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Édition : L'Archipel

Parution : 1947 pour la première édition, 2013 pour la présente édition

Classement : romanesque, historique

Depuis que nous avons décidé, avec Ema, de participer, entre autres, aux opérations Masse Critique de Babelio -un livre contre une critique-, je ne cesse de l'écrire, nous resterons libres de dire ce que nous pensons. Jusque là nous avons eu une majorité de bonnes surprises. Même les quelques déceptions que j'ai eu ont été tout à fait acceptables. Et finalement je n'ai jamais eu l'occasion de te prouver, ami lecteur, que je n'hésiterai pas à dire du mal d'un ouvrage reçu gratuitement. Quand on nous a proposé, à Ema et moi, de lire le premier tome de Caroline Chérie, j'ai pensé qu'une fois encore, il y avait peu de risque que je sois déçue. Du romanesque sur fond de révolution française ? De l'érotisme bon enfant ? Tout ce que j'apprécie. Le résumé me donnait vraiment envie :

C'est le 14 juillet 1789, au cours d'une partie de campagne au bois de Vincennes, que le beau Gaston de Salanches commence l'éducation sentimentale de Caroline de Bièvre. Des rumeurs menaçantes parviennent jusqu'aux promeneurs.

Après ce début, la vie de femme de Caroline ne cessera plus de se dérouler sous le double signe des orages du coeur et de la politique. Ils la ballotteront de Paris à Quimper, à Londres, à Quiberon, à Cayenne. Notre héroïne qui a pour destin d'être poursuivie, le sera tour à tour par la convoitise des séducteurs e par la persécution des sectaires. L'ardent tempérament de Caroline la pousse toujours d'ailleurs à sacrifier un peu de vertu pou' conserver intacts son honneur et sa vie.

Elle est comme ça, Caroline, et c'est ce qui a fait d'elle la plus célèbre héroïne romanesque de notre temps.

Au terme des 584 pages de l'ouvrage, je peux le dire : j'ai enfin l'occasion de démontrer que les partenariats n'empêchent nullement la liberté de ne pas aimer un bouquin.

Parlons tout de suite de la seule chose que j'ai appréciée dans ce roman : l'aspect historique. Oui, l’ouvrage me paraît bien documenté.

Voilà, j'ai épuisé ici tout le bien que je pouvais penser de ce récit. Parce que dans ce genre, ce qui compte avant tout est l'héroïne. Si on lorgne du côté de chez madame Benzoni, on comprendra que le personnage féminin porte souvent sur ses jolies épaules la capacité du roman à nous emporter. Et comment dire ? Aaaaah, Caroline, Caroline, Caroline. Tu m'en auras fait voir, petite Caroline. Sans doute que le style narratif -qui a bien mal vieilli- n'aide pas mais il ne suffit pas à expliquer l'aversion que tu m'as inspiré au fil des pages. Moi qui ai un penchant marqué pour les femmes sensuelles, à la moralité aussi extensible que ma propre conscience, ton égoïsme et ta bêtise m'ont agacés au plus haut point. Tu n'es pas libre, tu es conne, ma petite Caroline. Tu n'es pas moderne, tu es superficielle. Tu n'es pas une survivante, tu es monstrueuse. Tes penchants pour les plaisirs de la chair n'ont éveillé en moi qu'un ennui profond et désabusé. Que tu butines de la pensionnaire de couvent, peu me chaut finalement, mais ta sensualité est à peine digne des vieux films érotiques du dimanche soir de la sixième chaîne. Ton courage a des relents de naphtaline Caroline. J'ai essayé de m'attacher à toi au travers de tes aventures, vraiment, sincèrement, éperdument. Mais je ne suis pas parvenue à m'intéresser une seconde à toi. Parce que tes péripéties, c'est un peu Loana aux temps de la Révolution. Qu'une héroïne fasse preuve d'un tempérament nombriliste, soit. Après tout je suis une fanatique d'Autant en emporte le vent. Seulement tu n'es pas une jeune femme libre qui prend ce qu'elle veut car elle l'a décidé. Nan. Tu es seulement vide de toute substance plus épaisse que l'eau qui remplit ta petite tête. J'en suis venue à espérer que cette dernière roule enfin sur l'échafaud. Hélas, la guillotine m'a fait faux bond et j'ai dû subir ce roman jusqu'au bout.

Bref, à tes côtés, je me suis emmerdée comme jamais. Adieu Caroline.

