Édition : J'ai Lu

Collection : Aventures et Passion

Parution : 2010 pour la présente édition

Classement : romance régence, passion, amûûûr

 

Comme tu l'as peut-être remarqué, ami lecteur, Ema et moi nous nous sommes partagés le plaisir de chroniquer la célèbre saga de Julia Quinn. Il me revenait de faire le sixième tome des Bridgerton qui tourne autour d'un personnage que l'on a peu eu l'occasion de croiser dans les opus précédents :

La vie est parfois cruelle. Après avoir passé tant d'années à papillonner de femme en femme, Michael Stirling est tombé amoureux fou de la seule femme qu'il lui était interdit d'aimer : Francesca, l'épouse de son cousin John, que Michael aime comme un frère. Quand John meurt brutalement, Michael devient comte de Kilmartin. Désormais, Francesca est libre, mais le souvenir du défunt se dresse entre eux. Comment trouver le bonheur sans avoir l'impression de trahir celui qu'ils chérissaient tant ?

Ce volume de la saga de madame Quinn a été une très agréable surprise... J'ai trouvé que cet opus sortait un peu du lot en abordant la question du deuil. Il m'est arrivé de nombreuses fois de croiser des veuves dans la romance régence mais jamais comme Francesca. Pour justifier que le personnage trouve le grand amour, les auteurs ont souvent la fâcheuse habitude de rendre le premier mariage de l'héroïne dénué d'amour. Le défunt se caractérise soit par sa fadeur soit carrément par son incapacité à donner amour et plaisir sexuel à sa épouse. Comme s'il fallait justifier moralement du droit à l'héroïne de se remarier. Or Francesca a aimé John, plus que cela même, ils ont été très heureux ensemble. Lorsque le jeune homme meurt très brutalement, Francesca doit gérer un deuil d'une grande violence. Les choses ne sont pas atténuées, l'héroïne et Michael -cousin et presque frère du défunt- souffrent et ne parviennent pas à gérer la douleur. Et c'est sur les cendres de cet amour qu'ils ont peut-être la possibilité de construire quelque chose. J'ai trouvé, pour le moment, que l'histoire de cet opus est la plus mature de la saga. Très appréciable.

Bien entendu, on retrouve avec plaisir le style mordant de Julia Quinn, surtout avec Michael. Je ne résiste d'ailleurs pas à te mettre un ou deux petits passages centrés sur les pensées de ce dernier :

« Puisqu'il faut être honnête avec soi-même, y compris lorsque l'on mène une vie de débauche, il reconnaissait qu'il avait couché avec des femmes mariées, et plus d'une, mais uniquement si leurs époux ne les satisfaisaient pas, et encore, à la condition expresse qu'elles aient déjà mis au monde deux héritiers mâles, trois si l'un des deux premiers semblait de constitution frêle. Un homme se devait d'avoir des principes, tout de même. »

« Il ne pourrait jamais avoir Francesca Bridgerton Stirling. En revanche, songea-t-il avec un petit rire sans joie tandis qu'il s'adossait au canapé, […], il pouvait reprendre un verre. »

La présence de lady Bridgerton, maman de l'héroïne, est toujours aussi chaleureuse et agréable. De la même façon, on retrouve avec plaisir certains membres de la famille que l'on a pu déjà croiser.

Bref une très jolie romance, qui distrait sans rendre idiot, servie, comme toujours semble-t-il avec cette auteure, par un humour parfois caustique.

 

NOTE GLOBALE : 14 / 20