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Édition : Presses universitaires de France

Collection : souffrance et théorie

Parution : 2012

Classement : Essai

 

Une fois n'est pas coutume ami lecteur, nous allons aujourd'hui nous plonger dans un ouvrage sérieux paru aux très honorables Presses universitaires de France (PUF) dont je connais plus les ouvrages en psychologie qu'en sociologie -surtout appliquée aux questions sociales. En cette période où la foire électorale prend le pas sur le débat, je trouvais intéressant de me pencher sur un ouvrage qui aborde un sujet ô combien épineux sur la scène politique française : la place de l'islam dans notre pays. L'essai en question Le rejet français de l'islam – Une souffrance républicaine est de monsieur Henri Goldman rédacteur en chef de la revue Belge Politique. C'est la nationalité du monsieur qui m'a particulièrement interpellée, je me suis dit qu'un regard appartenant à citoyen belge pourrait nous donner une autre dimension au thème abordé.Voici ce que nous dit la quatrième de couverture :

Pourquoi l’irruption d’un islam visible sur le sol de la République française a-t-il provoqué une réaction de rejet qui s’amplifie de jour en jour, et comment faire pour inverser la tendance ?
Depuis plus de vingt ans, les polémiques autour de la présence visible de l’islam en France n’ont cessé de s’amplifier : foulard à l’école, port de la « burqa », mise en cause de la laïcité… La société française nourrie d’universalisme républicain ne comprend pas pourquoi les enfants de l’immigration, au lieu de s’assimiler au sein d’une société sécularisée, y ont introduit une religion vigoureuse qui aspire désormais à se faire reconnaître.

Cet état de fait semble tellement incroyable que, pour beaucoup, il ne peut s’agir que d’un projet politique manipulé. Le rejet de l’islam, qui se manifeste en France comme partout en Europe, est le résultat de cette perception. Et si on faisait l’hypothèse inverse ? Que ce « retour du religieux » surgit bien du cœur de notre société en mal de repères. Et qu’il n’est nullement incompatible avec la modernité démocratique, qu’il peut même contribuer à renforcer.

Comme je l'ai expliqué précédemment, habituellement je lis peu de ce genre d'ouvrage. Et je n'en ai jamais fait la « critique ». Je me suis retrouvée un peu désœuvrée : comment parler de cet essai sans donner un avis à certaines questions politiques ? Sans évoquer certaines de mes convictions, de mes opinions, qui, à mes yeux, relèvent de l'intime et n'ont rien à faire sur le Net ? Je vais tenter de vous livrer un avis en respectant un certain devoir de réserve, j'espère y parvenir.

Le livre de monsieur Goldman est beaucoup plus digeste que je ne le redoutais, son accès n'est pas ardu et je n'ai pas eu de difficultés à suivre. Cette clarté, surtout lorsque l'on aborde certains domaines, est appréciable. Les propos tenus dans cet ouvrage m'ont vraiment intéressés et comme je l'espérais, les références à d'autres modèles -belge, britannique...- sont très enrichissant. Bien entendu, Le rejet français de l'islam n'est pas un livre neutre et au fil des pages la position de l'auteur reste visible mais cette caractéristique ne m'a pas vraiment gênée car les arguments et les références sont bien emmenées. Bref, la forme est claire, accessible et l'ouvrage est bien construit.

Concernant le fond même de l'ouvrage j'ai trouvé passionnant d'avoir à faire à un discours qui n'a pas été assez visible lors des débats sur la laïcité. De manière personnelle je reste persuadée que peu importe les opinions que l'on peut avoir sur le sujet, sur n'importe quel sujet d'ailleurs, il est toujours bon de lire le plus de points de vu possibles sur ce dernier. Le rejet de l'islam en France pose de vraies questions et peut réellement enrichir le débat et notre réflexion. C'est un livre utile.

Je vous laisse avec un extrait de l'introduction :

Cet essai propose une lecture à différentes entrées de l'arrivée de l'islam sur le sol de France et de la manière dont il entre en résonance avec la société française, en pointant quelques questions qui ont alimenté la controverse. Il ne méprise pas le malaise identitaire qui s'exprime en réaction, mais cherche à en démonter la mécanique. Il ne propose pas une analyse interne à la communauté des fidèles de cet islam tellement fantasmé -d'autres s'en sont chargés- mais plutôt une méthode pour dépasser un affrontement qui ne peut trouver aucune issue raisonnable si les termes du conflit ne changent pas. Le lieu de cet affrontement est l' »espace symbolique ». Négocier le partage de cet espace est nécessaire, possible et mutuellement profitable. L'intégration dont tout le monde nous rabat les oreilles est un processus à double mouvement, où chaque partie « accepte que [sa] culture soit transformée à plus ou moins long terme par le jeu des interactions ». Il faudra pour cela s'émanciper du carcan de la pensée radicale française.


Je tiens à remercier le site Babelio et les Éditions Universitaires de France pour cette découverte. Je tiens aussi à préciser pour les lecteurs de ce blog qui s'inquiéteraient que si j'ai effectivement reçu gracieusement cet ouvrage, mon opinion est franche. Si je n'avais pas trouvé cette lecture intéressante, je n'aurais pas hésité une seconde à le dire haut et fort. Je préférerai toujours renoncer à la possibilité d'obtenir quelques bouquins gratuitement plutôt qu'à ma liberté de parole ou d'opinion.

 

NOTE GLOBALE : 14 / 20

 

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