04 novembre 2011

Le vendredi c'est culture pourrie Comment séduire un millionnaire ? – Carol Grace

Édition : Harlequin

Collection : Horizon

Parution : 1995

Classement : Culture pourrie

 

Lorsque mon amie Ema m'a procuré cet ouvrage en me disant qu'il serait parfait pour un article du Vendredi c'est culture pourrie, je n'ai eu qu'à jeter un coup d'œil au titre et à la couverture pour approuver de tout mon cœur. Grâce à cet intitulé Comment épouser un millionnaire ?, lorsque j'ai cherché une image de la couverture sur google, j'ai eu l'occasion de trouver tout un tas de sites merveilleux ayant VRAIMENT pour but de se trouver un riche parti, et laisse-moi te dire ami lecteur que cette seule heure passée à me marrer devant mon écran valait bien le coup à elle seule.

Bref, une fois que j'avais trouvé la couverture en question, j'en profitais pour la regarder d'un peu plus près, ma réaction a été très saine : Non mais la couverture est kitchissime, le bouquin date, quoi ? des années 70-80 au moins ! Ben non. 1995. Regarde cette merveille :

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Tout est culte, non ? L'eau, la blondeur péroxydée de l'héroïne, son expression d'idiote se consumant de désir, le brushing de notre héros aux larges épaules. Sublime. Tout comme la quatrième de couverture :

Trouver un mari par correspondance n'était pas du tout le genre de Mandy. Mais, mise au défi par sa sœur, elle n'avait pas su résister. D'autant que la petite annonce avait piqué sa curiosité. « Millionnaire solitaire cherche femme sensuelle et compréhensive... », disait-elle. Mandy avait donc pris la plume pour répondre. Puis cette première lettre avait été suivie de beaucoup d'autres, et Mandy s'était bientôt surprise à attendre les missives de Jack Larue, son mystérieux millionnaire. Pouvait-on tomber amoureuse par lettres interposées ? Mandy n'était pas loin de le croire. Jusqu'au jour où la situation allait prendre un tour tout à fait inattendu...

Reprenons. Nous avons donc Mandy, La jolie et pure Mandy qui va quand même répondre à une petite annonce débile « Millionnaire solitaire cherche femme sensuelle et compréhensive, suffisamment douée en maths, pour m'aider à compter ma fortune. ». Traduisons cela pour la vrai vie parce que si cela avait été une véritable annonce il aurait fallu lire entre les lignes. « Millionnaire solitaire » bon, vu qu'il faut diviser les données des petites annonces par 127 pour obtenir la réalité1, cela signifie que le monsieur a un salaire tout juste passable. Genre un poil de cul au-dessus du SMIC. Continuons, « cherche femme sensuelle et compréhensive », notre candidat à l'amour élimine donc les candidates frigides, celles qui pratiquent la posture de l'étoile de mer au lit, mais aussi toutes celles qui ne verraient pas d'un bon œil les pratiques charmantes des pornos de Marc Dorcel. Ok, ça limite pas mal le nombre de recrues potentielles. Mais l'auteur de l'annonce, visiblement au fait des codes de notre société, rattrape le coup tout de suite avec « suffisamment douée en maths pour m'aider à compter ma fortune. », il sera donc prêt à toutes les extravagances pour contenter sa belle, et même l'emmener régulièrement au Buffalo Grill pour se sustenter ou encore la couvrir de somptueux cadeaux, genre parfum Lolita Lempika ou même ensembles de lingerie Sloggy. Beurk.

Mais nous sommes dans un Harlequin ami lecteur. Ouaip. Alors la réalité est toute de sucre et de miel. La seule petite entorse à cette harmonie ? Ben finalement celui qui va écrire les lettres en question n'est pas Jack, mais le meilleur ami de ce dernier, Adam. Véritable poète à ses heures, Cyrano de Prisunic, il viendra ensuite en éclaireur pour vérifier que Mandy n'est pas une putasse en quête d'un riche mécène. Bien sûr notre mâle, indomptable en apparence mais mou du genou en vrai, va tomber fou amoureux de notre jolie idiote. Leur désir manquant de foutre le feu au bed and breakfast de la gazelle. Ouais bon, dans le texte leur désir est aussi terne que les couleurs de la couverture de Comment épouser un millionnaire ? :

Il la trouvait très belle, se découpant contre le jour de la fenêtre, avec sa somptueuse chevelure blonde dans laquelle il aurait tant aimé plonger ses mains. Et puis, il y avait ce petit tablier de dentelle... Depuis qu'elle avait poussé la porte, la taille ceinte de cet adorable chiffon, il ne rêvait plus que d'en dénouer les cordons et de l'emporter jusqu'à son lit.

