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    Pas facile pour moi et ma copine Ema de savoir comment ouvrir le bal des festivités... Puis nous avons convenu que le plus simple était parfois le plus efficace : un bon vieux Harlequin. A charge pour moi de vous concocter un article sur une de ces petites bêtes si connues. Pour la semaine de la Saint-Valentin, il fallait y aller carrément et s'harmoniser avec l'ambiance rose qui pique les yeux -tu aimes ami lecteur ?-, mon choix s'est donc porté sur la collection Azur de la maison d'édition de l'amûûûûûûûr, décrite ainsi sur le site : La force d'une rencontre, l'intensité de la passion. Des histoires d'amour passionnées. Ensuite au milieu de cette horde de titres plus atroces les uns que les autres, j'ai jeté mon dévolu sur L'épouse sans mémoire de Mélanie Miburne.

Laisse moi te raconter cette merveilleuse histoire que ton petit cœur sec d'internaute puisse fondre devant tant de merveilles. Notre héroïne, blonde aux yeux bleus-gris comme il se doit, se réveille à l'hôpital après un accident de voiture. Bien qu'elle ait passé une semaine dans le coma, elle est presque tout de suite en super  forme. Visiblement ce n'est pas seulement une jeune première en quête du grand amour mais elle est aussi du genre bionique. Bref, elle sort du coma et là boum elle est amnésique. Une amnésie un peu étrange, un peu magique, elle ne se souvient pas des deux dernières années de sa vie.  Même que comme de par hasard elle a oublié qu'elle était mariée. Le Harlequin c'est un peu le soap-opéra du bouquin. Emelia -c'est le nom de la donzelle- ne se rappelle plus du tout de son époux. Et là le jeune premier entre en scène et comment te dire ami lecteur ? Cet homme c'est un peu le Lidl du fantasme tellement il aligne les clichés pourris. Il est Espagnol et il sent bon la paella le sable chaud, même qu'il s'appelle Javier Mélendez. La description de ce dernier est elle aussi un peu discount : Sa bouche, belle et ciselée, accusait un pli légèrement sardonique, mais la lèvre inférieure pleine et sensuelle faisait oublier cette expression. Cet homme savait embrasser et il embrassait pour conquérir, analysa-t-elle en humectant ses lèvres affreusement sèches. Tu as vu comme elle est fine psychologue notre Emelia ? Sinon, je me permets juste de faire une petite remarque générale mais j'ai noté que les jeunes premières vertueuses des Harlequin s'humectaient beaucoup les lèvres, ça doit être symbolique d'une autre sorte d'humidité je suppose. Bref. Là on pourrait se dire : Bon ils sont mariés, jeunes et beaux donc tout va s'arranger en trois pages. Ben nan. Parce que notre jolie épouse, elle a eu un accident de voiture alors qu'elle venait de quitter le sexy Javier. Même qu'elle était en compagnie d'un ami que tout le monde suppose avoir été son amant – alors que non hein, une fille bien ne fait pas ça dans le monde merveilleux du Harlequin. Le pauvre second rôle masculin étant mort dans cet accident, la situation est bien merdique.

Sur ce Emelia sort de l'hosto -bionique on t'a dit- et rentre en Espagne avec son mari. Là, elle apprend qu'il est super riche et qu'ils se sont mariés seulement 6 semaines après leur rencontre. Oui, comme tu le vois, on continue dans le réalisme. Mais Javier a décidé de se venger de l'infidélité supposée de son épouse en la (re)séduisant pendant qu'elle est amnésique puis de divorcer dés qu'elle aura retrouver la mémoire. Le vil coquin... Bien sur, ils couchent ensemble et nous avons le droit à quelques scènes de sexe à la Harlequin. Le genre de partie de jambes en l'air où on dit « la chaleur de sa virilité fière et insistante » pour dire que le héros bande et où le clitoris se nomme « la perle de sa féminité ». Sublime. Après quelques scènes d'amûûûûûr charnel, Emelia retrouve la mémoire et comprend qu'elle n'avait quitté son mari que parce qu'elle voulait qu'il lui donne plus que des bijoux et de beaux vêtements. C'est l'amûûûûûr véritable qu'elle réclamait. Elle décide de tenter quand même l'aventure puis découvre qu'elle est enceinte d'un mois. Sauf qu'elle perd l'enfant. Et oui après un coma et une amnésie, il manquait une fausse couche. Après avoir entendu de Javier que leur mariage n'était qu'un marché et que l'important était leur entente sexuelle, la pôvre ingénue fuit et se cache chez son papa. Là a lieu le revirement suprême : après 140 page pendant lesquelles Javier nous a prouvé qu'il était un macho de la pire espèce, il change en 7 pages et vient la chercher. J'ai changé, qu'il lui dit, Emelia, et j'accepte d'être vulnérable. Je t'aime tellement que j'ai refusé de l'admettre, de peur de perdre ce bonheur là. Et ils se font un gros bisous avec la langue avant de faire, sans doute, plein de bébés. Oui parce que forcément, il a VRAIMENT changé. C'est comme ça dans le monde brillant et rose du roman sentimental, le héros qui arrive avec son sourire sardonique et sa chaude virilité change au plus profond de son cœur pour devenir un héros avec un sourire romantique et encore sa chaude virilité. Oui, oui, un tel homme existe, il vit dans une maison entre celle du Père Noël et du Minotaure. Puisqu'on vous le dit...

Sur ce, ami lecteur, j'espère que ton cœur s'est changé en une grosse flaque de sirop d'érable et vivement demain pour un nouveau morceau de culture pourrie aux couleurs de l'amûr.