Si tu te promènes régulièrement ici ami lecteur tu sais que je poste au moins trois critiques de livres par semaine, je suis une lectrice assidue et gourmande. Je lis en moyenne entre 3 et 5 livres par semaine, ce qui nous emmène logiquement à une consommation annuelle entre 150 et 250 ouvrages. Bien que l'on m'en prête une petite partie, il reste que cette passion coûte cher. Comment trouver des bouquins à moindre prix ? Comment alimenter ce besoin énorme d'ouvrages ? Je sais que la question de l'argent et du livre est un sujet polémique et compliqué. Avec l'émergence du livre numérique, la problématique se corse encore et suscite pas mal de débat enflammée.

 

Le livre, un loisir trop cher ? Le livre en format poche ou une mauvaise réponse

Depuis la loi Lang, votée dans le but de protéger nos librairies indépendante, le prix du livre est une question complexe. C'est l'éditeur qui fixe le prix et les remises ne peuvent excéder 5 % dans la plupart des cas. Longtemps. Soit. Sauf qu'aujourd'hui s'offrir un ouvrage qui vient de sortir coûte cher. Ainsi pour avoir le plaisir de lire un des livres stars du moment tel Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan, il faut sortir la somme de 18 euros. Je ne contesterais pas la légitimité d'un tel prix, ce n'est pas de mon ressort mais franchement je ne peux pas me permettre de faire des achats de ce montant. Pas quotidiennement en tout cas. Exit les nouveautés en format broché.

La réponse à cette problématique semble être le livre en format poche, bien moins cher. Généralement, selon l'ouvrage, il oscille entre 5 et 10 euros. Je conviens que c'est déjà beaucoup mieux. Sauf que la qualité des ouvrages en question fluctue encore plus que leur prix. Lorsque je paie 7 euros pour un bouquin j'exige de la qualité, oui je suis comme ça moi. Sauf que je ne compte plus les livres qui se sont rapidement autodétruits dans ma bibliothèque. Combien de mes « Pocket » ont leurs feuilles qui se détachent ? 7 euros pour du livre jetable ça me fait mal au cœur. Le livre de poche, entre son prix qui reste parfois élevé et sa qualité parfois médiocre, n'est donc pas toujours la réponse pour les gros lecteurs. Au fil des années et de la réduction de mon pouvoir d'achat, je me suis naturellement tournée vers le livre d'occasion.

Se procurer des livres moins chers : l'occasion

Mettons tout de suite les choses au point, je ne parlerai pas bouquiniste ici. Non que je n'affectionne pas ces commerces mais tout simplement parce que je vis à la campagne. A part pour les vides-grenier, j'effectue mes achats de livres d'occasion sur Internet. Très vite je me suis lassée de payer des frais de port exorbitant pour n'acheter qu'un seul bouquin sur Ebay ou Priceminister. Pour acheter mes poches usagés je me suis tournée vers d'autre site. Deux mastodonte de la vente de bien culturel d'abord : Amazon et Gibert-Joseph. Parce que les frais de port sont gratuits et que la qualité a toujours été au rendez-vous. Après lorsque je veux remplir un peu ma bibliothèque à moindre frais je fréquente Livrenpoche qui propose des bouquins vraiment pas cher avec la description de leur états. Seulement il faut commander au moins 25 euros pour que la livraison soit gratuite. Ça vaut le coup mais je ne peux pas le faire autant que je voudrais. Ces trois sites sont fiables et je me fournie régulièrement chez eux.

Troquer, échanger par internet

Outre le livre d'occasion, je prends quelques minutes pour vous parler d'un dernier système que je pratique depuis quelques mois : le troc avec Bibliotroc. Pour la somme annuelle de 15,50 euros, je peux échanger mes livres contre des points. Avec ces derniers, j'acquiers de nouveaux ouvrages. A part l'abonnement, notons que lorsque j'envoie un des mes ouvrages, les frais de port sont à ma charge. Mais le livre me revient entre 1,80 et 3 euros selon son poids. Encore moins cher que sur le circuit habituel du livre d'occasion. Pour le moment je suis contente de ce système. Le seul point négatif est que le catalogue n'est pas immense et qu'il faut quand même avoir pas mal de bouquin à proposer pour que cela vaille le coup.

Contre argument : tuer les libraires

Si tu es un ami des livres, tu vas peut-être protester. Me disant qu'il vaut mieux se fournir dans les librairies de quartier, que mes comportements sont de ceux qui tuent ces dernières. Ouaip. Sauf que dans ma petite ville de province il n'y a qu'une seule librairie. Qu'elle est pas trop mal mais si vétuste que je ne peux pas me promener dans le rayons avec une poussette. Vu que je me trimballe avec ce genre de véhicule depuis maintenant 6 ans, j'ai abandonné ma petite librairie. Et j'emmerde ceux qui voudraient me faire la morale.

 

Pour me procurer des bouquins, je me fournie donc à plusieurs sources : le circuit traditionnel lorsque j'ai des sous, l'occasion et le troc. Ce système me convient pas trop mal mais depuis peu je suis en même temps partie à la découverte de la lecture sous une autre forme avec le livre numérique...

 kin

 

Le livre numérique : lire sur e-reader

Depuis peu de temps, je suis la propriétaire d'un e-reader ou liseuse : le désormais célèbre Kindle. J'a longtemps hésité avant de m'offrir ce couteux jouet.

