Si tu es un habitué de ce blog, tu auras compris que les livres, les films et les séries sont une source presque inépuisable de Culture Pourrie en puissance. Cela fait désormais un an et demi que nous nous abreuvons, Ema et moi, d'Aventures et passions, d'Harlequin, de films philippins... Ce que nous ne savions pas, c'est que cela aurait une incidence à long terme sur notre santé mentale. Ouais. Rien que ça. Tu veux une preuve de ce que j'avance ? Nos nuits sont désormais peuplées d'aventures rocambolesques et ce, sans même sortir du lit. Et -hélas- rien de coquin. Nan.

Pour que tu comprennes à quel point nous semblons atteintes, laisse-moi te donner deux exemples épiques de nos rêves.

Voici l'aventure qu'a vécu ma collègue dans son sommeil :

Par une obscure journée, Ema et moi, nous rendions dans un immeuble cossu. Déjà là on rentre dans de la science-fiction, pôvresses que nous sommes. Pourquoi nous retrouver dans ce bâtiment inconnu ? Je te le donne en mille, nous étions des mercenaires en mission. Notre cible ? Un vieillard. Notre objectif ? Le faire passer de vie à trépas. Ema, tu t'en doutes, étant le bras armé de notre duo d'assassins-blogeuses, poignarde rapidement le vieil homme tandis que je cherche désespérément du Destop afin de faire disparaître cet embarrassant cadavre. Hélas, trois fois hélas, nul produit chimique abrasif dans l’appartement de notre victime. Comment détruire les preuves de notre crime ? Là, Ema a une idée de génie -ou pas-. Elle me dit : On n'a qu'à invoquer un démon pour qu'il mange le corps. J'acquiesce avec enthousiasme. En France on a pas de Destop mais on a des idées. Mais bien sûr. -Notons qu'il serait peut-être sage de cesser de lire de la bit-lit-. Alors qu'Ema se consacre à l'aspect magique de l'affaire, je traçais un pentagramme au sol. Car oui, on avait pas emmené notre propre Destop mais on avait des craies. Vu qu'on est super fortes, un démon s'est bien pointé. Même dans nos rêves, les effets spéciaux étant pourris, ma collègue évoque immanquablement Charmed pour me décrire le démon en question.

Là, tout se déroule comme sur des roulettes et la créature maléfique ingère complètement le vieux déjà bien refroidi. Ema -c'te connasse- me laisse alors le reste du nettoyage sur les bras pendant qu'elle va chercher des acteurs coréens mignons. Cherche pas y a pas de rapport. Ainsi, nous repartons au soleil couchant, entourées de bôgosses vers de nouvelles aventures.

Là j'imagine ta consternation devant tant de péripéties. Je suppose que tu comprends mieux de quoi je parlais lorsque j'évoquais des séquelles neurologiques au fait de se goinfrer de nanars. Si j'en restais là, tu pourrais encore espérer que seul l'esprit malade d'Ema est en cause -je te rappelle qu'elle aime les fouets et les vieux films de Kung-fu-. Mais je dois l'avouer, moi aussi mes nuits sont peuplées de rêves de plus en plus surprenants. A mon tour de t'en raconter un :

L'aventure commence alors qu'Ema et moi nous trouvons sur une île rocheuse entourée par l'océan. Sur un plateau qui surplombe notre refuge insulaire, toutes deux assistions à un match de volley féminin. Genre. Pourquoi reluquer de la minette en short ? Aucune cohérence ce crétin d'inconscient. Mais soudain, une tempête se déchaîne autour de nous. Le vent souffle à une vitesse effarante et le tonnerre gronde. Les éléments, pris de folie, provoquent alors un tsunami. Alors que tous les autres meurent sans délai, nous nous retrouvons toutes deux projetées aux Enfers. Oui. Avec une majuscule je te prie. Paniquées, nous ne voyons que l'obscurité de toute part quand une voix féminine nous interpelle. C'est la fille même de Satan qui nous explique que nous pouvons retourner à la surface. Pour cela, il nous faudra réussir une quête dangereuse et incongrue : triompher successivement des sept cercles de l'Enfer -remarque bien que mon inconscient semble à la fois s'inspirer de la pire bit-lit et de Dante, magique-. Là ami lecteur, tu imagines sans doute quelques duels à l'épée ou au glaive. Que nenni. C'est au volley que l'on doit anéantir les représentants diaboliques des cercles maudits. Oui. On est pas dans la merde. Hélas, c'est à ce moment là, pourtant fort intéressant, que je me suis réveillée. Soulagée à l'extrême de ne pas devoir faire de sport. Oui. Nan parce que le choix du volley est particulièrement inapproprié pour Ema et moi. Nous sommes incapables de pratiquer cette discipline sans en ressortir les avants-bras couverts de bleus -oui, cette fois, ceci ne sort en aucun cas de mon esprit malade, cette anecdote est rigoureusement authentique-.

Alors ami lecteur nous allons te demander ton aide. Si toi aussi, tu fais ce genre de rêves, dis-le nous par pitié, cela nous rassurerait. Dans le cas contraire, comment savoir si Teen Wolf, Weng-Weng et autres Cultures Pourries n'auront pas, dans l'avenir, des conséquences encore plus funestes ? Devrions-nous cesser cette rubrique en vertu du principe de précaution ? Aide-nous.