9782020562331 

Édition : Points

Parution : 2001 pour la traduction française

Classement : Roman (Afrique du Sud)

 

De l'Afrique du Sud, je ne connais rien, à peine quelques fragments de son histoire violente, quant à sa littérature, elle m'est complètement inconnue. Et c'est cette méconnaissance qui m'a en partie attirée dans l'œuvre de monsieur Coetzee... En plus de cela, je n'ai pas cessé d'entendre parler de ce roman Disgrâce, comme du plus grand livre de son auteur, comme d'un chef d'œuvre à lire absolument. Dans l'espoir -peut-être- de ne pas être d'accord, je me méfie toujours des critiques dithyrambiques, je me suis procurée l'objet présenté ainsi :

David Lurie est enseignant au Cap, en Afrique du Sud, passionné par les œuvres de Byron et de Wordsworth. Il a 52 ans, il est père et a deux fois divorcé. Dans son genre, c'est un Casanova. La question de sa vie sexuelle est facilement résolue : il paye une femme légère et chaque jeudi de la semaine est "une oasis de luxe et de volupté". Sur le chemin des écoliers, il croise l'une de ses étudiantes, Mélanie Isaacs. Il la séduit. Mais cette relation a tôt fait de faire scandale. Le professeur est démissionné pour "harcèlement sexuel". Pour éviter le regard critique de la ville, il se rend chez sa fille, Lucy, propriétaire d'une petite exploitation agricole en province. Là, il assiste aux tâches quotidiennes de la campagne, des ventes de fruits et légumes à la protection des animaux, à la violence aussi, qui monte depuis la ville, partagée entre le vol et le viol…

Dés l'incipit, j'ai compris que je ne pourrais pas être insensible à cette lecture, le style m'a fracassée. Je savais que j'aimerais, que je détesterais mais assurément que je ne serai pas indifférente : Pour un homme de son âge, cinquante-deux ans, divorcé, il a, lui semble-t-il, résolu la question de sa vie sexuelle de façon plutôt satisfaisante. David Lurie est un personnage fascinant de décrépitude et sa déchéance inexorable devient presque lyrique sous la plume de monsieur Coetzee. La société que ce dernier nous dépeint est d'une cruauté et d'une violence crue et sombre. J'ai été dérangée, malmenée à presque chaque ligne du récit. Ce n'est pas vraiment un livre qui nous parle de l'Afrique du Sud bien que l'auteur aborde l'après apartheid et le sujet des scories qui ravagent les campagnes. Non, ce roman est bien au-delà d'un pays et de son Histoire, c'est quelque chose sur l'humanité peinte à la fois avec ironie et une tendresse un peu cruelle. Pour preuve, l'auteur ne mentionne pas la couleur de peau de ses personnages, nous laissant à nous autres lecteurs la possibilité de replacé la trame dans son contexte.

Disgrâce est une œuvre vibrante qui parle de sexe, de mort, de beauté et d'art. Un chef d'œuvre subtil qui laisse place à de multiple niveaux de lecture, à de multiple interprétations. Il y a bien longtemps que je n'avais pas lu un roman qui me laisse avec un peu de dégoût et beaucoup d'admiration, un roman que l'on referme avec l'impression fugace et merveilleuse d'avoir le temps d'une lecture toucher un peu de la Vérité.

 

NOTE GLOBALE : 18 / 20