9782290007310

 

Édition : J'ai lu

Parution : 2008

Classement : Policier

Comme vous le savez peut-être la loi Lang, qui régit le commerce du livre, délimite énormément les possibilité de soldes sur ces derniers et rend les promotions presque impossibles (sauf stock de plus de six mois pour les livres retirés du commerce depuis deux ans). Pour compenser un peu et faire jouer la concurrence les poches nous font régulièrement des offres du type «1 ouvrage offert pour deux livres achetés ». Personnellement j'apprécie grandement ce genre de plaisirs qui me permet de découvrir des bouquins. Ces derniers mois j'ai ainsi eu la chance de lire un roman de Nick Hornby. Grâce à ce procédé je vais aussi pouvoir nourrir la rubrique du vendredi culture pourrie avec un bijou que j'ai hâte de vous présenter. Dans ce cadre j'ai donc récemment reçu par la poste le roman de Franz-Olivier Giesbert : L'Immortel. Pour être tout à fait franche je sais que je n'aurais jamais lu ce roman si je ne l'avais pas obtenu gratuitement. Tout d'abord je n'ai pas vraiment d'affection pour FOG même si je ne connaissais pas du tout son travail de romancier, ensuite le résumé du bouquin ne correspond pas à mes lectures habituelles :

Charly Garlaban reçoit vingt-deux balles sur le parking des Halles à Avignon, le 17 janvier 2005. Il sort du coma douze jours plus tard, et apprend à tirer de la main gauche. Le maître de la mafia de Marseille veut se venger du Rascous, son lieutenant, et du Pistachier, un concurrent. Mais il y a trop de cadavres qui tombent, et la jeune commissaire Sastre ne sera pas déçue de son enquête.

Les milieu du grand banditisme, et encore plus celui de Marseille, ne m'a jamais passionnée, je ne suis pas fascinée par la mafia ou la violence. En lisant cela je me suis ensuite dit que j'étais peut-être victime de préjugés idiots et que sortir un peu de ses domaines de prédilection ne pouvait pas me faire de mal.

La première chose que j'ai relevé dans le récit de monsieur Giesbert, c'est l'utilisation d'argot/patois marseillais qui colore le texte. Il semble logique d'utiliser ce langage vu l'histoire qui nous préoccupe ici mais le soucis est qu'étant personnellement de la région lyonnaise ce vocabulaire est parfois resté hors de ma portée. Hors pas de glossaire ni de notes en bas de page. J'ai déjà eu ce souci dans d'autres ouvrages et ce détail peut avoir de son importance. Ne pas avoir accès à la totalité du vocabulaire enlève un peu de plaisir à ma lecture. A part cet aspect le roman de FOG est plutôt facile d'accès, plutôt agréable à lire. Quelques bonnes formules parsèment le récit avec pas mal d'humour, ainsi : Pour détruire la boule qui lui rongeait tout, les tripes et puis aussi l'envie de vivre, il avait tout essayé, le jogging, le karaté et même la psychanalyse, mais sans succès. Il eût fallu un minimum d'intelligence. On ne psychanalyse pas les courges.  Ces éclats d'humour et d'esprit, toutefois encore trop rares à mon goût, sont très agréables. Bien entendu tout n'est pas de cette saveur mais les efforts restent louable et loin de complètement tomber à plat. « Qu'est-ce que vivre sinon se venger ? De sa famille. De son enfance. De ses souvenirs ou bien de ses ennemis. » Pour en finir avec le style de l'ouvrage, j'ai trouvé qu'orner chaque début de chapitre d'une citation était un peu maniéré, un peu vide. Bon, j'avoue qu'il s'agit ici d'une appréciation complètement subjective mais on est chez moi après tout alors j'ai le droit d'être de partie pris hein...

Concernant la trame de l'histoire j'ai quelques difficultés à la juger vu que ce n'est pas mon genre de prédilection. Tout ce que je peux dire est que je n'ai pas retenu mon souffle, que je n'ai pas vraiment été happée par l'histoire de Charly Garlaban et de ses collègues truands. Je ne me suis pas complètement ennuyée mais il est vrai que j'étais contente à la fin du roman de pouvoir passer à autre chose. Un petit policier sympa sur le monde du banditisme marseillais mais je ne lirai pas le deuxième opus de la saga de monsieur Giesbert, Le Lessiveur.

Signalons que ce livre a fait l'objet d'une adaptation au cinéma par Richard Berry avec entre autres Jean Reno, Kad Merad, Marina Foïs et Jean-Pierre Darroussin. Sans doute pas le film du siècle mais j'ai nettement préféré, et c'est assez rare avec moi pour que je le mette en exergue, la version en image au roman. La construction en est assurément plus agréable bien que certaines modifications de la trame, comme la volonté d'émouvoir à tout prix, m'a quelque peu agacée.

Pour conclure, que ce soit avec l'ouvrage de Franz-Olivier Giesbert comme avec le film de monsieur Berry, vous passerez un agréable moment mais rien d'inoubliable.

 

NOTE GLOBALE : 11 / 20