Pour ceux qui ne connaisse pas la bête, il s'agit d'une tablette qui sert uniquement pour lire des livres numériques. Longtemps je me suis refusée à lire sur écran pour une question de confort et de migraines fulgurantes. Mais la technologie est parfois merveilleuse et lire sur le Kindle (je parlerai seulement de ce modèle car c'est le seul que j'ai eu l'occasion d'utiliser) est pour moi aussi confortable que de lire un ouvrage sur papier. Pas d'éclairage d'écran, un contraste confortable donc pas de fatigue oculaire comme sur un ordinateur. Du point de vu pratique je suis plutôt ravie de ce système. Je peux stocker plus de 1500 ouvrages dans un appareil qui pèse seulement 150 grammes. Je sais bien qu'un livre classique tient aussi dans un sac à main -merci je ne suis pas débile- sauf que j'ai trois enfants et qu'à moins de les vendre je commence à sérieusement manquer de place dans mes bibliothèques.

Le livre numérique : est-ce économiquement intéressant ?

Alors oui et non ami lecteur. Cela dépend de quel lecteur tu es. Si on aime lire de tout et aussi des classiques, le livre numérique est une aubaine puisque les textes libres de droits sont gratuits. Ainsi j'ai tout de suite télécharger les Rougon Macquart, ce qui signifie donc 20 ouvrages pour la modique somme de 0 euros. Sur le net on trouve légalement et facilement près de 2000 ouvrages gratuits. Zola, Hugo, Verne, Molière, Colette... Pour le reste, c'est plus compliqué puisque souvent le format numérique est aussi cher que le livre papier voir plus lorsqu'il est sorti en poche. Peu de maison d'édition jouent vraiment le jeu. Notons que l'excellent Bragelonne/Milady est pour moi le must sur la question car non seulement cette maison d'édition propose toutes ses publications en numérique mais surtout systématiquement toujours moins cher que livre papier. Il y a encore du chemin à faire sur la question. Et cela pose de vrai problèmes pour l'avenir du livre.

Le livre numérique : enjeux pour l'avenir ?

Parce que sur Internet on trouve bien sur du livre numérique illégal. C'est mal mais c'est comme ça. Personnellement je suis prête à payer si on ne me prend pas pour une conne. Ainsi je trouve inadmissible d'acheter un livre en Epub ou Mobi pour la même somme que le livre en format papier. En plus de cela certains ouvrages sont pour le moment introuvables en numérique. Pire, certains auteurs clament haut et fort être contre le livre numérique et se refusent à ce que leurs œuvres soient vendues de cette manière (pour en citer un : monsieur Beigbeder s'est exprimé ici sur la question). Se contenter de dire que le numérique c'est mal va à l'encontre des intérêts de tous, lecteurs, auteurs et éditeurs. Les maisons de disques ont longtemps eu cette posture et cela a été désastreux pour eux. Parce que le consommateur prend des habitudes. Je suis prête à payer mais il m'arrive de télécharger illégalement des fichiers parce que le système m'y pousse. Beaucoup de lecteurs lambdas sont comme moi et rêvent d'abandonnements illimités qui permettraient de lire autant que l'on veut contre une cotisation mensuelle. Ce système est possible, il suffirait que le fichier ait une durée de vie limitée comme pour la VOD. Dans 5, 8 ou 10 ans, il sera peut-être trop tard et seul les passionnés accepteront de payer pour du numérique. Je ne parle pas ici de ce qui est moral ou non mais tout simplement de la réalité. A force d'aller contre le courant le monde de l'édition risque de se tirer une balle dans le pied.

Enfin certains posent carrément la question de l'avenir du livre en tant qu'objet. Je ne pense pas que le numérique tuera le livre. Personnellement je suis persuadée que livres et livres numériques sont complémentaires. Cela est vrai si les maisons d'éditions acceptent quelques efforts, financiers concernant le numérique et sur la qualité pour ce qui est du livre papier...

 

En tant que boulimique de lecture, j'utilise, comme vous l'avez vu, de nombreux systèmes pour me procurer des livres sans me ruiner. Livre de poche, occasions, trocs, numérique, le livre est accessible de plusieurs manières. Le monde de l'édition fait face à de nombreuses difficultés mais ce n'est pas à moi lectrice d'adapter ma consommation pour leur bien mais bien à eux de comprendre ce qu'attendent leurs clients.

Lisons, lisons, lisons. Lisons des livres de divertissement et exigeons que ces derniers ne coutent pas trop cher. Lisons aussi des livres plus confidentiels et n'hésitons pas à acheter des ouvrages issus de petite maison d'édition. Lisons des bon gros pavés qui sentent bon le papier et lisons aussi du livre numérique. Lisons comme on aime, comme on peux, comme on veut. Et si les professionnels ont envie de continuer à débattre pendant des années sur la question, je m'en fous, je continuerai à lire comme il me plait.