9782221097670

 

Édition : Robert Laffont

Parution : 2003

Classement : sentimentalo-fantastique

 

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Coup de beurk

 

Un roman de cette envergure, l'ouvrage ne faisant que 310 pages, je pensais, au pire, le torcher en deux jours, au mieux en une seule petite journée donc une souffrance moins longue que pour mes accouchements. Facile ? Que nenni ! Il m'a fallu une semaine pour en venir à bout - comme quoi le titre était bien trouvé...

Derrière on peut lire le résumé suivant :

« Pour mettre un terme à leur éternelle rivalité, Dieu et Lucifer se sont lancé un ultime défi...

Ils envoient en mission leurs deux meilleurs agents... Lucas et Zofia auront sept jours sur terre pour faire triompher leur camp, décidant ainsi qui du Bien ou du Mal gouvernera les hommes...

En organisant ce pari absurde, Dieu et Lucifer avaient tout prévu, sauf une chose...

Que l'ange et le démon se rencontreraient... »

Si vous avez lu les articles de ce lieu, amis lecteurs, vous connaissez mon aversion pour l'œuvre de monsieur Levy dont j'avais déjà lu deux livres. Vous vous dites alors que mon avis était de toute façon déjà esquissé, toute pétrie d'aprioris que je devais être. Soit. J'avoue que mon enthousiasme devant Sept jours pour une éternité... était plutôt mesuré. J'ai toutefois essayé de partir avec de bonnes dispositions. Je tentais de lire sans trop prendre garde au style, prenant cet ouvrage comme on me le présentait, un divertissement de bonne qualité. Après avoir lu les 310 pages, soyons lucide, c'est un divertissement tout court.

L'histoire d'abord. Le coup de Dieu et des anges dans notre monde contemporain, ça a déjà été fait. Par un camarade de monsieur Levy d'ailleurs, un des plus médiocre, là-dedans :

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Pour ce qui est de mettre en scène la dernière intervention de Dieu parmi les hommes le très talentueux Jean d'Ormesson l'a fait avec ce bouquin :

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Enfin le grand Dino Buzzati dans une nouvelle de son merveilleux recueil Le K que si tu aimes lire ami lecteur dépêche-toi de te procurer ce grand livre avait déjà parlé de Dieu avec beaucoup d'humour. 

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Pas d'originalité dans le propos donc. Dommage mais ce n'est pas ce qui m 'a gênée le plus dans l'ouvrage de monsieur Levy. Nan. Ce qui me heurte chez cet auteur, que ce soit dans Sept jours pour une éternité ou dans les deux autres romans que j'ai lu, c'est ce qu'il est : un écrivain fervent disciple du libéralisme littéraire médiocre. Ce qui préoccupe monsieur Lévy c'est de plaire pour vendre, divertir sans panache avec assez de bons sentiments pour satisfaire un public adepte de TF1 et assez de clichés pseudo-philosophique pour faire croire à son lectorat que ce qu'il écrit est profond. Sans doute monsieur Levy a-t-il un peu honte de ce qu'il est, cela expliquerait les passages où l'auteur tente de laisser le costume de V.R.P du livre pour endosser celui d'écrivain. Mais comment dire ? Mieux vaut un style trop scolaire que ces envolées grotesques qui font sombrer l'ouvrage dans le ridicule. Citons quelques phrases prononcées par le personnage du démon :

« Je me fous des combats que j'ai menés, je me moque de mes nuits noires et de mes dimanches, je suis un immortel qui pour la première fois a envie de vivre. Nous pourrions nous apprendre l'un l'autre, nous découvrir et finir par nous ressembler... avec le temps. »

Tout est là...

Monsieur Levy, vous vivez aux États-Unis m'a-t-on dit, peut-être pourriez-vous prendre la nationalité américaine et écrire en anglais... Parce que l'idée que non seulement vous êtes un écrivain français mais qu'en plus vous êtes un des plus lus dans le monde m'est vraiment insupportable. Si vraiment cela n'est pas possible, allez vous acheter un gros dictionnaire et un peu de modestie, ça nous serait bien profitable.

Note : 03 / 20