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Édition : Les Editions Persée

Parution : 2011

Classement : Roman

 

Pour ma troisième participation à une opération masse critique, après un essai puis une BD, j'ai le plaisir de revenir au genre romanesque que j'affectionne tant et surtout que je connais mieux. Depuis longtemps, les danseurs classiques me fascinent. L'exigence de cet art, la discipline qu'il demande exercent sur moi un mélange étrange de répulsion/admiration. Ainsi quand j'ai lu la quatrième de couverture du roman de Monique Archen, je me suis sentie plus qu'interpellée :

Elle n’a qu’une passion, obsessionnelle: la danse classique. Nous sortons des sentiers battus pour suivre son parcours d’exception. À neuf ans, elle intègre l’École de l’Opéra National de Paris. L’univers mal connu et impitoyable des Petits Rats nous emmène dans les dédales de l’Opéra Garnier et dans ceux de l’École de Nanterre, où règne une discipline de fer. En cinq ans, sa volonté d’entrer dans le Corps et le Ballet et la perte de sa part d’enfance à laquelle elle doit renoncer, la conduisent à l’anorexie mentale. Les témoignages des personnes qui sauront entendre sa souffrance et la comprendre rendent toute l’ampleur psychologique de ce combat contre la maladie. Jusqu’à la guérison...?

Une bien jolie surprise que ce roman... Au départ, logiquement, j'ai pensé à Robert des noms propres d'Amélie Nothomb qui aborde, entre autres, les thèmes de l'anorexie et de la danse. Mais la voix d'Anouk est unique. Nous suivons l'héroïne de son enfance lorraine à son entrée à l'Ecole de l'Opéra Nationale de Paris, puis nous assistons à sa maladie, l'anorexie mentale qui s'incruste avec une discrétion égale à sa cruauté dans la vie de la jeune fille. J'ai lu dans le dossier de presse que Monique Archen travaille à partir de témoignages. Je dois dire que cette information n'est pas surprenante : le récit est criant de vérité. Anouk nous devient très vite familière et il n'est pas difficile d'éprouver de l'amitié pour ce personnage si malmené parfois. Le milieu de la danse est dur, après des années de sacrifices, de discipline, de rigueur, les aspirants peuvent voir leurs rêves se briser brutalement. C'est l'histoire d'une passion dévorante et sublime qui se heurte à l'injustice de cet art. Il ne suffit pas de travailler sans répit pour réussir. Ce que j'ai particulièrement apprécier dans ce roman est qu'il n'y a pas de coupable désigné. Le milieu de la danse a clairement sa part de responsabilité, mais il n'y a pas une condamnation sans appel de ce dernier. De plus le profil psychologique d'Anouk ne tombe pas dans la caricature ou dans la facilité. Son séjour à la clinique, ses rapports avec sa famille, avec la nourriture, tout est d'une sincérité et d'une justesse déconcertante. L'ouvrage manque d'un cheveu le coup de cœur mais j'espère avoir l'occasion de lire un autre roman de Monique Archen puisque La danseuse brisée est déjà sa quatrième publication.

Ce livre provenant d'une maison d'édition que je n'avais pas le plaisir de connaître, je me permets de parler un court instant de l'objet. La qualité de l'édition est présente, le format agréable et je n'ai pas remarqué d'erreur ou de faute. De même, le papier est de bonne qualité. Ayant été plusieurs fois déçue ces dernières années par la qualité de livres, pourtant coûteux, je trouve cela important de le dire quand une maison d'édition soigne sa production.

Pour finir, je tiens à remercier le site de Babelio et les Editions Persée qui m'ont donnée l'occasion d'une jolie découverte.

 

NOTE GLOBALE : 15,5 / 20