 NOTE GLOBALE : 05 / 20

 

Avis d'Ema :

 

Comme te l'a dit ma collègue dans son introduction, nous avons toutes les deux été sélectionnées pour lire le même livre dans le cadre d'une opération Masse Critique. AlterVorace l'ayant lu quelques jours avant moi, je peux te dire que je me suis plongée dans ce roman un peu perplexe après avoir lu sa critique assassine. Je me disais qu'au pire, je supporterais mieux qu'elle une héroïne bête... Sauf que oui, mais non. Mis à part le contexte historique que j'ai trouvé intéressant et plutôt bien documenté -pour ce que j'en connais-, je dois dire que les aventures de Caroline m'ont ennuyée à un point inimaginable, sans parler de mon envie subite d'être bourreau pendant la révolution pour la décapiter moi-même, cette gourgandine.

Que je te parle un peu du roman. Caroline est donc une jeune fille qui part habiter à Paris avec ses parents, son frère et sa sœur. Là-bas, elle va faire la connaissance de Charlotte, avec qui elle va devenir amie. Entre temps on a le droit à de loooooooongues descriptions de son enfance en Touraine, de l'odeur des fleufleurs qu'elle sentait par la fenêtre, des baignades à poil avec son frère -hein ?- et de la fois où elle s'est touchée dans un buisson. Soit. Il faut bien que jeunesse se passe, et jusque là, à part me décrocher la mâchoire en baillant, je supportais vaillamment les frasques inintéressantes de Caroline. Le moment où je me suis dit que la lecture allait être longue et douloureuse, c'est un passage après que la jeune fille ait vu sa robe commencer à s'enflammer à cause de feux d'artifices. Au lieu de penser « Putain de merde, j'ai failli brûler vive ! », cette conne ne pense qu'une chose : « Je me suis fait pelotée ! ». Admire :

« Caroline continuait à garder les yeux baissés, feignant de ne pas être tout à fait rétablie, pour revivre intérieurement les minutes qu'elle venait de traverser : Gaston la portant dans ses bras jusqu'à sa chambre, lui ayant dégrafé son corset, la tenant serrée contre lui […] Son corps tout entier vibrait encore au souvenir de l'instant où, pour éteindre les flammèches qui dansaient sur son corsage, la main du jeune homme avait étreint sa poitrine. »

En fait, chaque fois qu'elle est en danger et qu'elle se fait sauver par un homme, elle mouille sa culotte dès qu'il la touche. Bon, ben pourquoi pas, hein ? Bref, après quelques péripéties aussi ennuyeuses que le récurage des toilettes, notre héroïne va se retrouver mariée à Georges -le frère de son amie Charlotte-, la révolution va éclater, et le couple va devoir fuir Paris. Ils vont être séparés, se retrouver, être encore séparés, et ainsi de suite. Pendant sa fuite, Caroline va vivre des moments assez atroces, mais je n'ai pas réussi du tout à compatir. Surtout quand elle repense à son viol de la veille :

« Elle eut cependant une lueur de lucidité : regrettait-elle vraiment ce qui s'était passé ? »

Oui oui, elle est bien en train de se demander si, finalement elle n'aurait pas aimé ça. A ce stade, j'avoue avoir hésité à continuer ma lecture. Puis je me suis dit qu'il fallait que je sache si elle était aussi conne jusqu'au bout. Ben en fait, oui. J'ai détesté cette jeune femme mesquine, faible, capricieuse, qui pense que tout lui est dû et attend que tout lui tombe entre les mains -surtout une bite-. Pas une seule fois elle se demande ce que sont devenus ses parents qui ont dû s'exiler, ni son frère qui a également dû fuir, encore moins sa sœur, qu'elle a toujours jalousé parce qu'elle avait des robes neuves et pas elle. Bref, tu l'auras compris, Caroline et moi n'avons pas été compatibles.

A part le personnage principal, il y a les secondaires, mais pas un seul n'est attachant dans ce roman. Charlotte est naïve au possible, Georges est faible et inintéressant, mais le pauvre aurait mieux fait de se péter une jambe plutôt que de demander Caroline en mariage, parce que l'avoir pour femme est une punition trop forte, même si le pauvre garçon est un mauvais coup. Le pseudo beau gosse du roman, Gaston, le coureur de jupons par excellence et qui fait palpiter la vulve battre le cœur de Caroline, est aussi sexy qu'un babouin. Quant à leur relation -aussi palpitante que la finale de Secret Story-, elle ne m'a vraiment pas fait rêver.

Pour finir, j'aimerais partager les trois mots qui ont rythmé ma lecture... Ta gueule, Caroline !

Note globale : 06/20