la chair du limier

 

Édition : Les nouveaux auteurs

Parution : 2012

Classement : Policier historique

De nouveau sélectionnée pour l'opération Masse Critique du site Babelio, j'ai cette fois reçu un policier historique. Étant amatrice de ce genre, la quatrième de couverture m'avait particulièrement plu.

« Paris. Juillet 1888. Un monstre sans visage éventre et mutile des « fleurs de trottoir » dans le quartier Mouffetard, sans provoquer la moindre réaction des autorités. Seul à pressentir, dans ce carnage, les prémices d'une macabre série, l'inspecteur Jan Roche, adepte de nouvelles méthodes d'investigation criminelle, décide de mener son enquête, au nez et à la barbe de sa hiérarchie. Une traque impitoyable s'engage alors entre le policier et le sanguinaire, du ventre de Paris jusqu'au bas-fonds de Londres. »

Je vais le dire tout de suite : j'ai adoré. Je me suis laissée embarquer et j'ai eu du mal à lâcher ce roman. Tout d'abord, j'ai trouvé que le contexte historique était dépeint de manière assez juste -du moins pour ce que je connais de Paris et Londres à cette époque- et qu'aucun détails ou descriptions n'étaient inutiles. Rien n'est à jeter, le vocabulaire colle parfaitement aux personnages, l'ambiance est oppressante à souhait et j'ai apprécié cette part du roman.

J'ai aimé découvrir les méthodes d'investigation criminelle de l'époque. Ici pas de base de données pour les empreintes digitales -cette science n'en est qu'à ses débuts et ne convainc pas encore beaucoup de monde-, pas d'ADN ou d'autopsie -quasi- sûre à 100%. Il n'y a qu'un flic au passé difficile -un anti-héros qui traîne ses casseroles et tente de vivre avec- qui croit en la science et en son flair. Il va faire tout son possible pour coincer le monstre qui s'en prend sauvagement aux prostituées, que cela plaise ou non à ses supérieurs. J'ai trouvé le personnage de Roche attachant et terriblement juste. Un homme torturé par son passé et qui noie sa douleur dans l'absinthe, alors oui, ça peut paraître stéréotypé, mais c'est tellement bien fait que ça passe et on souffre avec lui, on a peur pour lui... Les personnages secondaires sont également bien travaillés, entre le médecin légiste trop bavard qui n'attend qu'un signe pour « déblatérer » sur la science, le supérieur de Roche qui ne croit pas aux nouvelles méthodes, son collègue et ami qui essaye d'oublier qu'il est veuf en se saoulant dès que possible...

La fin est telle que je l'espérais, l'auteur ne cède pas à la facilité et en refermant le livre je me posais encore mille questions. Toute cette myriade de détails font de ce roman un petit bijou à passer de main en main. Et Stéphane Belmont est, pour moi, un auteur à suivre de près.

Note globale : 17/20

Ema