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Édition : Hugo et Cie

Parution : 2 mai 2013

Classement : romance érotique

 

A grand renfort de coup de pub et de site internet, la sortie de Beautiful Bastard ne se fait pas vraiment dans la discrétion. Si tu as lu mon article sur 50 nuances de grey, ami lecteur, tu te doutes que depuis, je suis un peu dubitative quand les journalistes nous présente le successeur de la célébrissime trilogie si mal écrite. Après un bref échange de mail avec la maison d'édition -que je remercie-, nous nous sommes mis d'accord pour un partenariat. J'ai donc reçu l'ouvrage en question gracieusement. Je re-re-reprends quelques minutes pour te rappelle que cela n'influence en rien mon objectivité blablabla. Pour te convaincre -si besoin est-, il te suffit de lire mon article sur Caroline, pas vraiment complaisant. Bref, même après lecture du résumé, je réservais mon jugement :

Beautiful Bastard met en scène les relations tumultueuses de Bennett Ryan, trentenaire arrogant et perfectionniste destiné à reprendre les commandes de la société de média créée par son père, avec sa jeune et superbe assistante, Chloé Mills. Aussi élégant et magnétique qu’odieux et suffisant, Bennett fait preuve d’exigences abusives à l’égard de la volontaire et ambitieuse Chloé, qui s’accroche, prête à tout pour faire sa place dans cette grande entreprise.

A tout ? La perversité de Bennett monte d’un cran quand elle se décline de manière sexuelle. La tension brûlante qui s’installe entre ces deux êtres, qui se désirent autant qu’ils se détestent, croît au fur et à mesure de leurs ébats sexuels et ne manque pas de bouleverser les rapports hiérar­chiques et les objectifs professionnels de l’un comme de l’autre.

Enfin une romance érotique qui s'assume pleinement. Tu vois une bonne petite comédie romantique légère et savoureuse ? Ben tout pareil mais avec plein de scènes de cul à l'intérieur. Ici, point question de blessure secrète, de psychologie en solde, d'excuses bidons. L'auteur ne cherche pas à nous troubler en utilisant un pseudo sadomasochisme gonflant comment une sorte de médicament générique qui remplacerait la capacité à écrire convenablement. Pas de fouet, pas de salle de torture, pas de contrat, seulement un homme et une femme chauds comme la braise. Et ça fonctionne. Quand les petites culottes se déchirent et que volent les boutons de chemisier, on se prend à se rêver à la place de Chloé Mills. L'alternance des narrateurs -un chapitre pour Bennet, un pour Chloé et on recommence- ajoute la petite touche qu'il faut pour ne pas s'ennuyer une seconde. Bref j'ai apprécié l'aventure. Tu aimes les scènes érotiques et la romance ? Les métaphores littéraires ridicules -tel « perle de sa féminité » pour le clitoris- te rende un tantinet rochon ? Alors je te conseille Beautiful Bastard.

Plus sérieusement le roman de madame Lauren est ce qu'il veut être, de la romance érotique. Ni plus, ni moins. Convenablement écrit, le récit divertie et émoustille dans les bonnes proportions. Et surtout, j'ai apprécié certains aspects qui font du roman un petit coup de cœur pour moi. Ici, l'héroïne n'est ni une vierge soumise ni une cochonne au placard débordant de sextoys. C'est une vraie femme. Ambitieuse, travailleuse, saine et parfois fragile. Bien sûr elle est belle et talentueuse. Et son amant est à son image, charismatique, intelligent et plein de pognon. Et ils aiment le cul. Mais sans traumatisme, sans dysfonctionnement, sans le besoin vibrant de suivre une très longue thérapie. Je suppose que certain reprocheront le côté propret du récit, deux hétérosexuels monogames toussatoussa. Mais prout à la fin ! Est-ce qu'on ferait ce reproche à la reine de la romance qui froufroute, Julia Quinn ? Non. Parce que l'on connaît les codes de la romance régence. Il en est de même ici. Je ne sais pas toi, ami lecteur, mais quand j'ai envie de lire de la romance érotique, je veux qu'on me serve une belle histoire d'amûr avec 80 % de scènes torrides. Je veux gentiment fantasmer pas prouver ma tolérance au SM, à la bisexualité ou à la pratique du bondage. Et Beautiful Bastard remplit plutôt bien ce rôle.

NOTE GLOBALE : 16 / 20

Avis d'Ema

    Devant l'enthousiasme débordant de ma collègue, je ne pouvais faire autrement que de la harceler pour qu'elle me passe VITE ce livre. L'ayant lu en une journée, je tenais moi aussi à donner mon avis, qui tient en une seule phrase et qui ne sert vraiment à rien :

« Oh bordel, Benett, viens m'arracher mes culottes Dim Aubade à moi aussi ! »

Comme tu l'auras compris, j'ai également beaucoup aimé ce roman, et j'attends la suite avec impatience.