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Édition : J'ai Lu

Parution : 2010

Classement : Roman

Cet article, soyons franc, ne fait pas partie de la rubrique culture pourrie. C'est seulement un roman que je n'ai pas aimé. Vraiment pas. Depuis quelques temps je suis un peu à court de matériaux pour l'article du vendredi, en attendant de retomber sur une perle du nanar littéraire ou audiovisuel, je me contenterais de publier des chroniques ordinaires... Bon, c'est pas tout ça mais allons-y pour La solitude du vainqueur.

Disons le tout de suite, mettons les choses au point, je suis loin, très loin d'être une admiratrice du travail de monsieur Coelho. J'ai lu plusieurs de ses livres, quatre ou cinq, et je n'ai jamais été sensible à son univers. Pour être franche, je me suis procurée ce roman en décidant que c'était la dernière fois que je tentais ma chance avec cet auteur. La quatrième de couverture de ne m'avait pas interpellée plus que cela mais je gardais toutefois, un tout petit espoir, d'être enfin séduite par celui qui vend des millions de bouquins et déchaînent les passions :

Paulo Coelho revient ici aux thèmes qui ont fait la force de Onze minutes et du Zahir. II nous offre un roman à suspense, véritable miroir de notre société où le culte du luxe et de la réussite à tout prix empêche d'entendre les vérités que murmure notre coeur. Il nous entraîne au festival de Cannes à la rencontre de ceux qui triomphent dans le monde superficiel de la haute couture et du cinéma : Un millionnaire russe, un pape moyen-oriental de la mode, Gabriella la starlette, un détective ambitieux et enfin Jasmine, future top model. Argent, pouvoir, célébrité sont des enjeux pour lesquels ils sont prêts à tout, quel qu'en soit le prix. Qui sera capable de reconnaître, parmi tous ces fantasmes en technicolor, son rêve secret, et de lui donner vie ?

C'est officiel, j'abandonne. Parce que finalement lire un bouquin de Paulo Coelho c'est entrer dans un Oui-Oui pour les adultes. Des paraboles trop longues qui nous montrent les vrais valeurs, l'importance de la foi, des rêves et de l'intégrité. L'auteur semble nous prendre par la main et nous dire « Tu vois lecteur, je vais non seulement te distraire en te racontant une histoire mais surtout tu verras, tu y trouvera une belle morale et tu comprendras, malgré ton QI d'huître sous Prozac combien sont importantes les vraies valeurs du cœur. » Je ne dis pas que cet homme n'est pas quelqu'un de bien, je pense même qu'il est peut-être sincère mais j'aimerai toutefois répondre à cela avec toute ma franchise : « Mais je t'emmerde Paulo. Vraiment. Tu es un homme bien mais tu ne sauves personnes avec tes livres pétris de philosophie pseudo-chrétienne. Je n'ai pas besoin de ton savoir pour comprendre que l'argent et la célébrité ne sont qu'apparences. Je n'ai pas besoin que tu condamne la surconsommation à ma place. Et même la pure Jasmine, ton héroïne si sage, me donne envie de la rouer de coups. Tes livres ont la même valeur que ces galas de charité si loin de la générosité que tu critiques tant dans ton ouvrage. La plupart de tes lecteurs te lisent pour se donner bonne conscience, pour se faire croire qu'ils sont peut-être encore innocents et loin d'être dupes de tout ce qui les entoure. Mais après avoir fermé leur bouquin, ils font comme tout le monde et vivent leur vie avec toujours autant de négligence. Alors ta fausse lucidité me fait chier Paolo. Continue de t'occuper de ta fondation, d 'écrire des romans moraux, continue de croire que tu poursuis un juste chemin mais sois certain que tu n'es ni un grand écrivain, ni un vrai philosophe. Tu veux savoir quelle est la seule de tes capacités que le monde retiendra peut-être ? Tu sais vendre des bouquins. Ni plus, ni moins. »

Note globale : 06.5 / 20