9782266126847

 

Édition : Pocket

Parution : 2011 pour la présente édition

Classement : récit autobiographique / essai

Pour le moment, ma connaissance de Yasmina Khadra se limite à son récit L'Attentat que j'ai chroniqué sur ce blog. J'avais apprécié ce texte et suite à cette lecture je m'étais un peu renseignée sur monsieur Khadra. C'est ainsi que j'ai appris les polémiques dont il a fait l'objet lorsqu'il a révélé son identité en 2001 : non seulement il était un homme mais il avait été officier dans l'armée algérienne pendant 36 ans. Ces révélations ont provoqué des réactions assez violentes dans le monde littéraire et la presse. C'est ainsi qu'en 2002, l'auteur publie L'Imposture des mots quiparle de cette période et des difficultés que l'opinion française a eu à le comprendre :

Yasmina Khadra a décrit mieux que quiconque les mécanismes de l'intégrisme qui menace notre monde et des organisations politico-financières qui détruisent son pays. Pourtant on lui demande de renier une institution dont il explique justement dans L'Ecrivain le rôle capital qu'elle a joué dans son existence. Face à cette déconvenue, Yasmina Khadra a réagi en écrivain. Sans aigreur ni amertume, il a choisi de raconter son désarroi à ses lecteurs, les seuls interlocuteurs qui lui paraissent dignes de le juger. On croise dans son livre Nietzsche, Kateb Yacine, ses maîtres de toujours. Mais aussi ses propres personnages qui le persécutent : Zane, l'abominable nain des Agneaux du Seigneur, Salah l'Indochine, l'immonde recruteur du GIA d'A quoi rêvent les loups et le regretté commissaire Llob.

Pour être tout à fait sincère j'ai un peu de mal avec l'idée d'écrire un ouvrage pour « se justifier » et se plaindre d'être incompris. Soit, les réactions qui ont suivies la publication de L'Ecrivain ont été vives et je comprends que monsieur Khadra ait souffert de ces polémiques mais ce droit de réponse me semble un peu exagéré. Dans ce texte, on sent à quel point l'auteur ne supporte pas les regards négatifs sur son travail. Personnellement, je ne comprends pas vraiment le problème avec le fait qu'il ait servi dans l'armée algérienne ou qu'il soit un homme, ce qui compte après tout ce sont les textes, non ? Ainsi, les féministes qui se sont indignées parce que Yasmina Khadra était un homme et qui se sont plaintes d'avoir été flouées me semblent tout à fait insupportables -c'est décider que le sexe a une incidence sur la qualité littéraire et je ne peux pas opiner devant ce genre de bêtise. Que monsieur Khadra ait voulu remettre les pendules à l'heure ok mais il en fait tout un plat. Le seul aspect que j'ai trouvé passionnant dans L'imposture des mots est la difficulté de l'auteur a concilier ses deux destins, ses identités : celle d'écrivain et celle de militaire. Par contre, les interventions des personnages de Yasmina Khadra dans le récit, avec des monologues importants, m'ont clairement laissée indifférente.

Disons que cette ouvrage n'est pas désagréable, qu'il n'est pas vide de sens mais il tombe un peu -et c'est désespérant- dans une sorte de masturbation intellectuelle légèrement pathétique .

 

NOTE GLOBALE : 11 / 20