antonio José Bolivar est sublime et on se prend à regretter de quitter le personnage au terme de ce récit trop court. Magnifique.

 

NOTE GLOBALE : 17/20

Avertissement : attention je tiens à te signaler que le prix du livre numérique -pour le kindle- est plus élevé que celui du roman en format poche. L'ebook -mobi- étant vendu à EUR 6,49 alors que l'édition de chez Points ne coûte que EUR 4,94. Quand on sait que la livraison est gratuite pour les livres... Hum.