Comme tu le vois, ce n'est pas cet Harlequin qui chatouillera tes fantasmes. Ben nan, même si notre jeune premier masculin est merveilleux, c'est pas moi qui le dit mais Mandy « Vous êtes un être merveilleux; fort comme Schwarzenegger ahhh les année 90, brillant comme Einstein, drôle aussi comme... » L'homme parfait.

Notre couple de tourtereaux finiront bien sûr par succomber et se promettre amour pour toujours blablablabla, mais, miracle à l'harlequinade, pas avant que l'on apprenne qu'Adam, contre toute attente, est millionnaire. Voui. L'auteur a eu l'audace d'aller jusque là. Notre couple va donc pouvoir faire mensuellement l'amour dans des draps hors de prix pour remplir le bed and breakfast d'enfants bruyants et il n'aura fallu que 150 pages pour en arriver là.

Une seule question demeure au terme de ma lecture : pourquoi dans le harlequin des années 90 ça ne baise pas sauvagement ? Pourquoi ?

 

Allez, à vendredi prochain pour un nouveau Culture Pourrie...

 

1 oui oui nous appelons cette donnée le théorème JMPB, Je Me la Pète pour Baiser, applicable aussi dans certaines boîte de nuit,


Commentaires sur Le vendredi c'est culture pourrie Comment séduire un millionnaire ? – Carol Grace

    Mdr je savais que ça te plairait!!

    Posté par Ema, 04 novembre 2011 à 11:02 | | Répondre
  • @ Ema : tu me connais bien ! tu sais à quel point j'aime rire...

    Posté par AlterVorace, 05 novembre 2011 à 10:58 | | Répondre
  • Nan, sérieux? Elle date de 95 cette couverture? o_O
    En tout cas, cette histoire a effectivement l'air aussi tiédasse que sa couverture, je me contenterai donc, encore une fois, de ta critique (qui elle au moins est vivifiante ^^)

    Posté par Suny, 05 novembre 2011 à 14:03 | | Répondre
  • @ Suny

    Oui, oui 1995. C'est fort hein ? Contente que tu aimes cette critique, j'avoue que j'ai bien ris pendant ma lecture. Je trouve cela amusant ce lire des nanars en relevant tout ce qui me fait particulièrement marrer.

    Posté par AlterVorace, 05 novembre 2011 à 17:07 | | Répondre
  • Un jour, faudrait vraiment que j'essaie. Je pense que si on aborde ce genre de lectures en se disant qu'on va bien rigoler, ça doit passer ^^

    Posté par Suny, 06 novembre 2011 à 12:26 | | Répondre
  • Aaah, les Harlequin. Toute une histoire.

    Et bien malgré ce qu'on peut leur reprocher (sous-culture, etc) j'aime bien en lire un de temps à autres lorsque j'ai un coup au moral. C'est léger, guimauve à souhait...et la vie est plus belle après! :p

    Posté par Lenelaï, 08 novembre 2011 à 19:17 | | Répondre
  • P.S: en tout cas merci pour ta chronique. J'ai bien ri

    Posté par Lenelaï, 08 novembre 2011 à 19:25 | | Répondre
  • @ Lenelaï

    Mais c'est que j'aime bien en lire moi aussi. Et puis la sous-culture, ça se digère bien, j'aime ça.

    Par contre il y a des Harlequin pires que d'autres, vraiment, et c'est ceux-là que j'attaque dans la rubrique culture pourrie. Et franchement j'aurais toujours plus de respect pour un auteur de Harlequin (et autre littérature de pure divertissement codifiée) qui fait bien son travail que pour un auteur dit "sérieux" qui est mauvais.

    Je me rends compte que je m'étale un peu là alors je vais conclure rapidement.
    Je suis contente de t'avoir fait rire alors merci d'avoir pris le temps de le dire...

    Posté par AlterVorace, 08 novembre 2011 à 19:55 | | Répondre
  • Je fais même mieux que lire et commenter en égoïste: je l'ai fait circuler parmi mes contacts.

    Le rire, ça se partage! :p

    Posté par Lenelaï, 08 novembre 2011 à 21:07 | | Répondre
  • @ Lenelaï

    Oulala, je me la joue grave sur ce coup Merci beaucoup !

    Posté par AlterVorace, 08 novembre 2011 à 21:11 | | Répondre
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