9782757814130

Édition : Points

Parution : 2008

Classement : roman / polar

 

Il est plutôt rare que je m'intéresse aux prix ou distinction reçues par une œuvre, aussi lorsque je me suis procurée Les Visages, je n'ai pas vraiment fait attention au fait que ce roman a obtenu un Prix des Lectrices de Elle dans la catégorie « Policier ». J'ai choisi de m'offrir cet ouvrage parce que la quatrième de couverture m'avait interpellée :

Lorsqu'Ethan Muller, propriétaire d’une galerie, met la main sur une série de dessins d’une qualité exceptionnelle, il sait qu’il va enfin pouvoir se faire un nom dans l’univers impitoyable des marchands d’art. Leur mystérieux auteur, Victor Cracke, a disparu corps et âme après avoir vécu reclus près de quarante ans dans un appartement miteux de New-York. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c’est le travail d’un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d’enfants victimes, des années plus tôt, d’un mystérieux tueur en série.

Je n'avais donc pas fait particulièrement attention au fait que le roman de monsieur Kellerman était considéré par Elle comme un policier et par les éditions Points comme un thriller. Et bien heureusement ! Parce que disons le clairement ami lecteur si tu lis ce roman comme tel, tu risques fortement d'être déçu. Si on devait classer comme thriller tous les récits qui abordent un ou deux mystères dans leurs trames, il n'y aurait pas beaucoup d'ouvrages classés autrement. Surtout que Les Visages se révèle surtout un roman à plusieurs facettes, le mettre dans un rayon particulier c'est nier ses qualités véritables.

En premier lieu, le narrateur, galeriste new-yorkais, nous permets, avec pas mal d'humour, d'entrer dans le monde du marché de l'Art Contemporain. On pourrait peut-être reprocher à l'auteur une caricature un peu facile de cet univers mais c'est fait avec un vrai talent et j'ai trouvé cette dimension vraiment plaisante. Ensuite le roman nous plonge dans une quête dont je ne dévoilerai pas les ficelles pour ne pas gâcher le plaisir mais qui m'a vraiment accrochée.

Si l'intérêt de ce livre se résumait à ces deux points, cela aurait suffit à en faire un divertissement de bonne facture mais je trouve que cela va bien plus loin. La construction du récit est magistrale. Au sein de l'histoire contée par Ethan Muller s'insèrent des interludes historiques très bien écrits. Au fil des pages ces passages prennent tout leur sens pour finalement nous donner les clefs du personnage de Victor Cracke.

Ce roman n'est pas une enquête policière mais bien un roman sur la famille, l'Art et la culpabilité sous toutes ces formes. Ce premier ouvrage de Jesse Kellerman me donne beaucoup d'espoir sur les capacité de ce dernier et si ce monsieur tient les promesses qu'il fait avec Les Visages, alors je suis plus qu'enthousiaste à l'idée de lire ses prochaines publications.

NOTE GLOBALE : 16,5 / 20