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Édition : Ombres Noires

Parution : 2013

Classement : hard boiled, roman noir, thriller

 

Prise de risque pour moi dans ce partenariat via Babelio. Je l'ai dit et répété ici, je ne suis pas une grande lectrice de thriller bien que j'ai eu ma période il y a quelques années. Quand on m'a proposé ce bouquin du journaliste et écrivain de Cap Town, Mike Nicol, je me suis dit que je pouvais tenter le coup. Surtout que le résumé de l'éditeur m'interpellait :

Le Cap (Afrique du Sud). Tenus par une ancienne dette, deux anciens mercenaires et trafiquants d’armes reconvertis dans la sécurité, Mace Bishop et Pylon, sont engagés par un malfrat pour assurer la protection de son fils, Matthew. Gérant d’une boîte de nuit, véritable plaque tournante de la drogue, Matthew est menacé par une association vertueuse, la Pagad. Cette association – en réalité une officine mafieuse – est représentée par l’avocate Shemina February, manipulatrice au passé trouble qui semble connaître Mace et Pylon du temps de l’apartheid.

Ce premier opus d'une trilogie n'a pas été une rencontre facile. Pendant une petite centaine de pages, on s'est un peu tourné autour le roman et moi. Avant que je me rende compte que je n'étais pas entrée dans cette lecture de la bonne façon. Je me suis lancée avec un peu d'indifférence comme dans un petit policier sympathique. Mais La Dette n'a rien du policier que l'on achète pour un trajet en train. C'est du roman noir, âpre, complexe. Aussi subtil dans sa construction et sa littérature que la violence du récit est brutal. Une fois que je me suis réellement impliquée dans ma lecture, que j'ai compris que j'avais sous-estimé l'ouvrage, le récit m'a happée sans difficulté.

La trame, complexe, nous mène au Cap en compagnie d'un ancien trafiquant d'armes, Mace Bishop. Et là on navigue de la guerre civile en Angola jusqu'au terrorisme islamiste. Thriller politique, roman noir, peinture contemporaine et sombre du Cap : le livre de monsieur Nicol nous entraîne dans un récit complexe et d'une violence parfois difficile. A déconseiller aux âmes sensibles. Et à conseiller avec acharnement à tous les autres. J'ai eu l'impression d'une immersion sans fard dans Cap Town. Et dans le quotidien des personnages. Sans jugement, sans moralité fatigante, l'auteur nous malmène, nous fait presque danser une gigue intellectuelle. L'écriture ciselée a la fraicheur du scalpel, taillant dans le vif sans états d'âme inutiles. Mais régulièrement, au détour d'un chapitre, la poésie -très urbaine- nous explose à la figure. Quand je pense que sans ce partenariat, je serais passée à côté d'un tel ouvrage, je me dis que je devrais envoyer un bouquet de fleurs à l'équipe de Babelio. La prise de risque a été payante, je me suis rappelée qu'il n'y a pas de « genre » - hard boiled compris- auquel je n'adhère pas. Du moins pas quand on parle très bonne littérature. Et donc de La Dette.

 

NOTE GLOBALE : 17,5 / 20