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Édition : J'ai Lu

Parution : 1998 pour l'édition française

Classement : Roman

 

Depuis longtemps je croise des livres de Nancy Huston, des articles, des critiques et je me promets de la lire un jour. Lorsque j'ai vu L'empreinte de l'ange sur le site de Bibliotroc, j'ai un peu hésité, parce que la quatrième de couverture me refroidissait un peu. Sur un coup de tête j'ai toutefois commandé le roman :

Paris, 1957. Le célèbre flûtiste Raphaël tombe fou amoureux d'une Allemande, Saffie. Il l'épouse, la rend mère, sans réussir à percer le mystère entourant la jeune femme qui jamais ne se départ de son mutisme indifférent. Jusqu'au jour où Saffie rencontre Andràs, juif hongrois émigré, lui aussi touché par les blessures de l'Histoire... Couronné du Grand Prix des lectrices de Elle en 1999.

Des romans sur l'après-guerre, le poids des traumatismes, j'en ai lu un grand nombre. A mes yeux c'est un sujet difficile, on tombe facilement dans le pathos ou la facilité. C'est pour cette raison que le résumé de L'empreinte de l'ange m'avait légèrement effarouchée. En refermant l'ouvrage, je n'ai pu que me féliciter d'avoir cédé à mon impulsion et passé commande.

Je remarque que j'ai plus de mal à parler de mes coups de cœur que des cultures pourries. Il est tellement plus facile de se moquer que de porter aux nues. Ce roman m'a touchée, émue, intéressée et marquée. Le style de Nancy Huston a trouvé un merveilleux équilibre et sa modernité, subtile, est ciselée. Les mots coulent facilement comme pour contrebalancer la dureté du propos. Les personnages, tous, m'ont fascinée. Saffie, bien sûr, et son détachement au début du livre. Raphaël qui commet la folie de mettre de côté l'étrangeté de sa femme, de croire que tout va bien. Et Andras, celui par lequel nait une rédemption fragile ainsi que la tragédie. L'humanité de chaque protagoniste est criante, ainsi que leurs manquements et leurs égoïsmes. J'ai aimé que l'on ne ressente aucun jugement, aucun regard malfaisant sur eux. On se les attache tel qu'ils sont, sans mensonge. Ce roman, court, sait faire monter la tension, on sent bien qu'il y aura un « grand final » mais j'ai été incapable de deviner lequel.

Soyons francs, certains passages sont difficiles, la cruauté de la guerre semble presque nous sauter à la gorge. Nancy Huston parvient, à mon sens, à ne pas tomber dans le pathos lorsque les secrets des héros se dévoilent. Cette auteure semble connaître la patience et la subtilité. Non seulement j'ai été happée de bout en bout par son ouvrage mais ce dernier est parvenu à vivre avec moi même lorsque j'avais fini ma lecture.

Cette première rencontre avec Nancy Huston est une grande réussite et ce roman restera longtemps dans mes pensées. Après cela, j'ai hâte de pouvoir lire un autre livre de cette dame. Je croise les doigts pour qu'il soit à la hauteur et que commence une longue histoire entre moi et la romancière.

 

NOTE GLOBALE : 18 / 20