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Édition : Editions Philippe Picquie

Parution : 2007 pour la présente édition

Classement : Court roman / Littérature chinoise

Paru dans les années 80 an Chine, ce court roman avait fait scandale. Son auteur, An yi Wang a bien connu les répercussions de la Révolution Culturelle puisque sa mère, écrivain, fut classée parmi les « esprits malfaisants ». Non seulement le contexte de cet ouvrage m'intéressait beaucoup mais le résumé de l'éditeur me poussait encore plus à le lire :

Dans une petite ville comme les autres en Chine, à l’époque de la Révolution culturelle, un garçon et une fille vivent une passion physique intense et bouleversante. Tous deux danseurs dans la même compagnie luttent avec violence contre l’irrésistible attirance qui les lie l’un à l’autre en défiant tous les interdits. Les corps qui dansent, qui se battent, qui s’aiment avec une fureur désespérée ou une joie radieuse, leurs odeurs, la sueur, la mélopée des porteurs d’eau près du fleuve où ils se rencontrent en secret, l’ardeur du soleil et le refuge de la nuit : dans une langue envoûtante, lancinante, ces pages racontent l’irruption du désir et des corps à une époque où ils étaient bannis.

Pour le première fois sur ce blog -et j'espère la dernière- je ne me sens pas capable de donner une note à un livre. Comment chiffrer ce que je pense alors que je ne le sais pas vraiment ? Je ne m'attendais pas à un tel récit, à une telle écriture. L'auteur nous parle de deux danseurs, une fille et un garçon mais elle ne les nomment jamais et finalement on ne sait pas grand chose sur eux. Ils appartiennent à la même troupe mais semblent complètement en marge de leurs collègues. L'écriture est clinique, froide, précise. Sous nos yeux, leur passion et leur désir sont disséqués sans compassion et sans émotion. Leurs corps semblent prendre toute la place dans le roman, les corps dans toutes leurs vérités : avec leurs imperfections, leurs fluides, leurs odeurs. Je me suis souvent sentie mal à l'aise face à ce déploiement cru d'humanité. Cette écriture chirurgicale ne m'a pas permise de m'attacher aux protagoniste. Pourtant l'auteur fait preuve d'une certaine virtuosité dans sa manière de nous montrer les enjeux psychologiques du couple, à la fois oppressés par leurs désirs et par le Régime. La trame en elle-même est d'une simplicité extrême et d'une cruauté ordinaire, pas de grâce dans leur amour et leur quotidien. Si tu cherches du lyrisme ami lecteur alors évite d'ouvrir cet ouvrage. Je ne peux nier le grand talent de An yi Wang et elle réussit admirablement à nous mener là où elle le veut. Mais je ne me sens pas capable de noter le roman, je ne sais pas comment le prendre, comment réagir à cet inconfort face à un texte aussi froidement ciselé. Alors si tu lis ou a lu Amour dans une petite ville, je te serais reconnaissante de me dire ce que tu en as pensé, peut-être que je pourrais ainsi prendre un peu de recul et mieux comprendre cette lecture.

 

NOTE GLOBALE : -- / 20